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Chronique

J'ai coupé mon pommetier

Souche, tronc et branches d'un pommetier coupé

Ce qui reste de mon pommetier coupé

Photo : Radio-Canada / Jean-Marie Yambayamba

Ma petite propriété familiale n’a plus son vieux pommetier, notre arbre le plus grand qui décorait la cour arrière depuis plusieurs décennies. Je l’ai coupé cet été, pour dégager l’espace et oublier les pommettes qu’il répandait continuellement.

Maintenant qu’il n’en reste plus qu’une souche, j'ai le sentiment d’être privé d’un aspect de ma relation avec la nature.

Je voulais continuer de croire que j’avais fait une bonne affaire, mais un proche venu me rendre visite quelques jours plus tard m’a ramené à la réalité. « Tu n’as probablement pas pris la bonne décision », m'a-t-il dit, avant d’ajouter qu’un nouvel émondage aurait suffi.

Pour mon visiteur, non seulement ce pommetier attestait l’âge vénérable de la propriété, il faisait partie du paysage et de l’identité de cet espace devenu le mien. J’ai manqué d'arguments pour lui prouver le contraire.

Car, en vérité, j’aimais beaucoup mon pommetier, comme j’aime les autres arbres, ceux que je garde encore et ceux que je vois lorsque je circule dans ma ville.

L’habitude a peut-être généré inconsciemment en moi une certaine insouciance que je regrette. Mais en disparaissant, mon pommetier a ravivé le souvenir de ma vieille complicité avec les arbres.

Dans mon enfance, j’aimais planter des manguiers, des avocatiers et d’autres arbres autour de moi. Les voir grandir et produire leurs fruits me remplissait d’un immense bonheur.

Les voir dépérir m'attristait. Soigner cette relation était un devoir. 

Je le réalise mieux aujourd’hui et des spécialistes me le rappellent en ce temps particulier.

Dans un article publié par CBC (Nouvelle fenêtre) (en anglais) au début de ce mois, un arboriculteur de Calgary demande des actions pour améliorer la santé menacée de nos peupliers et de nos épinettes.

Matt Davis, employé d’Adair Tree Care, explique que le temps sec qui se prolonge, cette année, expose nos arbres à un stress qui risque de les rendre malades au fil du temps.

Je ne suis pas un arboriculteur, mais en redécouvrant mon affinité avec les arbres, je sens que j’ai moins besoin de les couper que d’en prendre soin.

Je crois davantage encore que les relations de vie qui se tissent avec nos arbres survivront mieux, si nous les préservons et si ceux qui prendront notre relais les préservent aussi.

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