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2,9 M$ pour retrouver des sépultures au pensionnat St-Mary’s, en Ontario

Un géoradar sur trois roues dans un sentier de gravier.

Un géoradar est un appareil mobile composé notamment d'un émetteur et d'un récepteur de micro-ondes qui permet de créer une image de ce qui se trouve dans le sol.

Photo : GeoScan

Radio-Canada

De nouveaux fonds octroyés par Ottawa et la province de l’Ontario doivent aider la Première Nation Wauzhushk Onigum à identifier les lieux de sépulture du pensionnat St-Mary’s, situé à Kenora, dans l’Ouest de l’Ontario.

Le gouvernement du Canada débloquera jusqu’à 2 498 430 $ sur 3 ans pour le projet tandis que la province de l'Ontario s'engage à verser jusqu'à 400 000 $ pour financer la recherche et la collecte d’informations sur le terrain, ainsi que la commémoration et le rapatriement des restes des enfants.

Nous savons que ce chemin sera extrêmement difficile, et nous ne savons pas ce que nous trouverons, mais nous serons guidés par la cérémonie, par nos lois et protocoles anichinabés, et par nos survivants afin que nous puissions commencer à comprendre comment traiter ce traumatisme, a commenté Chris Skead, chef de la Première Nation Wauzhushk Onigum.

Pour justifier ce financement, la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a indiqué que les communautés autochtones et leurs dirigeants savent mieux que quiconque ce dont ils ont besoin.

Une fois encore, la recherche de vérité représente le point de départ vers la guérison pour cette communauté anichinabée de l'Ouest de l'Ontario. Certains aînés peuvent encore témoigner des exactions commises à St-Mary's.

L’annonce du financement, jeudi, était accompagnée du récit anonyme de l’un des survivants de ce pensionnat qui a été géré par l’Église catholique de 1897 à 1972.

Pendant des décennies, nous avons souffert en silence, et certains d'entre nous ne veulent peut-être toujours pas faire part de leur expérience, a-t-il reconnu, exprimant son souhait que la recherche de vérité précède les velléités de réconciliation.

Il est temps d'honorer les enfants [disparus], d'honorer leur mémoire et de s'assurer que cela ne se reproduira plus jamais, sous quelque loi ou politique coloniale que ce soit.

Une citation de :Un survivant du pensionnat St-Mary's, de la Première Nation de Wauzhushk Onigum

De nombreux sévices s'y sont produits, comme l’a rapporté la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVRC) dans son rapport de 2015 (Nouvelle fenêtre).

À la fin des années 1930, des élèves affamés en étaient réduits à devoir acheter du pain pour compléter leurs repas, évoque le document de la CVRC. Il précise aussi qu’en 1965, le pensionnat St-Mary's enfermait les élèves fugueurs qui devaient se contenter d’un matelas et d’une alimentation réduite à du lait et du pain, en guise de punition.

Dans un autre témoignage, une survivante de l'établissement se souvient qu’elle arborait de jolis mocassins ornés de motifs perlés que [sa] grand-mère avait fabriqués pour les porter à l’école, et [elle] en était très fière, avant que les mocassins ne lui soient enlevés pour être jetés à la poubelle.

Entre 1831 et 1996, plus de 150 000 enfants autochtones âgés de 7 à 16 ans ont été arrachés à leur famille pour être envoyés dans des pensionnats canadiens.

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