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L’Alberta suspend la levée des restrictions

La Dre Deena Hinshaw, en conférence de presse.

La Dre Hinshaw dit appuyer ses nouvelles recommandations sur l'évolution de la situation en Alberta et ailleurs dans le monde. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Lounan Charpentier

La médecin hygiéniste en chef de l'Alberta, Deena Hinshaw, annonce la suspension de la levée des restrictions dans la province, prévue pour le lundi 16 août, alors que le nombre d'hospitalisations liées à la COVID-19 augmente dans la province.

La suspension du relâchement jusqu'au 27 septembre doit permettre aux autorités sanitaires de surveiller plus étroitement la situation et d'augmenter le taux de vaccination des Albertains, précise la Dre Hinshaw.

La levée des restrictions dépendra de la stabilisation du nombre d'hospitalisations et des résultats des données sur le risque de développement de maladies graves chez les enfants qui attrapent la COVID-19, ajoute-t-elle.

Elle affirme que les décisions s’appuient sur des prévisions voulant que, même avec une augmentation des cas, un taux de vaccination élevé permettrait d’éviter de lourdes conséquences sanitaires.

« Nous devons continuer de surveiller [la situation] et nous ajuster en fonction des résultats », affirme la Dre Hinshaw. 

Quelles restrictions?

Pour l'instant, le port du couvre-visage reste obligatoire dans les taxis et les autobus, de même que lors de transport par covoiturage. Il ne sera toutefois que recommandé à l'école.

Les personnes ayant des symptômes de COVID-19 et celles qui reçoivent un résultat positif à un test de dépistage du coronavirus doivent obligatoirement s'isoler pour 10 jours.

Parallèlement, les centres de dépistage restent ouverts, et le dépistage ne nécessite pas de requête d'un médecin.

Une rentrée sous le signe de l'équilibre entre santé physique et santé mentale

La médecin hygiéniste en chef de la province a, par ailleurs, présenté ses recommandations en vue de la rentrée scolaire.

Disant tenir compte des effets du confinement sur la santé mentale des jeunes l'an dernier et de la faible prévalence de maladies graves développée dans cette partie de la population, Deena Hinshaw recommande le port du masque à l'école, mais ne l'impose pas, sauf dans les autobus scolaires.

Selon les données présentées lors de la conférence de presse, en 2020, quatre fois plus d’enfants d’âge scolaire sont allés à l’hôpital pour des blessures liées à des chutes et huit fois plus de jeunes ont été hospitalisés pour des troubles liés à l’anxiété, qu’en lien avec la COVID-19.

La médecin hygiéniste en chef ajoute que, parmi tous les adolescents déclarés positifs, moins de la moitié de 1% ont eu besoin d’être hospitalisés et qu'on ne compte aucun décès.

Il faut arrêter de traiter la COVID-19 comme si c’était la seule maladie dangereuse pour les enfants.

Une citation de :Deena Hinshaw, médecin hygiéniste en chef de l'Alberta

Deena Hinshaw rappelle toutefois que les directions d'école ont le pouvoir d'imposer des mesures plus restrictives que les recommandations de la province si elles le jugent nécessaire.

Elle rappelle également aux parents l'importance d'appliquer les règles d'hygiène de base, comme se laver les mains régulièrement et garder les enfants à la maison lorsqu'ils ont des symptômes liés à la COVID-19.

Forte de ces recommandations, la ministre provinciale de l'Éducation, Adriana LaGrange, a annoncé une rentrée normale, où toutes les activités sportives et parascolaires seront offertes sans restrictions.

En juin, nous avons fourni un document d’orientation afin que les autorités scolaires puissent mieux planifier la rentrée, indique Mme LaGrange. Ce guide explique comment gérer et prévenir les maladies respiratoires en tenant compte du bien-être global des élèves.

Tant pour faciliter la rentrée scolaire que pour permettre la levée des restrictions sanitaires, la Dr Hinshaw souligne l’importance de se faire vacciner le plus rapidement possible.

Le vaccin sera donc offert dans les écoles afin d’en faciliter l’accès à tous les étudiants de la septième à la douzième année, aux enseignants et aux autres membres du personnel. 

De plus, le gouvernement fournira plus de 130 millions de dollars supplémentaires aux établissements scolaires afin qu’ils puissent répondre aux exigences imposées par la pandémie. Ils pourront notamment utiliser cet argent pour améliorer leur système de ventilation. 

La ministre dit ainsi vouloir permettre aux enfants et aux enseignants de renouer avec leurs amis et leurs collègues.

Des gens soulagés, mais toujours inquiets

Pour Leslie Cortes, résidente de Saint-Albert et mère de trois enfants, la levée des restrictions a été faite trop drastiquement. Elle est donc soulagée de la décision du gouvernement. 

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) estime que le gouvernement Kenney ne parvient pas à assurer la sécurité des élèves, du personnel et des familles. 

Il semble que les décisions en matière de santé publique soient davantage guidées par les motivations politiques de Jason Kenney que par les conseils de professionnels en matière de santé publique , affirme le porte-parole du NPD, David Shepherd.

Il craint que l'Alberta ne se retrouve dans la même situation à la fin septembre.

Le NPD critique également la fin des protocoles de traçage, d’isolement et de dépistage de la COVID-19 un mois après la reprise des cours. 

Ce relâchement, ajouté au fait que le document d’orientation pour la prévention et la gestion des maladies respiratoires dans les écoles est incroyablement bref , nuira à une prise de décision éclairée de la part des parents et des conseils scolaires, selon David Shepherd.

L'opposition néo-démocrate est toutefois heureuse de voir que le gouvernement offrira le vaccin dans les écoles, une mesure que le NPD réclamait depuis juillet. 

De son côté, l’urgentologue en chef pour la zone de Calgary, Eddy Lang, estime qu’il s’agit d’une décision prudente et sage de suspendre la levée des restrictions jusqu’en septembre. 

Il affirme que le délai permettra de surveiller une éventuelle explosion des cas liée au variant Delta, et que le maintien des centres de dépistages permettra d'éviter une surcharge dans les cabinets de médecins et les cliniques de soins primaires.

Selon l’urgentologue Joe Vipond, qui milite depuis deux semaines contre le relâchement des restrictions sanitaires, il s’agit d’une demie-victoire. Selon lui, il  faudrait beaucoup plus pour continuer de faire diminuer le nombre de cas, comme maintenir le port du masque obligatoire à l’intérieur, l’interdiction de manger à l’intérieur en plus de limiter les rassemblements. 

« [Faire de] la politique sans base scientifique est très dangereuse », dit-il.

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