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L'UES acquitte des policiers qui ont tiré sur un homme schizophrène à Toronto

Le directeur parle de risque calculé lorsque des coups de feu sont tirés des deux côtés d'une porte.

Une autopatrouille de police devant un immeuble à Toronto.

L'altercation entre la police de Toronto et un individu souffrant de schizophrénie a eu lieu le 13 avril 2021 dans cet immeuble au centre-ville de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Paul Smith

Radio-Canada

L'Unité des enquêtes spéciales (UES) a blanchi de tout blâme deux agents de la police de Toronto, qui avaient blessé par balles un individu atteint de schizophrénie et armé d'un couteau dans le logement d'un immeuble de la ville en avril 2021.

Le rapport de l'UES rendu public jeudi indique que la situation qu'affrontaient les agents s'est envenimée : ils n'ont pas été en mesure d'emmener l'individu à l'hôpital, à sa demande, et l'Unité d'intervention mobile de la police spécialisée en santé mentale n'était pas disponible.

L'un des policiers a dû enfoncer la porte de l'appartement à coups de pied après que la police eut été mise en garde contre un homme susceptible d'être armé d'un couteau et considéré comme violent.

Selon l'UES, l'affaire a débuté le 9 avril lorsqu'une infirmière du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) a appelé la police au sujet d'un homme souffrant de schizophrénie qui avait raté plusieurs rendez-vous destinés à lui administrer ses médicaments.

Un homme au passé violent

L'UES affirme qu'un mandat d'arrêt a été lancé, car l'homme en question ne s'est pas présenté comme prévu au tribunal et que le CAMH avait demandé une autorisation pour qu'il soit envoyé à sa clinique étant donné qu'il avait enfreint une ordonnance de se faire soigner dans la collectivité.

On peut lire dans le document que la police avait été avertie que l'individu était violent et qu'il avait menacé des citoyens dans le passé avec un couteau. Deux policiers se sont alors présentés ce jour-là à son appartement sur la rue Shuter, près de la rue Sherbourne, mais que personne ne leur a ouvert la porte.

Le matin du 12 avril, l'infirmière du CAMH a de nouveau appelé la police pour la prévenir que l'homme était à la clinique, parce qu'il prétendait avoir été attaqué par des serpents. Selon l'UES, il avait demandé à l'infirmière d'aller à l'hôpital, mais le personnel de la clinique se sentait mal à l'aise à l'idée de l'accompagner dans un taxi.

Photo de la devanture du centre de santé.

L'une des deux installations du Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto.

Photo : CBC

La police a alors accepté d'envoyer des agents pour l'emmener à l'hôpital, mais personne n'était disponible à ce moment-là, si bien que l'individu a quitté la clinique 20 minutes plus tard, selon le rapport. Des agents ont cogné à sa porte dans la matinée, sans succès, avant d'y retourner dans l'après-midi et juste après minuit la nuit du 13 avril. Personne ne leur a toutefois ouvert la porte.

Vers 7 h 30, le matin du 13 avril, plusieurs autres policiers ont tenté de rencontrer l'individu chez lui. Selon l'UES, l'homme leur a cette fois ouvert la porte avant de la refermer aussitôt.

L'Unité mobile manque à l'appel

Les policiers ont alors demandé à leur superviseur la façon de résoudre la situation. Selon l'UES, ils ont envisagé de dépêcher l'Unité d'intervention mobile en période de crise, qui comprend une infirmière en santé mentale et un policier expérimenté dans ce genre de situation.

À en croire le rapport, l'Unité n'était toutefois pas disponible avant 11 h du matin.

Deux policiers sont alors arrivés à l'appartement et l'un d'entre eux a donné des coups de pied dans la porte. À ce moment, l'individu a entrouvert la porte en brandissant un grand couteau, selon le document.

Un camion de l'Unité des enquêtes spéciales.

L'Unité des enquêtes spéciales ouvre toujours une enquête lorsqu'un ou des policiers tuent ou blessent un citoyen dans l'exercice de leurs fonctions.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Une lutte s'en est alors suivie au cours de laquelle l'individu a saisi l'un des policiers pour l'entraîner dans son logement alors que l'autre agent tirait sa coéquipière pour l'éloigner de la porte. Dans le chaos, la policière a finalement été projetée dans l'appartement, où elle est tombée sur le dos sur le plancher.

Selon l'UES, un troisième policier a alors utilisé son pistolet Taser en direction de l'individu armé, mais l'une des sondes électriques a touché son coéquipier. Il a tiré à nouveau sur l'individu, mais toujours sans succès.

Le rapport explique que l'homme a alors fermé la porte de son logement à clef et que la policière était toujours à l'intérieur. Un policier a alors ouvert le feu sur la porte à deux reprises pendant que la policière tirait sur l'individu avec son arme de l'autre côté.

L'homme atteint de trois projectiles

L'UES soutient que l'individu a été atteint par balles à trois endroits sur le corps, dans ses bras et à l'abdomen. Un porte-parole de l'Unité a déclaré au réseau CBC que l'individu a été transporté à l'hôpital avec de sérieuses blessures, mais qu'il a depuis obtenu son congé.

Le directeur de l'UES, Joseph Martino, écrit dans le rapport que l'agente a agi de façon appropriée. En s'étant retrouvée seule dans un appartement verrouillé en présence d'un individu armé au comportement incohérent, il est clair que la policière était en droit d'utiliser la force mortelle après avoir fait face à une menace tout aussi mortelle, souligne-t-il.

Une arme à feu de la police de Toronto.

La photo de cette arme Glock Modèle 22 de la police de Toronto était incluse dans le rapport de l'UES.

Photo : AVEC L'AUTORISATION DE LA POLICE DE L'UES

Le directeur Martino a toutefois relevé un problème avec le policier qui a ouvert le feu sur la porte dans le corridor de l'immeuble, mais il parle d'un risque calculé de sa part.

En réalité, le policier a tiré à l'aveuglette en direction de l'appartement à travers la porte fermée, plaçant ainsi la vie de sa coéquipière en danger alors qu'il tentait de la sauver, ainsi que tous les membres de l'Unité mobile, écrit-il.

En conclusion, le directeur Martino a décidé qu'il n'y avait pas lieu de déposer des accusations contre les policiers et de clore le dossier.

Le Service de police de Toronto n'a pas répondu dans l'immédiat à nos demandes d'entrevue au sujet de cette affaire.

Avec les informations de CBC News

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