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Archives

Robert Gravel, homme de théâtre libre et innovant

Robert Gravel en 1987

Robert Gravel dans le Téléroman « L’Héritage » en 1987

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Radio-Canada

Il y a 25 ans, le 12 août 1996, nous quittait le comédien, dramaturge, metteur en scène et concepteur de la Ligue nationale d’improvisation Robert Gravel. Retour en archives sur le parcours de celui qui aimait faire les choses autrement.

Le 13 août 1996, l’animatrice Céline Galipeau annonce la triste nouvelle au Téléjournal.

Le Québec vient de perdre l’un de ces comédiens les plus prolifiques. Robert Gravel est mort d’un infarctus à son chalet de Saint-Gabriel-de-Brandon dans la région de Lanaudière. Il avait 51 ans.

Une citation de :Céline Galipeau

Dans le reportage qui suit la nouvelle, le journaliste Paul Toutant revient sur la carrière du colosse, dont les 6 pieds 3 pouces l’amenaient souvent à jouer les durs attendrissants.

Téléjournal, 13 août 1996

Avec la disparition subite de ce maître à penser, qui repoussait sans cesse les limites du théâtre, plusieurs membres de la colonie artistique québécoise perdent un père et un mentor.

Je pense que c’était davantage un créateur qu’un interprète. Il y avait une part de création personnelle dans tout ce qu’il faisait, dans une plus large mesure que la plupart d’entre nous.

Une citation de :Gilles Pelletier, comédien

Robert Gravel débute sa carrière en 1969 au Théâtre de la Roulotte de Paul Buissonneau.

En 1970, dans l’équipe des Jeunes comédiens du TNM, il fait la connaissance du metteur en scène Jean-Pierre Ronfard, avec qui il travaillera durant 26 ans et cofondera le Nouveau Théâtre expérimental (NTE).

Sur les planches, le public peut notamment apprécier son talent dans les pièces à succès : Faut jeter la vieille de Dario Fo (1969) Les oranges sont vertes (1972), La Charge de l’orignal épormyable  de Claude Gauvreau (1974).

À la télévision, Robert Gravel interprète souvent des rôles pour un jeune public : Psst! Psst! Aïe-là! (1974), Qu'est-ce que t'en penses toi? (1974), La boîte à lettre (1976) L'ingénieux Don Quichotte (1979), etc.

Dans cet extrait du 21 avril 1981, il interprète le rôle principal de Don Quichotte l’ingénieux. Il donne la réplique au comédien Jean-Pierre Chartrand, qui joue Sancho Panza, fidèle compagnon de route de Don Quichotte.

L’ingénieux Don Quichotte, 21 avril 1981

Un peu à l’image de ce personnage mythique, l’imagination et l’inventivité de Robert Gravel étaient sans bornes. Il se faisait toujours un devoir d’emprunter des chemins que personne n’avait encore explorés.

L’envie de faire du théâtre autrement le mène en 1977 à créer, en compagnie d’Yvon Leduc, la Ligue nationale d’Improvisation (LNI).

Il en explique le concept à l’émission Télémag le 30 mars 1979.

Télémag, 30 mars 1979

Une façon bien originale d’acter, sans texte préétabli.

Sur une patinoire, deux équipes de comédiens s’affrontent en improvisant sur un thème donné tout en respectant des règles strictes.

Les estrades, l’organiste qui joue des tounes du forum, les arbitres, les chandails sont comme ceux de la ligue nationale (de hockey). Cependant, la grande différence, c’est que c’est le public qui score. Tu as beau penser que tu as improvisé d’une façon impeccable, c’est le public qui a le dernier mot au bout du compte.

Une citation de :Robert Gravel

Le 21 octobre à la Maison Beaujeu à Montréal, il y a foule pour le premier match de la LNI.

Le concept fera des petits et bientôt des ligues d’impro verront le jour dans plusieurs cégeps et polyvalentes du Québec. La LNI se répand également à l’étranger, notamment en France, en Belgique et en Suisse, des pays qui en 1985 participeront au premier Mondial de l’impro.

Avec le Nouveau théâtre expérimental, Robert Gravel poursuit son désir de réinventer le théâtre. Lui et son équipe présentent des pièces à des heures inhabituelles, dans des états seconds, avec des décors originaux, des costumes saugrenus et même sans costumes du tout.

En 1981, le NTE inaugure l’Espace Libre avec Vie et mort du Roi boiteux de Jean-Pierre Ronfard. Une saga théâtrale d’une durée de 12 heures où Robert Gravel tient le rôle principal.

En 1996, la pièce Nudité, dans laquelle tant les acteurs que les spectateurs doivent être dénudés, est présentée deux fois pour être finalement interdite par la Ville de Montréal.

Comme écrivain, Robert Gravel laisse au milieu de l’art dramatique sa trilogie à l'humour noir, La tragédie de l'homme qui comprend les pièces Durocher le milliardaire (1991), L’Homme qui n’avait plus d’amis, (1992) et Il n’y a plus rien (1992).

En 1996, il achevait sa pièce Thérèse, Tom et Simon.

Bon matin, 13 décembre 1994

Le 13 décembre 1994, dans l’émission Bon matin, Robert Gravel répond à l’animatrice Suzanne Lévesque qui lui demande en quoi le NTE a fait évoluer le théâtre.

Pince sans rire, il explique qu’il y a une absence de souffrance dans son approche du travail et de la vie.

Il y a des gens qui ont des audaces maintenant, qu’ils n’auraient pas eues s’ils n’avaient pas vu nos shows et s’ils n’avaient pas joué dans nos pièces. Les gens qui viennent jouer au Nouveau Théâtre expérimental en sortent beaucoup plus baveux. (…) Tout ce que l’on fait parle de liberté au fond.

Une citation de :Robert Gravel
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