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Des chiots de phoques communs suivis à la trace dans le Saint-Laurent

Trois phoques se reposent sur une grosse roche à l'extérieur de l'eau.

Certains individus se bousculent parfois pour obtenir une place sur une roche, à l'extérieur de l'eau.

Photo : Radio-Canada

Pêches et Océans Canada s’intéresse à la croissance, au mouvement et à la survie des chiots de phoques communs. Un programme de recherche est en cours au large du secteur du Bic, à Rimouski, ainsi qu’au large de Métis-sur-Mer.

Pour leur étude, les biologistes ont capturé des chiots de phoques communs au cours du mois de mai. Ils leur ont installé une étiquette pyramidale sur la tête, semblable à un petit chapeau jaune. Puis une autre étiquette dans une palme postérieure et dans l’autre, un transmetteur acoustique de trois centimètres de longueur.

Un jeune phoque porte un petit chapeau jaune numéroté.

Le chiot de phoque commun porte une étiquette pyramidale sur la tête, à l'apparence d'un petit chapeau jaune qui tombera lors de la mue.

Photo : Radio-Canada

L’équipe de chercheurs pèse les jeunes phoques communs, mesure les chiots puis les relâche dans l’estuaire du Saint-Laurent. Quelques individus seront aussi munis d’un transmetteur satellite qui restera collé sur leur tête durant quelques mois.

Pendant le reste de la saison estivale ainsi qu'à l’automne, les chercheurs sortiront sur le fleuve Saint-Laurent pour repérer les chiots de phoques communs coiffés de chapeaux jaunes numérotés, notamment pour quantifier le taux de survie des populations de l’estuaire.

L’équipe de l’Institut Maurice-Lamontagne, situé au Bas-Saint-Laurent, récupère également les données colligées par des récepteurs acoustiques situés au large du Bic et au large de Métis-sur-Mer. Avec l’aide des transmetteurs satellites, les biologistes réussiront à mieux comprendre les déplacements des chiots de phoques communs.

Population peu étudiée

L’équipe cherche des indices sur la santé de la population de phoque commun dans l’estuaire. Les chercheurs s’y intéressent parce qu’il s’agit d’une espèce emblématique du Saint-Laurent, d’une rive à l’autre. Le phoque commun, c’est une espèce très charismatique, affirme le chercheur Xavier Bordeleau, de l’Institut Maurice-Lamontagne, spécialisé en écologie spatiale et trophique des phoques.

Avec le béluga, c’est la seule espèce de mammifère marin qui réside à l’année dans le Saint-Laurent. En plus, c’est une espèce qui peut être vue comme une sentinelle de son écosystème par sa sensibilité aux perturbations anthropiques et environnementales.

Des chercheurs travaillent sur un bateau.

L'équipe est composée de trois chercheurs qui réalisent une collecte de données jusqu'en octobre 2021.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

Par ailleurs, l’augmentation de la population du phoque gris dans le golfe du Saint-Laurent attire de plus en plus l’attention des chercheurs. Les technologies en place lors de l’étude pourront aider à documenter l’interaction entre les deux espèces.

Nouvelles technologies à l’étude

Le programme de recherche sert également à tester de nouvelles technologies puisque l’accès au phoque commun dans la région est généralement facile. Les technologies développées au cours de ce programme pourront ensuite servir lors d’études sur des populations de mammifères marins plus difficiles d’accès.

Une nouvelle technologie est mise à l’étude lors de ce programme de recherche, soit la télémétrie acoustique de 180 kHz. Il s’agit d’un dispositif installé sur le chiot, qui émet une fréquence qui se situe à l’extérieur de la capacité d’audition des phoques.

Des phoques se reposent sur des roches au large de Métis-sur-Mer.

La colonie de phoques communs de Métis se tient au large de Métis-sur-Mer.

Photo : Radio-Canada

À l’aide des transmetteurs acoustiques et de récepteurs acoustiques installés au large du Bic et au large de Métis-sur-Mer, les chercheurs réussissent à avoir des données sur les jeunes phoques communs en temps réel, 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

« Ça nous permet de comprendre que quand un animal a été détecté à deux stations différentes, ça nécessite un mouvement quelconque. Donc on sait que cet animal-là est en vie depuis la dernière fois qu’il a été détecté. »

— Une citation de  Xavier Bordeleau

Il y a des animaux qui sont allés au parc Forillon et qui sont maintenant au Nouveau-Brunswick. Certains passent du temps à Trois-Pistoles et à Baie-Comeau. Ils se déplacent pas mal pendant l’été, constate le chercheur Xavier Bordeleau. Il y a une partie des chiots qui restent plus localement. Ils font des excursions en mer pour se nourrir, mais ils reviennent aux colonies du Bic et de Métis quand même régulièrement.

Un chercheur porte une veste de sauvetage sur un bateau au large de Métis-sur-Mer.

Xavier Bordeleau étudie les phoques depuis 2019.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

Une population grandissante

Les derniers inventaires aériens de Pêches et Océans Canada de 2005 faisaient état d’environ 650 individus dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent. Un nouvel inventaire aérien a eu lieu en 2019.

En tout, dans le golfe et dans l’estuaire, on a vu un peu plus de 5500 individus, dont plus de 2000 qui se trouvaient dans l’estuaire, commente le chercheur spécialisé dans les mammifères marins à l’Institut Maurice-Lamontagne Arnaud Mosnier. Donc on peut, de façon très large, dire qu’il semble y avoir une augmentation de la population, indique-t-il.

Un chercheur porte des lunettes et une veste de sauvetage sur un bateau au large de Métis-sur-Mer.

Arnaud Mosnier étudie les mammifères marins depuis 2009.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

La collecte de données se déroulera tout l’été, jusqu’à ce que les chercheurs récupèrent les récepteurs acoustiques, en octobre. La publication de la première année de collecte de données est prévue pour la fin de l'année 2022.

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