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Passeport vaccinal : les festivals veulent « une contrepartie »

Le Regroupement des événements majeurs internationaux espère des assouplissements aux mesures sanitaires si le passeport vaccinal est appliqué.

Spectacle d'August Burns Red du 8 septembre 2018 au festival Envol et macadam.

Le festival Envol et macadam, à Québec, a vu la vente de billets freinée par l'annonce du passeport vaccinal (archives).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Les festivals et autres événements à grand déploiement réclament de toute urgence des clarifications sur la façon dont sera utilisé le passeport vaccinal quand il entrera en vigueur, le 1er septembre. Ils espèrent également « une contrepartie » pour compenser les sacrifices demandés et considérant que les foules seront en théorie moins à risque de répandre la COVID-19.

Le Festival western de Saint-Tite, les Francos, Osheaga, Envol et macadam et le Festival international de jazz de Montréal, notamment, se tiendront tous en septembre prochain au Québec, après la mise en place du passeport vaccinal.

Le gouvernement prévoit déjà qu'il sera applicable aux événements publics à fort achalandage, affirmait cette semaine le ministre de la Santé, Christian Dubé. Selon les informations véhiculées par le gouvernement Legault, les festivals seront inclus dans cette catégorie.

Mais les détails entourant cet encadrement ne seront pas connus avant le 23 août. Même que le gouvernement se donne jusqu'au 1er septembre pour peaufiner tous les critères.

Clarifications demandées

Pour le Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI), qui représente 28 événements d'envergure au Québec, l'approche gouvernementale crée de l'incertitude dans l'industrie. C'est un peu rapide. On nous dit ça le 10 août, on aura les détails le 23 et ce sera l'application le 1er septembre, résume son président, Martin Roy.

Une foule immense et compacte.

Le REMI demande au gouvernement d'alléger les mesures sanitaires si le passeport vaccinal entre en vigueur. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Frank Opolko

Ne serait-ce que pour la planification des événements, et pour leur rentabilité, M. Roy demande au gouvernement de répondre rapidement aux questions des promoteurs. Il croit également que les festivals méritent d'obtenir plus de latitude en adoptant le passeport vaccinal.

Est-ce qu'il peut y avoir des assouplissements, ou des ajustements aux mesures sanitaires, pour accroître la capacité du site? demande Martin Roy. Le REMI n'est pas en désaccord avec le passeport vaccinal en lui-même. Il croit cependant que les mesures sanitaires pourraient être ajustées puisque les rassemblements se feront entre personnes vaccinées.

« On est favorables, mais à condition qu'il y ait une contrepartie à tout ça. »

— Une citation de  Martin Roy, président, Regroupement des événements majeurs internationaux

M. Roy souligne que certains événements se sont tenus au maximum de leur capacité aux États-Unis, notamment Lollapalooza. Le grand festival de Chicago a réclamé une preuve vaccinale aux festivaliers ou un test négatif au maximum 72 heures avant l'événement.

Mesures contraignantes

Le REMI soutient finalement que les mesures sanitaires prévues au décret en vigueur au Québec sont déjà contraignantes pour les festivals. Les foules sont actuellement limitées à 15 000 personnes.

Pour arriver à une telle foule, il faut avoir 30 entrées et 30 sorties indépendantes, 2 mètres carrés par spectateur, donc 30 000 mètres carrés seulement pour accueillir des festivaliers.

Dans les conditions actuelles, poursuit M. Roy, il y a à peu près juste les plaines d'Abraham qui peuvent accueillir 15 000 festivaliers.

Avec le passeport vaccinal, les promoteurs ne pourront vendre des billets qu'aux personnes doublement vaccinées.

Vente de billets freinée

À Québec, le promoteur d'Envol et macadam, Karl-Emmanuel Picard, a vu un effet immédiat de l'annonce du passeport vaccinal sur la vente de billets. Il y a trois semaines ou un moins, on a eu l'autorisation de la santé publique de faire Envol et macadam au stade Canac, raconte-t-il à Radio-Canada.

Les billets ont été mis en vente le 4 août dernier, provoquant un certain engouement chez les amateurs de musique. C'était incroyable, la réponse. Tout le monde était vraiment heureux.

Dès l'évocation du passeport vaccinal par le gouvernement, on a commencé à avoir des messages de gens qui ne pourraient pas avoir accès au stade, explique M. Picard. À la billetterie, les ventes ont ralenti.

« Ce que j'aimerais, c'est avoir une réponse claire, avoir des réponses pour que je puisse répondre aux questions des artistes et des spectateurs. »

— Une citation de  Karl-Emmanuel Picard, promoteur, Envol et macadam

Envol et macadam va recevoir quelque 19 groupes ou artistes en trois soirs. La foule maximale est de 2000 spectateurs par soirée. Avec ce qu'il observe et l'incertitude actuelle, Karl-Emmanuel Picard n'est pas convaincu qu'il atteindra le seuil de rentabilité. C'est malheureux, mais ça va être dur.

Le principal intéressé se refuse à faire de la politique. Il s'attend cependant à avoir plus de détails rapidement de la part de la santé publique.

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