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Les banlieues torontoises : un arrêt incontournable sur l’itinéraire des chefs

La bataille s’annonce féroce entre les différents partis pour mettre la main sur un maximum de circonscriptions dans le Grand Toronto en raison de la fluidité des électeurs

Le premier ministre Justin Trudeau tient un point de presse dans un chantier de construction. On le voit qui parle à un podium avec des travailleurs qui se tiennent derrière lui.

Le premier ministre Justin Trudeau a visité en juillet un chantier de construction où seront construits de nouveaux logements sociaux, à Brampton, en banlieue de Toronto.

Photo : The Canadian Press / Christopher Katsarov

Ne soyez pas surpris si les chefs passent beaucoup de temps dans le Grand Toronto d’ici au scrutin du 20 septembre. La région, communément appelée le 905 en raison de son indicatif téléphonique, comprend de nombreuses circonscriptions pivots, où le résultat du vote est souvent imprévisible d’une élection à l’autre. Coup d'œil sur un électorat à surveiller.

Ce sont les banlieues torontoises qui ont donné la victoire à Justin Trudeau en 2015 et en 2019. L’équipe libérale y avait remporté la presque totalité des circonscriptions. En 2011, les conservateurs de Stephen Harper avaient aussi réussi à former un gouvernement majoritaire grâce à un appui considérable dans le 905.

La couronne de Toronto est d’abord attrayante d’un point de vue mathématique. Avec ses 56 circonscriptions, la région représente à elle seule environ 17 % de tous les sièges à la Chambre des communes.

Le potentiel de gain y est donc énorme, surtout que les électeurs en banlieue n'ont pas l'habitude d'être fidèles à un parti.

Ce sont des sièges qui sont en jeu parce qu'il y a une certaine fluidité idéologique. Les gens ne votent pas nécessairement selon la bannière du parti, mais selon un certain calcul, explique le politologue Peter Graefe de l’Université McMaster à Hamilton. Selon lui, les électeurs de la région vont plutôt se demander si le gouvernement sortant a fait bonne figure depuis le dernier scrutin, avant de se présenter dans l’isoloir.

« Ce sont des sièges qui changent de couleur d'élection en élection. Donc ça vaut la peine pour les partis de courtiser cet électorat. Ce n'est pas comme l'Alberta, où la majorité des sièges sont gagnés d'avance par le Parti conservateur. »

— Une citation de  Peter Graefe, politologue, Université McMaster

De manière générale, les libéraux et les conservateurs passent beaucoup de temps à sillonner la couronne de Toronto lors d’une campagne électorale. Déjà, au cours des dernières semaines, Justin Trudeau a multiplié les visites dans la région. Il s'est notamment rendu à Brampton afin de promouvoir ses investissements en matière de logements sociaux.

Peter Graefe portant des lunettes en entrevue à l'extérieur.

Le politologue Peter Graefe croit que le premier ministre et son gouvernement pourraient ressortir plus forts de cette crise de santé publique.

Photo : Radio-Canada

S’ils veulent espérer retourner à la Chambre des communes avec une majorité de députés, les libéraux devront conserver leurs acquis dans le 905. Beaucoup d’efforts seront déployés dans la région pour bloquer une percée conservatrice, croit Peter Graefe : C'est surtout pour limiter la possibilité pour M. O'Toole de faire des gains dans la région.

D'autant plus que le chef conservateur actuel connaît mieux la région que son prédécesseur, Andrew Scheer. À la dissolution du Parlement, Erin O’Toole représentait la circonscription de Durham, une banlieue est de Toronto. Sa connaissance des enjeux locaux pourrait lui donner un avantage.

Erin O’Toole, de profil, parle dans un micro.

Erin O’Toole, lors de son discours de victoire comme chef du Parti conservateur du Canada le 24 août 2020.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Peter Graefe souligne justement que l’élément ontarien à la candidature d’Erin O’Tool a contribué à sa victoire lors de la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada. Les membres se sont dit qu’il aurait plus de facilités à vendre la plateforme du parti auprès des électeurs du 905, ce qu’Andrew Scheer a failli à faire en 2019.

Le transport et le logement au cœur des priorités

Les Ontariens qui habitent dans la région de la métropole sont parmi les Canadiens qui passent le plus de temps en déplacement vers le travail. Toronto est souvent citée parmi les villes ayant le réseau routier le plus engorgé au pays et même en Amérique du Nord.

L’amélioration du transport en commun pourrait s’imposer comme enjeu électoral. Déjà, dans les semaines précédant le déclenchement de la campagne électorale, le gouvernement Trudeau avait annoncé en grande pompe une contribution de 12 milliards de dollars pour divers projets. Un investissement historique pour les transports dans la région, dont le prolongement du métro de Toronto.

Des personnes debout devant un métro à Toronto

L'Ontario a annoncé la création de la station Clark dans le cadre se son projet de prolongement de la ligne 1.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

D’autres chefs pourraient aussi être tentés d’imiter les libéraux, en proposant des solutions pour réduire les longs trajets domicile-travail dans le 905.

Les loyers prohibitifs qui poussent des familles ontariennes vers l’exode rural représenteront aussi un enjeu inévitable pour les politiciens de passage dans la région. Les électeurs voudront assurément entendre les solutions que proposent les candidats et leur chef face à la crise du logement.

Plan large d'un immeuble d'habitation.

Selon l'organisme Social Planning Toronto, un locataire torontois sur trois vit dans un espace surpeuplé et un sur dix vit dans un logement nécessitant des réparations majeures.

Photo :  CBC / Evan Mitsui

Des promesses concrètes pour s'attaquer aux loyers excessifs dans la région pourraient être un bon moyen de séduire l’électorat.

« C'est absolument possible de mettre fin à l'itinérance au Canada, mais on a besoin de leadership et de priorisation des partis politiques, c'est ça qu'on espère pendant cette campagne électorale. »

— Une citation de  Jeff Morrison, directeur général, Association canadienne d'habitation et de rénovation

Ce qu'on espère, c'est que tous les partis politiques priorisent cette question. Que dans leur plateforme, ils proposent des solutions concrètes pour le logement abordable et pour l'itinérance, explique Jeff Morrison de l'Association canadienne d'habitation et de rénovation.

Un récent sondage Nanos réalisé auprès de 1002 répondants a d’ailleurs révélé que huit Canadiens sur dix sont en faveur d’une intervention gouvernementale pour régler la crise du logement au pays.

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