•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Seringues souillées à Ottawa : un problème exacerbé par la pandémie

Des seringues souillées, par terre, près d'un sans-abri qui dort.

Des parents du quartier Côte-de-Sable à Ottawa s’inquiètent pour la sécurité de leurs enfants (archives).

Photo : Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka

Radio-Canada

Les appels au 311 concernant des seringues et des aiguilles souillées laissées au sol à Ottawa ont augmenté de 54 % durant la pandémie. Des habitants du quartier Côte-de-Sable, qui doivent composer avec cette réalité, s’inquiètent pour la sécurité de leurs enfants.

C’est le cas de la présidente d’Action Côte-de-Sable, Susan Khazaeli. Maintenant, elle dit trouver quotidiennement au moins une seringue souillée par jour. Certains jours, j’en trouve six, témoigne-t-elle.

Il arrive même que ces seringues se retrouvent entre les mains de jeunes enfants, raconte Mme Khazaeli. Il y a quelques mois, j’ai dû retirer mon fils de la garderie parce qu’un autre enfant avait trouvé une seringue dans la cour privée de la garderie, dit-elle. Ce garçon avait quatre ans et ils n’étaient pas certains s’il était infecté ou non, et ils ont dû l’amener à l’hôpital.

Susan Khazaeli, en entrevue.

Susan Khazaeli, présidente d’Action Côte-de-Sable

Photo : Radio-Canada

C’est vraiment une crise humanitaire, sanitaire et de sécurité quand de jeunes enfants sont vulnérables à la découverte de seringues.

Une citation de :Susan Khazaeli, présidente d’Action Côte-de-Sable

Quand elle amène son enfant dans un parc, elle inspecte les lieux pour s’assurer qu’aucune seringue souillée ne se trouve près des modules de jeux.

Des excréments et accessoires de consommation de drogue

En plus des seringues souillées, elle observe, dans son quartier, des excréments humains ainsi que des accessoires de consommation de drogue.

La COVID-19 a empiré la situation parce que les centres commerciaux, ils ont été fermés. Les bibliothèques ont aussi été fermées, souligne-t-elle. Ce sont quelques-uns des endroits qu’utilisaient des gens sans logement pour avoir accès à certains services comme des toilettes.

Après plus de 10 ans dans le quartier, la présidente d’Action Côte-de-Sable constate que la situation s’est dégradée et affirme avoir appelé plus de 50 fois les services municipaux.

L’arrivée de centres d’injection supervisée dans le secteur du marché By, de la Basse-ville et de la Côte-de-Sable a résulté en plus de demandes, estime Mme Khazaeli. Quand vous construisez quelque chose, que ce soit des routes ou autre, vous créez également une demande, explique-t-elle. Il y a donc des gens qui ont afflué de l’extérieur de ce quartier pour avoir ces services.

Cette dernière aimerait plus de services, dans l’ensemble de la ville, ouverts 24 heures sur 24, et l’installation de toilettes publiques.

Le conseiller du quartier Rideau-Vanier, qui comprend la Basse-Ville, la Côte-de-Sable et Vanier, acquiesce dans le même sens.

Ce que les résidents observent, ce que les commerçants observent, c’est ce qu’on observe, admet Mathieu Fleury. On est un million en population. On est une grande ville. On vit des problèmes de grande ville.

Une consommation à la hausse

La problématique perdure depuis plusieurs années, souligne M. Fleury.

Des intervenants au Centre de santé communautaire Côte-de-Sable ont informé la Ville que le nombre d’injections des toxicomanes par jour varie désormais de 11 à 15. Avant, elles se chiffraient de quatre à cinq.

Mais le conseiller Fleury n’établit pas de lien entre l’augmentation de la consommation de drogues et l’arrivée de centres d’injection supervisés.

Chaque jour, on voit le nombre de surdoses augmenter, pas seulement à Ottawa, mais partout à travers le Canada et en Amérique du Nord. On le vit ici, on le vit ce problème-là, dit-il. Les sites d’injection supervisés ont un but ultime : c’est que les gens ne meurent pas en utilisant la drogue chez eux ou dans la rue.

Mathieu Fleury dans la salle du conseil municipal.

Mathieu Fleury, conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier (archives)

Photo : Radio-Canada

La réalité, c’est qu’il y a plus de gens qui utilisent, il y a plus de risques parce que plus de gens [consomment].

Une citation de :Mathieu Fleury, conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier

Selon le conseiller municipal, les gouvernements tardent à s’ajuster à l’explosion de la consommation de drogues.

Tant et aussi longtemps qu’on ne sera pas capables de stabiliser les logements, pis tant et aussi longtemps qu’on ne mettra pas en place des mesures plus modernes, dont l’approvisionnement sûr, les communautés vont subir ces impacts-là, affirme M. Fleury.

Des surdoses en augmentation

Santé publique Ottawa [SPO] est responsable, si vous appelez le 311, il y aura quelqu’un dans la prochaine heure qui ramasse une aiguille souillée, conseille Mathieu Fleury.

Le conseiller municipal souligne aussi qu’il existe dans la capitale fédérale des chasseurs d’aiguilles qui parcourent les rues afin d’amasser les aiguilles souillées.

De son côté, SPO explique, par courriel, que depuis le début de la pandémie de COVID-19, des services communautaires et des sondages ont révélé que les habitants d’Ottawa éprouvaient une détérioration de la santé mentale et du bien-être émotionnel, de la solitude, de la connectivité communautaire plus faible et des risques élevés liés à la consommation de substances et aux [surdoses].

La santé publique indique avoir constaté, avec des partenaires, la même chose, soit une augmentation des surdoses dans la dernière année, en grande partie liée à la consommation déclarée de fentanyl illicite.

SPO recommande d’ailleurs aux consommateurs de drogue de le faire accompagné et avec de la naloxone à portée de main.

Des partenaires de la Ville travaillent aussi à l’élargissement des programmes d’approvisionnement sécuritaire.

Avec les informations d’Antoine Trépanier et Frédéric Pepin

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !