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Vers le déclenchement d'une campagne électorale fédérale dimanche

Plan large de Justin Trudeau, marchant, en levant le pouce en l'air.

Justin Trudeau prévoit se rendre à Rideau Hall ce week-end pour demander la dissolution du Parlement.

Photo : The Canadian Press / Christopher Katsarov

Le premier ministre Justin Trudeau est sur le point de confirmer ce qui était dans l'air depuis plusieurs semaines : des élections fédérales devraient avoir lieu d'ici la fin septembre.

D'après les informations obtenues par Radio-Canada, le premier ministre prévoit se rendre à Rideau Hall dimanche pour demander à la gouverneure générale Mary Simon la dissolution du Parlement, et ainsi officialiser le déclenchement de la campagne fédérale.

Celle-ci devrait durer 36 jours, le minimum requis par la loi. Les Canadiens auraient donc rendez-vous aux urnes le 20 septembre.

Le gouvernement Trudeau devancerait ainsi le scrutin à deux ans de la fin de son second mandat, lui qui forme un gouvernement minoritaire depuis les élections du 21 octobre 2019.

Dénonçant « l'obstructionnisme » qui avait cours au Parlement, le premier ministre s'était plaint des tactiques mises en œuvre par l'opposition pour l'empêcher d'adopter son ordre du jour. Sans majorité absolue (soit 170 sièges), Justin Trudeau se devait de naviguer en tentant d'obtenir l'appui d'autres partis.

Pablo Rodriguez, leader du gouvernement libéral à la Chambre des communes, en a témoigné jeudi après-midi, jugeant que la partisanerie était venue peser sur le travail des parlementaires.

Je dois dire de manière très honnête et transparente qu’on a pu pendant longtemps négocier un paquet de projets et de programmes […] de bonne foi avec tout le monde, a-t-il déclaré en mêlée de presse à Montréal.

Mais vers la fin des travaux aux Communes, a-t-il indiqué, le Parlement était rendu un peu dysfonctionnel.

Vers le déclenchement d'une campagne électorale fédérale dimanche

Des élections nécessaires ou précipitées?

Les partis d'opposition ont tous décrié à maintes reprises que le premier ministre cherche à déclencher des élections à l'aube d'une quatrième vague de COVID-19, propulsée par le contagieux variant Delta.

Devant les nombreux sondages nationaux qui placent le PLC en avance, les chefs y voient une manœuvre électoraliste de la part des libéraux afin de décrocher une majorité aux Communes.

Un peu plus tôt, jeudi, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh n'a pas manqué de critiquer l'égoïsme du premier ministre.

C'est une décision qui aide seulement son parti, mais ce n'est pas ce que les gens veulent voir, a-t-il lancé en point de presse à Terre-Neuve, où il a commencé à dévoiler les engagements de son parti.

« Si Justin Trudeau était à l'écoute des gens et de leurs inquiétudes, il ne déclencherait pas d'élections en plein été. »

— Une citation de  Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Le chef du Parti conservateur, Erin O'Toole, avait lui aussi accusé Justin Trudeau de n'agir que dans son propre intérêt. Ses troupes sont néanmoins prêtes pour le scrutin à venir, a-t-il assuré.

Avant même le coup d'envoi de la campagne, les chefs fédéraux en étaient à préparer le terrain, multipliant les apparitions sur les routes du pays.

Pour certains d'entre eux, le déclenchement des élections survient toutefois au moment où des dissidences secouent leur parti.

En tournée en Gaspésie, le chef du Bloc québécois, Yves François-Blanchet, s'est vu désavoué par des militants qui ont dénoncé la semaine dernière la suspension des assemblées d'investiture.

Du côté du Parti vert, la cheffe Annamie Paul a récemment échappé à un vote de confiance après que son leadership eut été contesté dans les rangs du parti.

Les élections fédérales avec Madeleine Blais-Morin à Ottawa

Se rendre aux urnes en pandémie

On peut s’attendre à ce que les partis d’opposition tentent de faire porter l’odieux de ce scrutin sur les épaules du gouvernement, a soutenu Stéphanie Chouinard, professeure agrégée de sciences politiques au Collège militaire royal du Canada à Kingston, en entrevue à L’heure du monde.

Le déclenchement d’une campagne électorale en pleine pandémie, dit-elle, est certainement un pari, et malgré toute la préparation à laquelle Élections Canada s’est soumise […], c’est certain qu’on pourrait voir des ratés.

La tenue d'un scrutin fédéral pourrait en effet être compliquée par la pandémie, a déjà prévenu le directeur général des élections du Canada, Stéphane Perreault.

La compilation des bulletins de vote risque de prendre quelques jours, retardant ainsi l'annonce du résultat. Les Canadiens pourraient aussi être appelés à voter dans des endroits inhabituels ou plus éloignés que d'habitude.

Outre la pandémie, Stéphanie Chouinard identifie trois enjeux principaux qui risquent de dominer la campagne : la relance économique, l’environnement et la réconciliation avec les Peuples autochtones.

En ce qui a trait à ce dernier dossier, elle prédit que des promesses formulées par les libéraux en 2019, mais qui n’ont pas abouti, risquent de venir les hanter, notamment celle concernant l’accès à l’eau potable dans les communautés autochtones.

L’environnement risque également d’être un terrain glissant pour Justin Trudeau et ses troupes. Le Parti libéral tente de se faire le champion de la question environnementale, mais depuis 2015, il marche sur la corde raide. […] La chance des libéraux, c’est qu’au niveau de l’opposition, il n’y a aucun parti qui leur fait réellement concurrence sur cet enjeu, affirme la politologue.

Selon elle, le discours de Jagmeet Singh et des néo-démocrates est encore trop incohérent à ce point-ci pour être une véritable option aux yeux des électeurs.

Du côté des conservateurs, le chef Erin O’Toole s’est mis les pieds dans les plats auprès de sa propre base en échouant à faire une plus grande place aux questions environnementales dans le parti, avance Mme Chouinard.

« Dans la dernière année et demie, ç’a été assez difficile pour les partis d’opposition de se faire entendre au niveau de l’environnement, comme sur n’importe quoi d’autre, vu l’ampleur de la place que le gouvernement a prise dans les médias avec la COVID-19. »

— Une citation de  Stéphanie Chouinard, professeure au Collège militaire royal du Canada

Dans sa forme actuelle, la 43e législature compte 155 députés libéraux. Les conservateurs détiennent 119 sièges à la Chambre des communes, tandis que le Bloc québécois et le NPD en ont respectivement 32 et 24. Deux députés verts et cinq indépendants complètent le portrait.

Avant l’arrivée au pouvoir des libéraux, les Canadiens n’avaient pas élu un gouvernement minoritaire depuis plus de dix ans, soit en 2008, moment où ils ont reconduit le conservateur Stephen Harper au pouvoir avec seulement 158 sièges.

Avec des informations de Madeleine Blais-Morin

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