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Le Nord appelle à l'action après la sortie du rapport du GIEC

Des glaces qui fondent.

Selon le dernier rapport du GIEC, les glaces de l'océan Arctique pourraient pratiquement disparaître au moins une fois durant l’été d’ici l’an 2050.

Photo : Associated Press / David Goldman

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après la sortie du rapport alarmant du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), des acteurs du nord du Canada demandent des mesures concrètes alors que la zone est à l'avant-plan des effets du changement climatique.

Dans le nord du pays, les effets du réchauffement climatique s’observent depuis déjà plusieurs années, comme en témoigne Madeleine Redfern. En 2014, la motoneige de son frère est passée à travers la glace dans la baie de Frobisher, au Nunavut.

Il est passé à travers la glace à un endroit qui, normalement, est considéré comme solide, mais heureusement, il a pu être secouru par hélicoptère, sinon, nous l’aurions perdu, affirme l’ancienne mairesse d’Iqaluit et actuelle chef des opérations à CanArctic Inuit Networks.

Malheureusement, l’histoire de son frère n’a plus rien d’exceptionnel, puisque plusieurs chasseurs ont connu la même mésaventure. De plus, les routes de glace des régions nordiques durent moins longtemps et sont moins stables, ce qui ouvre la voie à plus d’accidents.

Mme Redfern ajoute que les conditions sont aussi plus difficiles à prévoir. Les gelées annuelles arrivent plus tard, et les débâcles, plus tôt.

Une femme avec des lunettes regarde directement vers la lentille, l'arrière est flou.

Le frère de l'ancienne mairesse d'Iqualuit Madeleine Redfern a traversé la glace en faisant de la motoneige en 2014. La zone de l'accident était pourtant connue comme un endroit ayant une glace solide.

Photo : Radio-Canada

Tout cela ne fait que montrer que les conséquences du réchauffement climatique se font déjà sentir.

Un rapport alarmant pour les régions arctiques

Dans son rapport, le GIEC affirme que les phénomènes extrêmes vont s’intensifier et que de nombreux changements touchant la calotte glaciaire et les niveaux de l’eau seront irréversibles pour les prochains siècles.

Les conclusions du rapport sont particulièrement alarmantes pour les régions polaires. Il est probable que le réchauffement de l’Arctique se produise à un rythme deux fois plus élevé que celui du reste de la planète, des inondations côtières plus graves et plus fréquentes étant quasiment inévitables.

Le plus alarmant, c'est peut-être que l'océan Arctique pourrait devenir pratiquement sans glace l’été au moins une fois au cours des 30 prochaines années.

Cet été a d’ailleurs donné un aperçu des coûts réels des forces environnementales actives pour les communautés du Nord.

Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest ont connu des records de chaleur et de graves inondations, pendant que les habitants du Nunavut ont observé la présence d’espèces sauvages, notamment des saumons, dans des territoires qui ne sont pas les leurs habituellement.

Des saumons de l'Atlantique dans un bac bleu.

Un saumon de l'Atlantique trouvé récemment dans l'Arctique.

Photo : Derwin Parr

Selon Madeleine Redfern, la fonte et l'affaissement du pergélisol ont eu des conséquences sur les bâtiments, les routes et les pistes d’aéroport du Nunavut. Si nous n’agissons pas maintenant et rapidement, cela va nous coûter bien plus, affirme-t-elle, s'inquiétant d’une perte éventuelle de vies humaines.

Mise en danger de la culture

La jeune activiste Eriel Lugt craint de son côté que, si rien n’est fait, le changement climatique ne ruine les activités culturelles.

En 2019, cette dernière faisait partie de sept adolescents de Tuktoyaktuk, aux Territoires du Nord-Ouest, à avoir réalisé un documentaire sur le sujet qui avait attiré l’attention des Nations unies.

Elle estime que, pour la communauté qui vit au bord de l’océan Arctique, le changement climatique est nettement perceptible. L’eau monte et grignote des bouts de notre territoire, cela fait aussi fondre le pergélisol sur lequel nous vivons.

Eriel Lugt pense donc qu’il est essentiel que les jeunes s'investissent dans la lutte contre le changement climatique, leur avenir étant en jeu.

La dépendance aux énergies fossiles

Asad Chishti dans la forêt.

Asad Chishti, engagé dans le domaine climatique à Whitehorse, affirme que les humains doivent repenser leur façon de vivre, notamment leur dépendance aux énergies fossiles.

Photo : Peter Siemens

Selon Asad Chishti, les conclusions du rapport des Nations unies n’ont rien de surprenant. Cet habitant de Whitehorse, engagé dans les actions climatiques et communautaires, croit qu'il faudra un remodelage important des économies mondiales et locales pour protéger la planète pour les générations futures.

Il faudra aussi que les habitants du Nord complètement de façon de vivre, notamment en ce qui concerne leur utilisation de pétrole et de gaz.

Il pense pourtant que les travailleurs de cette industrie ne sont pas à blâmer. Tous ceux d’entre nous qui ont des voitures et des maisons qui fonctionnent avec des générateurs diesel, ici, dans le Nord, pendant l’hiver, alimentent cette demande, qui pousse ensuite l’industrie à nous fournir.

Avec les rumeurs d’une campagne électorale fédérale cet automne, Asad Chishti veut lancer un message aux candidats : Si les changements climatiques ne font pas partie de vos priorités, ne vous lancez pas dans la course!

Ne voulant pas être pessimiste, il continue à garder espoir, mais précise : L’espoir n’est pas un plan.

Avec des informations de Sidney Cohen

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