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Legault dit avoir la « légitimité » pour imposer un passeport vaccinal au Québec

Gros plan de François Legault.

Le premier ministre François Legault a tenu un point de presse dans un marché public de Sainte-Foy.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Le passeport vaccinal reçoit « un appui très majoritaire » des Québécois, selon le premier ministre François Legault, qui estime qu'une commission parlementaire sur le sujet aurait pu donner une tribune à des opposants aux « arguments non fondés ».

Le passeport vaccinal n'aura pas eu à subir le test d'un débat public, au grand dam de plusieurs citoyens – des opposants au vaccin aux défenseurs des droits et libertés –, mais le gouvernement Legault dit avoir toute la légitimité pour agir.

On sent qu’il y a un appui très majoritaire dans la population pour le passeport vaccinal. Donc on pense que c’est comme un moindre mal pour éviter le reconfinement de certaines activités non essentielles, a expliqué le premier ministre mercredi, lors d'un point de presse dans un marché public de Sainte-Foy, sans avancer de données.

« Pour l’instant, on se sent légitimes de mettre en place le passeport vaccinal et on sent qu’on a l’appui de la population. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Le passeport vaccinal devra être présenté à compter du 1er septembre pour pratiquer certaines activités jugées non essentielles et représentant un haut risque de propagation du coronavirus, et ce, d'un bout à l'autre de la province.

Face à la recrudescence des cas de COVID-19 liés au variant Delta, le gouvernement Legault a privilégié l'adoption de cette mesure inédite au Québec pour éviter d'autres confinements généralisés – et convaincre les citoyens qui ne sont pas encore vaccinés de prendre rendez-vous sans plus tarder.

Il y a 84 % des Québécois [de 12 ans et plus] qui se sont fait vacciner au moins une dose, donc il y a un appui à la vaccination, a interprété le premier ministre Legault.

Mais une petite minorité refuse encore de se faire vacciner, a-t-il reconnu.

Interrogé sur l'absence de commission parlementaire pour débattre de l'imposition du passeport vaccinal, le premier ministre a appelé à la prudence. Il ne faut pas faire exprès pour donner à des opposants des tribunes qui pourraient influencer la population en utilisant des arguments non fondés, a-t-il soutenu.

Un moment donné, il faut suivre la science, a-t-il tranché.

Tout en se disant d'accord pour suivre la science, le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, réclame tout de même un débat public sur le passeport vaccinal.

Ce que les experts en épidémiologie nous disent, c’est que le passeport, c’est un outil pertinent et qui est utile pour lutter contre la pandémie. Si c’est utile, utilisons-le. Par contre, il doit être strictement balisé. On ne peut pas faire ça n’importe comment, a-t-il dit à ICI RDI mercredi.

« Il faut mettre des règles claires, [...] parce qu’il faut éviter des dérapages ou des abus. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire de Québec solidaire

Gabriel Nadeau-Dubois est convaincu qu'une commission parlementaire serait la meilleure façon de lutter contre les discours à tendance complotiste. On veut inviter des experts pour qu’il y ait le plus de transparence possible. Je pense que la transparence, c’est un des remèdes contre les théories du complot, a estimé le porte-parole de Québec solidaire.

Des populations vulnérables absentes de l'équation

Le passeport vaccinal était loin de susciter l'unanimité plus tôt cette année. Fin février, le ministre de la Santé Christian Dubé a provoqué une levée de boucliers en évoquant la possibilité de mettre en place une preuve de vaccination « digitale ».

Pour la Ligue des droits et libertés (LDL), le gouvernement Legault n'a pas su répondre à toutes les inquiétudes soulevées par l'adoption d'une telle mesure, faute de consultations publiques.

« Toutes les mesures sanitaires nécessaires à la lutte contre la pandémie, aussi légitimes soient-elles, doivent être débattues pour être validées, plutôt que d’être décidées de manière opaque et unilatérale. »

— Une citation de  Extrait d'un communiqué de la Ligue des droits et libertés

Dans sa forme actuelle, le passeport vaccinal ne permet pas de faire de distinction pour certains groupes plus vulnérables au sein de la population, comme les personnes qui ne peuvent être vaccinées en raison de problèmes de santé.

On va créer une discrimination basée sur l'état de santé, a déploré Catherine Descoteaux, coordonnatrice à la LDL, au micro de Midi info.

Les personnes en situation d'itinérance ou sans statut migratoire, et qui n'ont donc pas de carte d'identité à présenter, seront aussi injustement désavantagées par cette mesure, a-t-elle souligné.

Il n'y a pas eu de prise en compte du gouvernement pour toutes ces personnes qui vont vivre des désagréments, a insisté Mme Descoteaux, plaidant pour la mise en place d'un passeport plus accessible et inclusif.

Mme Descoteaux a en outre regretté que le gouvernement ait décidé d'appliquer la mesure à l'ensemble de la province – et non pas seulement aux régions touchées par des foyers d'éclosion, de sorte que les impacts négatifs soient « circonscrits ».

Pour nous, [l'imposition dans tout le Québec] porte atteinte de façon un peu disproportionnée aux droits et libertés, a-t-elle résumé.

Les députés recommenceront à siéger au Salon bleu dès le 14 septembre, soit deux semaines après l'entrée en vigueur du passeport vaccinal. L'occasion pour les parlementaires de demander au gouvernement de rendre des comptes.

Il y aura des périodes de questions, les commissions parlementaires vont pouvoir se donner des mandats, a assuré le premier ministre.

D'ici la reprise des travaux, François Legault a dit espérer que tous les partis feront front commun afin d'envoyer un message clair sur l'importance de la vaccination, au moment où se dessine une quatrième vague de COVID-19.

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