•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

19 août 1991 : un coup d’État à Moscou secoue l’Union soviétique

Un manifestant prodémocrate s'en prend à un soldat soviétique après le coup d'État qui a temporairement délogé le dirigeant Mikhaïl Gorbatchev, le 19 août 1991.

Une tentative de coup d'État a eu lieu à Moscou le 19 août 1991 pour renverser les réformes démocratiques proposées par le président Gorbatchev depuis 1985.

Photo : AFP / Getty Images / Dima Tanin

Radio-Canada

Le 19 août 1991 éclate à Moscou un coup d’État qui vise à renverser le processus de démocratisation commencé il y a six ans par le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Le résultat, loin de renforcer le pouvoir communiste, mènera à la destruction de l’Union soviétique née de la révolution bolchevique de 1917.

Une tentative de renverser les réformes démocratiques

Bonjour, Mesdames et Messieurs, l’Union soviétique s’est réveillée ce matin avec un coup d’État.

Une citation de :Charles Tisseyre, 19 août 1991

C’est par ces mots que l’animateur Charles Tisseyre, lors d’une émission spéciale intitulée La situation en URSS, annonce que le président Mikhaïl Gorbatchev a été déposé par des putschistes qui se sont soulevés à Moscou.

Émission spéciale La situation en URSS, 19 août 1991

Les conspirateurs sont des dirigeants conservateurs nostalgiques de l’orthodoxie communiste et s’opposent fermement aux réformes démocratiques.

Parmi eux, le vice-président de l’Union soviétique Guennadi Ianaïev, le premier ministre Valentin Pavlov et le chef de la police secrète, le KGB, Vladimir Krioutchkov.

Il faut souligner que la date pour tenter ce coup d’État n’était pas fortuite.

Le 20 août 1991, le président Gorbatchev devait signer un nouveau traité qui accordait aux 15 républiques qui forment l’Union soviétique une autonomie presque totale.

Les participants au putsch craignaient que ce traité permette un jour la dissolution de leur pays.

Durant cette émission spéciale, le journaliste Claude Gervais propose un compte-rendu des événements qui se sont déroulés à Moscou.

Les putschistes, unis dans un Comité pour l’état d’urgence, justifient leur action par l’affirmation qu’un danger fatal planait sur l’Union soviétique et que le pays était devenu ingouvernable.

Les putschistes arrêtent le président Gorbatchev alors en vacances en Crimée.

Ils s’empressent de déclarer l’état d’urgence pour les six prochains mois dans le pays et interdisent les journaux, sauf celui du Parti communiste, les manifestations, les rassemblements et les grèves.

La réaction internationale est vive et condamne l’illégalité du coup d’État.

Le peuple et Boris Elstine résistent et gagnent…

Le coup de force ne passe pas non plus comme une lettre à la poste au sein de la société soviétique.

Émission spéciale La situation en URSS, 21 août 1991

C’est ce que montre le correspondant à Moscou Don Murray dans un reportage dans une autre émission spéciale La situation en URSS, diffusée le 21 août 1991.

À Moscou, des manifestants s’opposent au coup d’État en se battant avec les soldats de l’Armée rouge. La foule capture même un général.

Il y a cependant des morts et des blessés parmi les civils.

Dès le 19 août, le président de la République de Russie, la plus importante de l'Union soviétique, Boris Eltsine, est devenu le chef de file de l’opposition.

Il lutte avec ses partisans pour empêcher les putschistes de s’emparer du parlement russe.

Dans une image qui entre dans l’histoire, on le voit haranguer la foule pour qu’elle résiste au putsch.

La vigueur de l’opposition du peuple et de Boris Eltsine fait échouer la tentative de coup d’État. Plusieurs des conspirateurs sont arrêtés et destitués.

Un putsch qui accélère l’histoire

Bonsoir, Mesdames et Messieurs, le coup d’État raté a déclenché en URSS un bouleversement radical.

Une citation de :Charles Tisseyre, 23 août 1991

Après trois jours de détention, le président Gorbatchev revient à Moscou.

C’est cependant un homme politiquement affaibli qui arrive dans la capitale soviétique.

Téléjournal, 23 août 1991

Comme le souligne l’animateur Charles Tisseyre au Téléjournal du 23 août 1991, le président Gorbatchev doit pactiser avec son ennemi d’hier, Boris Eltsine, devenu le héros du peuple.

Il doit même partager le pouvoir avec lui.

Le reportage du correspondant à Moscou Don Murray, dans un compte-rendu diffusé ce même jour, confirme la nouvelle configuration politique qui a émergé en Union soviétique.

Le président Gorbatchev doit se rendre au parlement de la République de Russie accompagné d'Eltsine à qui il rend hommage.

Dans cette enceinte, il déclare qu’il veut la démission de l’ensemble du gouvernement soviétique.

Le président annonce aussi aux députés russes que le nouveau cabinet serait nommé conjointement avec Boris Eltsine.

Puis, devant des millions de téléspectateurs, et malgré les protestations de Gorbatchev, Eltsine fait une chose encore inimaginable quelques jours auparavant.

D’un trait de plume, il signe un décret qui interdit les activités du Parti communiste dans la République de Russie.

À ce geste s’ajoute le retour du drapeau tricolore utilisé avant 1917 et qui flotte de nouveau sur le siège historique du pouvoir national qu'est la forteresse du Kremlin.

Les cellules du Parti communiste sont par ailleurs interdites d’existence au sein du KGB et de l’armée. Les journaux communistes sont fermés.

Pour couronner le tout, l’immeuble du Comité central du Parti communiste à Moscou est confisqué et condamné à être scellé.

Ce dernier geste, affirme Don Murray, pourrait être fatal au régime soviétique.

Le correspondant de Radio-Canada n’avait pas tort.

En cette fin du mois d’août 1991 s’amorçait de façon accélérée la liquidation de l’Union soviétique.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.