•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Élections fédérales : 10 circonscriptions à surveiller en Atlantique

Un homme sortant d'un bureau de vote.

Les élections fédérales se tiendront le 20 septembre 2021.

Photo : Michelle-Andrea Girouard / CBC

Pascal Raiche-Nogue

Les libéraux de Justin Trudeau ont une poigne de fer sur les provinces de l’Atlantique depuis plusieurs années. Les autres partis feront-ils des gains, ou une autre vague rouge déferlera-t-elle sur la région?

Cinq politologues de l’Atlantique s’entendent pour dire que les libéraux demeurent en très bonne position en vue du scrutin du 20 septembre.

C’est sûr que l'Atlantique en général, quand on regarde ça, c’est pas mal acquis aux libéraux dans l’ensemble de la région, résume Roger Ouellette, de l’Université de Moncton.

Lori Turnbull, de l’Université Dalhousie, est du même avis. Je pense que les libéraux sont en très bonne position. C’est habituellement le cas. C’est une région qui leur est habituellement favorable, dit-elle.

Les provinces de l’Atlantique sont en effet un terreau fertile pour les libéraux, et ce, depuis plusieurs années. En 2019, ils avaient presque tout raflé. Quatre ans plus tôt, ils avaient complètement balayé les 32 circonscriptions.

En toute honnêteté, je ne serais pas surprise si cela – ou quelque chose de semblable – arrivait à nouveau, affirme Lori Turnbull.

Même si les libéraux semblent en bonne posture en Atlantique, quelques courses s’annoncent intéressantes, selon politologues à qui nous avons parlé.

Nouveau-Brunswick : suspense à Fredericton, à Saint-Jean et à Miramichi

Mme Atwin en point de presse aux côtés de Dominic LeBlanc.

La transfuge Jenica Atwin aux côtés du ministre Dominic LeBlanc lors de l'annonce de son adhésion au PLC.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Au Nouveau-Brunswick, les libéraux détenaient sept sièges lors de la dissolution de la Chambre, tandis que les conservateurs en avaient trois.

Roger Ouellette, de l’Université de Moncton, compte prêter une attention particulière à trois circonscriptions néo-brunswickoises, dont celle de la capitale, Fredericton.

C’était vert, une victoire historique, c’est ensuite passé libéral. C’est sûr que Justin Trudeau va venir dans Fredericton pour consolider la place des libéraux. Ils aimeraient bien garder ce siège. Ce sera sur le radar national, certainement, dit-il.

La candidate verte Jenica Atwin a en effet remporté une victoire historique dans la circonscription de Fredericton en 2019, devenant ainsi la première élue de son parti à l’est de la Colombie-Britannique.

Mais Jenica Atwin a récemment claqué la porte de son parti afin de se joindre aux libéraux, à un moment où le Parti vert était aux prises avec de vives tensions internes.

Les verts misent sur la professeure de droit Nicole O’Byrne pour tenter de s’accrocher à ce siège stratégique, qui sera sans doute chaudement disputé.

Roger Ouellette va aussi garder un œil sur la circonscription de Miramichi-Grand Lake. Le député libéral sortant Pat Finnigan a décidé de ne pas se représenter. Cela a ouvert la voie à un duel entre deux noms bien connus en politique provinciale.

Là aussi, c’est une circonscription que les libéraux avaient arrachée par à peu près 300 votes la dernière fois. Il y a l’ancien ministre progressiste-conservateur Jake Stewart qui se présente. Il fait face à l’ancienne ministre libérale Lisa Harris, note-t-il.

Et enfin, ce politologue compte bien suivre ce qui va se passer dans la circonscription de Saint-Jean-Rothesay. Le député sortant, le libéral Wayne Long, fait face à l’ex-maire de Saint-Jean Mel Norton.

Le candidat sortant libéral, c’est une personnalité un peu particulière. Il a l’habitude de faire cavalier seul, de faire des sorties publiques. C’est sûr que les libéraux veulent garder Saint-Jean, mais au bout du compte, ce sera intéressant de voir ce que M. Norton peut faire dans Saint-Jean, dit Roger Ouellette.

Nouvelle-Écosse : un match revanche, une lutte urbaine et Nova-Ouest

Un partisan félicite Chris d'Entremont

Le conservateur Chris d'Entremont l'a emporté dans Nova-Ouest en 2019 avec une faible avance sur son adversaire libéral.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau-Lamarche

En Nouvelle-Écosse, les conservateurs avaient un seul siège lors de la dissolution. Les libéraux détenaient les dix autres, ce qui devrait leur donner un coup de pouce lors du scrutin du 20 septembre.

C’est du moins ce que pense Tom Urbaniak, de l’Université du Cap-Breton.

Dix des onze députés sortants se représentent. Et ça, c’est un facteur important. En Nouvelle-Écosse, les députés sortants ont toujours au moins un petit avantage à cause du fait que les électeurs ont un certain rapport avec leur député, note-t-il.

Deux circonscriptions vont l’intéresser plus que les autres, dont celle où se trouve son université, Sydney-Victoria. Les libéraux détiennent ce siège depuis 2000, mais ont failli le perdre lors des élections de 2019.

Leur candidat, Jaime Battiste a alors défait l’ex-député progressiste-conservateur provincial Eddie Orrell par à peine trois points de pourcentage. Il est alors devenu le premier Mi’kmaw à siéger à la Chambre des communes.

Ils croiseront le fer une fois de plus. C’était une course très, très serrée la dernière fois. Ce sera intéressant à surveiller, affirme Tom Urbaniak.

Ce politologue compte aussi garder un œil sur la circonscription d’Halifax. Elle a été détenue par le Nouveau Parti démocratique (NPD) de 1997 à 2015. Elle lui a glissé entre les mains il y a six ans lorsqu'elle a été remportée par le libéral Andy Fillmore.

Andy Fillmore fera face à Lisa Roberts, qui est la populaire ex-députée néo-démocrate provinciale. Elle se présente au niveau fédéral cette fois-ci.

Lori Turnbull, de l’Université Dalhousie, a une autre circonscription dans sa mire.

Pour moi, la course la plus intéressante va être dans Nova-Ouest, pour voir si Chris d’Entremont s’accroche ou pas. C’est le seul siège non libéral dans la province.

Le député sortant, le conservateur Chris d’Entremont, est un vétéran de la politique. En 2019, il a été le seul candidat d’un autre parti à arracher un siège aux libéraux.

Ce sera intéressant de voir si Chris d’Entremont sera réélu. Je prédis que ce ne sera probablement pas le cas, dit Lori Turnbull, qui note tout de même qu'il s'agit d'un candidat fort.

Île-du-Prince-Édouard : quel impact aura le départ de Wayne Easter?

Wayne Easter s'exprime au micro. À sa gauche, un drapeau canadien flotte dans le ciel.

Wayne Easter tire sa révérence après une longue carrière en politique fédérale (archives)

Photo : Julien Lecacheur

Les libéraux ont une emprise presque complète sur les quatre circonscriptions de l’Île-du-Prince-Édouard depuis 1988. Ils ont balayé la province lors des deux dernières élections.

Et selon le politologue Don Desserud, de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, ils sont en bonne position pour maintenir leurs acquis.

Je ne prévois pas de grands changements, dit-il.

Des courses sont tout de même à surveiller, dont dans la capitale provinciale, où le député sortant tente de décrocher un quatrième mandat consécutif.

Ça va être une course intéressante. Shawn Casey est là pour les libéraux. Mais là, Doug Curry a remporté l’investiture conservatrice. Il a longtemps été ministre libéral provincial.

Dans Malpeque, les libéraux ne pourront pas compter sur Wayne Easter. Ce vétéran, qui siège à Ottawa depuis 1993, a décidé de tirer sa révérence.

Les libéraux misent maintenant sur l’ex-ministre provincial Heath MacDonald. Il faudra voir si le départ de Wayne Easter va créer une ouverture pour les autres partis.

Les gens en parlent, surtout les conservateurs. Ils y voient une opportunité. Les verts en parlent aussi. Mais en gros, [Heath] MacDonald est pas mal populaire. Reste à voir si sa popularité dépasse la circonscription provinciale de Cornwall. C’est la grande question, dit Don Desserud.

Les conservateurs auront sûrement aussi la circonscription d’Egmont, la seule à avoir échappé aux libéraux depuis 1988. Ce siège a été occupé par la conservatrice Gail Shea de 2008 à 2015.

C’est la seule circonscription qui a voté conservateur au cours des quelques dernières années. J’imagine que ça peut être une possibilité. Mais d’après ce que je peux voir, [le député sortant libéral Bobby Morrissey]est pas mal fort lui aussi.

Terre-Neuve-et-Labrador : tous les yeux sont tournés vers Saint-Jean-Est

Jagmeet Singh gesticule en parlant.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a visité Terre-Neuve-et-Labrador jeudi dernier

Photo : La Presse canadienne / Sarah Smellie

Les libéraux détenaient six des sept sièges de Terre-Neuve-et-Labrador lors de la dissolution. Le Nouveau Parti démocratique en avait un seul.

Le seul député sortant néo-démocrate, Jack Harris, ne se représente pas dans Saint-Jean-Est.

Le politologue Alex Marland, de l’Université Memorial, croit que cette circonscription sera le théâtre de la seule course intéressante à Terre-Neuve-et-Labrador. Une lutte entre les libéraux et les néo-démocrates se dessine.

Toute l’attention à Terre-Neuve-et-Labrador va aller vers ce siège. [...] En gros, je m’attends à ce que les six autres sièges demeurent libéraux, dit-il.

Alex Marland avance que Justin Trudeau est moins populaire Terre-Neuviens qu’en 2015, mais qu’il est tout de même en très bonne posture. En gros, je pense qu’il y a [du mécontentement], voire même un peu de malaise quant au gouvernement libéral, mais qu’il y a une peur encore plus grande d’un gouvernement conservateur.

Le paysage politique provincial devrait aussi lui donner un coup de pouce. Le premier ministre libéral à Terre-Neuve-et-Labrador vient de remporter une majorité, ce qui fait en sorte qu’il n’y aura pas de premier ministre qui va activement être en colère contre le premier ministre, comme Danny Williams était en colère contre Stephen Harper, dit-il.

Alex Marland ne s’attend d’ailleurs pas à ce que les chefs passent beaucoup de temps dans sa province pendant la campagne. Ce sont des visites très courtes, ils ont un peu d’attention médiatique et ils vont ailleurs. La réalité, vu qu’ils sont avec les membres des médias, est que leur temps est mieux passé dans des circonscriptions clés où les enjeux sont grands.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !