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Le prix élevé du boeuf, une autre conséquence de la sécheresse dans l'Ouest canadien

Étalage de la boucherie Jackson's Meat and Deli, à Vancouver.

Statistique Canada note que le coût de plusieurs coupes de bœuf populaires augmente considérablement depuis le début de l’année.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les conséquences de la sécheresse que connaît l’Ouest canadien se feront sentir pendant des années, selon les experts. Parmi celles-ci, l’augmentation du prix de la viande bovine, déjà élevé en raison notamment de la réouverture des restaurants, est à prévoir.

En plus du temps chaud et sec qui met à rude épreuve les pâturages et la production de foin, les températures élevées ont amené des hordes de criquets dans les champs, ce qui menace notamment les cultures agricoles comme le blé et l'orge.

Ces conditions compliquent la vie des éleveurs au point où plusieurs envisagent de vendre leurs troupeaux à perte. Certains seront conduits en avance à l’abattoir.

Or, des troupeaux moins nombreux pourraient mener à une augmentation du prix du bœuf, note l'analyste Brian Perillat, de Canfax, une division de l'association canadienne des éleveurs de bétail.

Du bétail dans un enclos.

De la Colombie-Britannique à l’Ontario, les champs et les fermes bovines souffrent d’une sécheresse généralisée.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

Si on vend du bétail en raison d'une sécheresse, cela prendra deux, trois ans ou plus pour reconstruire cette chaîne d'approvisionnement, explique-t-il. La perspective à moyen terme est le maintien des prix élevés du bœuf, en supposant que cette demande en Amérique du Nord et à l'échelle internationale reste forte.

« On ne verra pas de soulagement pour les consommateurs de sitôt. »

— Une citation de  Brian Perillat, analyste à Canfax

Des prix en hausse depuis janvier

La sécheresse survient alors que les consommateurs nord-américains voient les prix du bœuf augmenter à mesure que les restrictions de santé publique liées à la pandémie se relâchent et que les restaurants ouvrent leurs portes.

Les exportations de bœuf ont augmenté de 18 % en juin, indique Canada Beef, un organisme qui aide à la commercialisation du bœuf et du bétail du pays. Je ne vois rien à l'horizon mondial qui changera la demande, affirme Michael Young, le directeur général de l'agence.

Gros plan sur une main prenant une poignée de terre sèche.

La sécheresse et le manque d’humidité menacent l’approvisionnement en eau.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Les données mensuelles moyennes sur les prix de détail des aliments de Statistique Canada montrent que le coût de plusieurs coupes de bœuf populaires augmente considérablement depuis le début de l’année.

Le prix moyen d'un bifteck de surlonge a augmenté de 7 %, passant de 22,68 $ le kilogramme en janvier à 24,34 $ en juin, selon l’agence fédérale.

La demande croissante n’est pas le seul facteur à l’origine de l’augmentation des prix de la viande dans les épiceries, soulignent les économistes. Des problèmes de chaîne d'approvisionnement liés à la pandémie et à la situation du dollar canadien y contribuent également.

Les prix atteindront un plateau

S'ils demeurent élevés, les prix de la viande bovine ne peuvent augmenter beaucoup plus, sinon les consommateurs se tourneront vers d'autres sources de protéines, soutient Sylvain Charlebois, le directeur principal du Laboratoire d'analyse agroalimentaire de l'Université Dalhousie, à Halifax.

Le problème avec les prix de la viande au comptoir, c'est qu'il n'y a plus beaucoup d'espace pour monter, car vous risquez d'effrayer les consommateurs, explique-t-il.

Avec les informations de Geoffrey Gaye et Tony Seskus

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