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L'amiral Art McDonald ne retrouvera pas ses fonctions tout de suite, assure Ottawa

Art McDonald prononce un discours.

Art McDonald, l'ancien commandant de la Marine royale canadienne, avait été nommé chef d'état-major de la défense un mois avant des allégations d'inconduite sexuelle.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

L'amiral Art McDonald souhaite reprendre son poste de chef d'état-major de la défense. Ses avocats Michael Edelson et Rory Fowler ont fait savoir par communiqué mercredi que « l'amiral Art McDonald a décidé de reprendre ses fonctions immédiatement ». Mais ça n'arrivera pas tout de suite, selon le ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

Le ministre a rétorqué qu'il s'attend à ce que M. McDonald reste en congé pendant que le gouvernement examine la situation.

Le poste de chef d'état-major de la défense doit toujours respecter les normes les plus élevées au sein des Forces armées canadiennes en raison de la responsabilité de ce poste et du poids qu'il détient. Et je tiens également à dire que Les Canadiens et les Forces armées canadiennes sont très bien servis par l'actuel chef d'état-major de la Défense par intérim, le lieutenant-général Wayne Eyre.

Le bureau du premier ministre Justin Trudeau n'a pas commenté pour le moment les intentions de M. McDonald.

L'amiral avait quitté temporairement en février son poste de chef d'état-major de la défense, à la suite d'une enquête du Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC) sur une allégation d'inconduite sexuelle.

Le SNEFC a annoncé, vendredi dernier, la fin de son enquête, n'ayant pas suffisamment de preuves pour accuser l'amiral McDonald en vertu du Code criminel ou du code disciplinaire militaire.

De quoi réjouir les avocats de l'amiral McDonald.

La plainte n'était pas fondée. [...] L'absence de toute accusation – même en vertu du code de discipline militaire – est une indication de l'absence de comportement répréhensible. Comme l'enquête l'a révélé, la plainte était sans fondement.

Une citation de :Michael Edelson et Rory Fowler avocats de Art McDonald

Étant donné que c'était sa décision de se retirer, c'est maintenant sa décision – voire son obligation – de reprendre ses fonctions, poursuit le communiqué diffusé par les avocats de M. McDonald.

Le Bureau du Conseil privé (BCP) avait indiqué, plus tôt cette semaine, qu'aucune décision n'avait été prise quant à la réintégration ou non de M. McDonald et que M. Eyre demeurait chef de la défense par intérim.

Le BCP a été informé des résultats de l'enquête du SNEFC vendredi. Une décision sur les prochaines étapes sera prise dans le temps requis.

Une citation de :Pierre-Alain Bujold, porte-parole du BCP

Le gouvernement libéral fait face à des appels à ne pas réintégrer l'amiral McDonald. Certains experts et défenseurs des victimes remettent notamment en question la décision de demander à la police militaire d'enquêter sur le plus haut officier militaire du Canada.

Ces experts et avocats estiment que cela jette un doute sur l'enquête et croient que M. McDonald n'a plus l'autorité morale pour diriger l'armée vers un changement de culture.

M. McDonald s'est retiré en janvier après seulement un mois à ce poste. Selon CBC News, M. McDonald a dû faire face à des allégations liées à un membre d'équipage féminin et à un incident survenu à bord du navire de guerre NCSM Montréal il y a dix ans, lors d'un exercice connu sous le nom d'opération Nanook.

Le général McDonald a remplacé le général à la retraite Jonathan Vance, qui faisait également l'objet d'une enquête pour des allégations de comportement inapproprié avec des subordonnés et qui fait maintenant face à une accusation d'entrave à la justice.

Portrait de Jonathan Vance.

L'ex-chef de la défense nationale Jonathan Vance comparaîtra le 17 septembre.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

M. Vance nie les allégations. Il doit comparaître en cour provinciale le 17 septembre.

L'armée est aux prises avec une série d'inconduites sexuelles qui a vu plusieurs hauts dirigeants mis en congé avec solde, en attendant les enquêtes.

Le gouvernement libéral a été accusé par les partis d'opposition de ne pas faire assez pour s'attaquer à ce problème. CBC News a rapporté, hier, que l'armée n'avait pas encore remis à la police civile un seul dossier d'enquête sur une agression sexuelle.

Justin Trudeau donne une conférence de presse à l'extérieur.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Cette décision va à l'encontre d'une recommandation clé du rapport de Morris Fish, juge à la retraite de la Cour suprême. Publié en juin, le rapport exhortait l'armée à céder les enquêtes pour cas d'inconduite sexuelle aux autorités civiles, jusqu'à ce qu'elle réforme sa façon de traiter les droits des victimes.

Le gouvernement libéral avait déclaré qu'il acceptait les recommandations du rapport et qu'il agirait rapidement.

Mais les Forces armées canadiennes ont récemment rejeté la demande de Stéphanie Viau, militaire à la retraite, qui souhaitait que la GRC enquête sur son allégation de viol contre le vice-amiral Haydn Edmundson. L'ancien chef des RH de l'armée est en congé avec solde et a déclaré qu'il niait l'allégation.

Avec les informations d'Ashley Burke de CBC et La Presse canadienne

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