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Une étude pourrait aider la police d'Edmonton à mieux rechercher les restes humains

Shari Forbes lors d'une conférence de presse.

Shari Forbes dirige, au Québec, une installation connue officieusement sous le nom de « ferme des cadavres », où les scientifiques étudient la décomposition des corps humains.

Photo : Radio-Canada / Nathan Gross

Lounan Charpentier

Une médecin légiste et son équipe de recherche étudieront la façon dont des charognards traitent des carcasses de porc dans la région d'Edmonton. Le service de police local espère que les résultats se traduiront par une recherche plus efficace de restes humains.

Selon le sergent d'état-major Paul Shafer, de la police d'Edmonton, l’objectif de l'étude, réalisée par la médecin légiste et professeure à l'Université du Québec à Trois-Rivières Shari Forbes, est d'obtenir des données scientifiques sur la dispersion des restes humains par les animaux dans la région.

Il ajoute, dans un communiqué, qu'il espère que l'étude permettra notamment de retrouver des personnes décédées, de recueillir des preuves pour [les] enquêtes.

Mme Forbes dirige une installation au Québec, connue officieusement sous le nom de ferme des cadavres, où les scientifiques étudient la décomposition des corps humains.

La taphonomie médicolégale étudie tous les agents qui affectent les restes humains entre la mort et la découverte, indique Mme Forbes dans un communiqué. Nous étudions les processus physiques et chimiques de la mort, de la décomposition, et comment ces connaissances s'appliquent aux chiens détecteurs.

Elle explique que son équipe étudie les carcasses de porcs parce qu’elles ressemblent à celles des humains et se décomposent de la même façon.

Dennis Dalziel et un chien.

Dennis Dalziel, dresseur de chiens renifleurs à l’unité canine du service de police d’Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Nathan Gross

Selon Dennis Dalziel, dresseur de chiens renifleurs à l’unité canine du service de police d’Edmonton, le service effectue de 20 à 30 recherches de restes humains chaque année. Il affirme que les informations obtenues grâce aux recherches de Mme Forbes et son équipe seront inestimables pour l’ensemble du service de police.

Lieu secret

Shari Forbes et ses collègues placeront des carcasses de porc à deux endroits non divulgués de la région d'Edmonton. Elle a toutefois précisé qu'aucun n'était proche d'une activité urbaine.

L'un est situé dans les limites de la ville, et l'autre, dans une zone rurale. Elle souligne qu’à la demande du service de police d’Edmonton l'un des sites est proche de la vallée de la rivière.

Elle explique que les emplacements excentrés ont été choisis pour reproduire les zones où l'on trouve habituellement des restes humains. Nous n’avons [donc] pas à nous soucier que le public interfère avec l’expérience, ajoute-t-elle.

Des caméras à détection de mouvement enverront des mises à jour au téléphone de Mme Forbes et, à la fin de l'étude, des chiens policiers fouilleront les deux zones à la recherche de restes des carcasses.

La professeure indique qu'elle a mené des études similaires en Ontario et que les policiers de cette province ont déjà appliqué ce qu'ils ont appris à leur travail.

Elle souligne qu’un des apprentissages récents est que les restes sont dispersés plus largement qu’on ne le pensait auparavant. Les maîtres-chiens ont appris à rechercher des restes humains dans un rayon de 100 mètres, alors que les recherches montrent que les restes peuvent être déplacés à plus de 300 mètres.

Mme Forbes ajoute que ses recherches ont révélé que des animaux transportaient des restes dans des arbres et des tanières de coyotes. Ces études peuvent donner des indices aux policiers sur les endroits où des restes humains peuvent se retrouver.

Comme les charognards diffèrent d'une région à l'autre, les résultats obtenus dans une province n'aident pas nécessairement la police d'une autre province.

À Edmonton, Mme Forbes s'attend à observer un éventail d'animaux, notamment des vautours, des corbeaux, des pékans, des rongeurs, des coyotes, des cougars, des lynx et des ours noirs.

Elle affirme qu'elle prévoit recréer l'étude à différentes saisons et qu'elle communiquera immédiatement les résultats à la police.

À partir des informations de Madeleine Cummings

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