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États-Unis : feu vert à une 3e dose de vaccin pour les immunosupprimés

Une aiguille de vaccination perce une fiole du vaccin Moderna.

Aux États-Unis, une troisième dose de vaccin Pfizer ou Moderna est autorisée aux personnes dont le système immunitaire est affaibli.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Agence France-Presse

Les États-Unis ont autorisé jeudi l'injection d'une troisième dose de vaccin Pfizer ou Moderna contre la COVID-19 chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

Le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) a pleinement conscience du fait que les personnes immunodéprimées sont particulièrement à risque de contracter une maladie grave, a expliqué Janet Woodcock, sa commissaire par intérim.

La troisième dose pourra être donnée au moins 28 jours après la deuxième aux personnes ayant reçu une greffe d'organe ou celles présentant un niveau d'immunodépression similaire, a précisé l'agence dans un communiqué.

En revanche, les personnes en bonne santé n'ont pas besoin d'une dose supplémentaire de vaccin anti-COVID à ce jour, a précisé Mme Woodcock.

Environ 2,7 % des adultes américains, soit 7 millions de personnes, sont immunodéprimés, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays.

Cette faiblesse immunitaire, par exemple chez des patients atteints d'un cancer ou du sida, peut venir des problèmes de santé directement, mais aussi des médicaments qu'ils prennent pour les résoudre. C'est le cas chez les transplantés, qui suivent des traitements destinés à abaisser les défenses immunitaires pour éviter le rejet de l'organe greffé.

Chez ces personnes, la réponse immunitaire déclenchée par le vaccin est moins forte que chez celles en bonne santé, ce qui nuit à son efficacité.

Or, des études ont montré qu'une troisième dose permet, dans certains cas, d'augmenter la protection des immunodéprimés contre le COVID-19.

Lors d'un vote, un Comité consultatif des CDC spécialisé dans les vaccinations s'est également prononcé vendredi en faveur de cette décision. L'agence a par la suite publié ses recommandations destinées aux professionnels de santé pour l'administration d'une troisième dose.

Lors de la réunion, les autorités sanitaires ont précisé que les personnes ayant reçu le vaccin unidose de Johnson & Johnson, minoritaires aux États-Unis, n'avaient pas été incluses dans la décision, faute de données disponibles.

Selon les CDC, environ un million de personnes auraient déjà fait en sorte d'obtenir une troisième injection d'un vaccin à ARN messager, sans que celle-ci leur ait été autorisée. La directrice de l'agence, Rochelle Walensky, a demandé jeudi à la population de suivre les recommandations.

Au début du mois, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait réclamé un moratoire sur les doses de rappel pour combattre l'inégalité entre les pays riches, où les vaccins abondent, et les pays pauvres, qui n'ont pu immuniser qu'une faible partie de leur population.

Les États-Unis ont rejeté cet appel, estimant qu'ils n'avaient pas besoin de choisir entre administrer une troisième dose à leurs citoyens ou en faire don à des pays pauvres.

D'autres pays ont adopté la troisième dose

D'autres pays autorisent déjà une troisième dose pour les personnes immunodéprimées, comme la France et Israël, ou l'Allemagne à partir de septembre.

Ces trois pays ont par ailleurs annoncé une dose de rappel pour les personnes les plus âgées. Ce n'est pas le cas des États-Unis, du moins pour le moment.

Les scientifiques du comité des CDC se réuniront de nouveau à la fin d'août pour étudier les données sur le bénéfice d'une dose additionnelle parmi d'autres catégories de population, notamment les adultes au-dessus de 65 ans, les résidents de centres de soins de longue durée et le personnel de santé, selon une présentation de l'agence.

Il s'agit des premières personnes à avoir reçu le vaccin aux États-Unis. Les autorités sanitaires veulent étudier si le niveau de protection conféré par les vaccins s'érode avec le temps. Mais toute décision sur des rappels devra se concentrer sur la prévention des cas graves de la maladie, des hospitalisations et des décès, a déclaré la Dre Sara Oliver, des CDC.

« Nous pensons qu'à un moment ou un autre, vous aurez besoin d'un rappel pour assurer la durabilité de la protection. »

— Une citation de  Anthony Fauci, conseiller de la Maison-Blanche sur la pandémie

Si les données nous montrent que nous en avons besoin, nous serons prêts à le faire sans tarder, a-t-il ajouté.

Le discours s'est donc infléchi depuis le début de juillet, lorsque la FDA et les CDC avaient rapidement publié un communiqué assurant que les Américains vaccinés n'avaient pas besoin d'un rappel à l'heure actuelle, en réaction à une annonce par Pfizer que l'entreprise demanderait prochainement l'autorisation d'une troisième dose de son vaccin.

Le variant Delta se propage

Près de 620 000 personnes sont décédées de la COVID-19 aux États-Unis et le nombre de cas de contamination a fortement augmenté ces derniers mois en raison de la propagation du variant Delta.

Les vaccins sont gratuits et largement disponibles dans le pays, mais seule la moitié de la population est entièrement vaccinée. Le rythme de vaccination dans le pays a ralenti, en particulier dans les régions politiquement conservatrices du Sud et du Midwest, ainsi que chez les plus jeunes, les personnes à faible revenu et les minorités raciales.

Le président Joe Biden a annoncé en juillet que tous les employés fédéraux devaient attester d'une vaccination ou faire face à des restrictions strictes telles que des tests constants, sur fond d'augmentation des hospitalisations.

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