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Afghanistan : les talibans pourraient prendre Kaboul d'ici 90 jours

Un soldat devant un édifice en ruines.

Un soldat afghan monte la garde après une explosion causée par un attentat à la bombe à Kaboul, le 4 août dernier.

Photo : Reuters

Reuters

Les insurgés talibans pourraient parvenir à isoler la capitale afghane Kaboul dans 30 jours puis en prendre le contrôle d'ici 90 jours, a déclaré mercredi à Reuters un représentant du département américain de la Défense, citant des informations des services de renseignement américains.

Il a fait ce commentaire au moment où les talibans, qui ont accentué leurs offensives à travers le pays en marge du retrait des troupes américaines, ont multiplié les avancées ces derniers jours et pris mercredi le contrôle d'une huitième capitale provinciale.

S'exprimant sous couvert d'anonymat, le représentant a ajouté que l'issue n'était pas inéluctable, déclarant que les forces de sécurité afghanes pouvaient renverser la tendance en se montrant davantage combatives.

Les talibans dominent désormais 65 % du territoire afghan et pourraient contrôler 11 capitales provinciales, a indiqué mardi un haut responsable de l'Union européenne.

Reuters a appris d'une source sécuritaire occidentale que tous les accès à Kaboul, qui se trouve dans une vallée montagneuse, étaient peuplés de civils faisant route vers la capitale pour échapper aux violences ailleurs dans le pays.

Des insurgés armés sont dans un véhicule militaire.

Des combattants talibans montent la garde à un poste de contrôle dans la ville de Kundouz dans le nord de l'Afghanistan, le 9 août 2021.

Photo : Associated Press / Abdullah Sahil

Il est difficile de déterminer si des combattants talibans se trouvent parmi la foule et accèdent aussi à Kaboul, a indiqué cette source.

« La crainte est que des kamikazes pénètrent dans les quartiers diplomatiques pour faire peur, attaquer et s'assurer que tout le monde parte dès que possible. »

— Une citation de  Un représentant du département américain

La Turquie est toujours encline à assurer la protection de l'aéroport de Kaboul après le retrait des troupes américaines et celles d'autres pays, mais elle surveille les avancées des talibans, ont dit deux représentants turcs.

Ankara discute depuis des semaines avec Washington de la sécurisation de l'aéroport de Kaboul, en dépit des menaces adressées à la Turquie par les insurgés afghans.

Discussions multilatérales au Qatar

Avec le retrait de l'armée afghane de Faizabad, capitale de la province du Badakhchtan dans le nord-est du pays, face à l'offensive des talibans, le gouvernement a subi un nouveau revers, alors que le président américain Joe Biden a appelé mardi les dirigeants afghans à l'unité et à lutter pour sauver leur pays.

Le locataire de la Maison-Blanche a dit ne pas regretter son choix de retirer l'armée américaine d'Afghanistan, un processus entamé au printemps et qui doit être finalisé au 31 août.

Washington a confirmé mercredi que le calendrier du retrait militaire américain était maintenu. Aucune issue particulière n'est inévitable en Afghanistan, a dit la Maison-Blanche.

Des gens parlent près de bâtiments détruits.

Des Afghans inspectent des magasins endommagés après les combats entre les talibans et les forces de sécurité afghanes dans la ville de Kunduz.

Photo : Associated Press / Abdullah Sahil

Ce retrait fait suite à un accord conclu par l'administration de l'ancien président américain Donald Trump avec les talibans, en février 2020, prévoyant le retrait des troupes américaines en échange de la promesse d'une réduction des violences en Afghanistan, et que le pays ne serve pas de base au terrorisme international.

La vitesse avec laquelle les talibans ont engrangé les gains constitue une surprise amère pour le gouvernement afghan et ses alliés.

Une source américaine, au fait des analyses des services de renseignement, a déclaré que celles-ci présentaient un éventail d'issues possibles, allant d'une rapide prise de pouvoir des talibans à un possible accord entre les insurgés et le gouvernement afghan, ou encore de longs affrontements.

Un haut membre des talibans a fait savoir à Reuters que le chef du bureau politique des insurgés s'était entretenu mardi à Doha, au Qatar, avec l'émissaire spécial américain Zalmay Khalilzad.

Aucun détail sur les discussions n'a filtré.

Une délégation talibane devait prendre part mercredi à une réunion avec des représentants américains, russes et chinois, a ajouté ce chef taliban sous couvert d'anonymat.

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