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Élections fédérales : la Saskatchewan, la plus conservatrice des provinces?

Un électeur dépose son bulletin de vote dans une boîte de scrutin.

La 44e élection générale est lancée. Le prochain gouvernement sera élu le 20 septembre.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

En se rendant chez la gouverneure générale dimanche, le premier ministre sortant du Canada Justin Trudeau a officiellement donné le coup d’envoi à la campagne pour les élections fédérales. Voici un tour d’horizon des circonscriptions ainsi que des enjeux à surveiller en Saskatchewan dans les prochaines semaines.

La province avait été peinte en bleu après les élections de 2019, le Parti conservateur du Canada (PCC) ayant réussi à remporter les 14 circonscriptions que compte la Saskatchewan. L’analyste Éric Grenier estime que le parti pourrait réussir cet exploit de nouveau cette année.

Il est possible que la Saskatchewan devienne la province la plus conservatrice du pays à la fin de cette élection, croit-il.

Selon l’analyste, l’appui des Saskatchewanais envers le premier ministre Scott Moe et la popularité déclinante de son homologue albertain, Jason Kenney, sont deux aspects qui contribuent à cette possibilité.

Cela dit, trois circonscriptions en particulier sont à surveiller en Saskatchewan, soit celles qui étaient auparavant détenues par le Nouveau Parti démocratique (NPD) ainsi que l’ancien bastion des libéraux.

Il s’agissait d’ailleurs des trois courses les plus serrées lors des élections en 2019 :

  • Saskatoon-Ouest : Brad Redekopp du PCC a vaincu la députée sortante du NPD Sheri Benson avec moins de 3000 votes de différence.

  • Desnethé—Missinippi—Churchill River : Gary Vidal du PCC a remporté le siège avec 42 % des voix, comparativement à 28 % pour la députée sortante du NPD, Georgina Jolibois, ainsi que 26 % pour la candidate libérale Tammy Cook-Searson.

  • Regina—Wascana : Michael Kram du PCC a battu le libéral Ralph Goodale avec 7000 votes de différence.

La modernisation de la Loi sur les langues officielles

Le président de l’Assemblée communautaire fransaskoise Denis Simard soutient qu’il ne veut pas que la modernisation de la Loi sur les langues officielles devienne un jeu politique lors des élections fédérales.

On est tous d’accord que la modernisation de la Loi sur les langues officielles doit faire partie de cette prochaine campagne fédérale, mais on ne veut pas être des pions électoraux, explique-t-il.

Selon lui, ce projet de loi devrait être une des premières priorités du nouveau gouvernement, peu importe le parti qui prendra le pouvoir le 20 septembre, qu’il soit majoritaire ou minoritaire.

Ce sera donc le message de l’ACF pendant cette campagne électorale, un message que Denis Simard espère aussi entendre de la part des partis politiques.

L’avenir du fait français au Canada, la protection qu’elle [la langue française] mérite, n’est pas un jeu politique, mais plutôt un droit fondamental pour sa citoyenneté.

Une citation de :Denis Simard, président de l'ACF

Il regrette du même coup que le projet de loi, déposé en juin dernier, n’a pas pu être adopté avant la dissolution de la Chambre.

Ça aurait été, je pense, un projet prioritaire qui aurait pu facilement passer avant la fin de la saison parlementaire, soutient Denis Simard.

La réalité des communautés autochtones

Les discriminations subies par les communautés autochtones du Canada ont été au cœur de l’actualité cette année. La présence de fosses communes à Kamloops, en Colombie-Britannique, et les fouilles de sépultures près du pensionnat pour Autochtones de Marieval, dans l’est de la Saskatchewan, ont eu un impact considérable sur les discussions entourant l’héritage canadien, menant à l’annulation de la fête du Canada dans plusieurs communautés.

En réponse, le gouvernement fédéral a annoncé mardi dernier qu’il investira 320 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour soutenir les communautés autochtones du pays. Une partie de cette somme servira notamment à la démolition ou la remise en état d’anciens pensionnats pour Autochtones à travers le pays.

Questionné sur ce qu’il veut entendre des partis politiques, le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan, Bobby Cameron, a tout simplement lancé que peu importe le parti qui formera le gouvernement le 20 septembre, personne ne peut faire des affaires sans l’inclusion des Premières Nations dans le processus.

L’économie, la pandémie et la taxe sur le carbone

De son côté, le directeur de l'Institut d'études canadiennes de McGill, Daniel Béland, estime que la gestion de la pandémie et de l’économie seront deux des enjeux principaux en Saskatchewan lors de cette campagne électorale.

L’expert en politique canadienne croit que ces élections permettront aux électeurs de juger l’approche dépensière du gouvernement Trudeau, mise en relief notamment dans le dernier budget fédéral.

La taxe sur le carbone pourrait aussi être un enjeu dans cette campagne électorale, selon lui.

En juillet dernier, Ottawa avait rejeté le plan proposé par le gouvernement de la Saskatchewan sur la tarification du carbone. En réponse, le premier ministre Scott Moe avait alors déclaré que ce rejet ne peut être considéré que comme une décision arbitraire et politique du gouvernement fédéral.

Avec des informations d'Adam Hunter

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