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Campus Saint-Jean : Ottawa offre jusqu'à 95 % d'un financement additionnel

L'ACFA se réjouit de l'annonce, mais elle n'y voit qu'une solution à moyen terme.

Mélanie Joly prend la parole, debout, en Chambre.

La ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, veut forcer le gouvernement Kenney à investir dans le Campus Saint-Jean.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le ministère des Langues officielles offre à l’Alberta de payer la quasi-totalité d’un financement additionnel pour le Campus Saint-Jean (CSJ) de l'Université de l'Alberta pour les deux prochaines années. Il veut ainsi pousser le gouvernement de Jason Kenney à investir dans l’établissement franco-albertain mis à mal par des compressions budgétaires importantes depuis 2019.

Les fonds fédéraux en matière de langues officielles sont habituellement assortis d’une clause de partage de fonds : l’argent n’est accessible que si le gouvernement provincial investit le même montant que le fédéral.

Or, le gouvernement de Jason Kenney n’a pas utilisé les fonds fédéraux précédemment disponibles, notamment pour rénover les infrastructures vieillissantes du Campus Saint-Jean.

Pour le pousser à le faire à l’avenir, la ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, annoncera mercredi matin que son gouvernement offrira de payer 95 % du financement additionnel la première année, 75 % la deuxième et revenir au ratio traditionnel de 50 % la troisième année.

L’argent viendra de l’enveloppe de 121,3 millions de dollars pour les établissements postsecondaires de langue minoritaire, annoncée lors du budget fédéral ce printemps. Mélanie Joly affirme qu'il n'y a pas de plafond de financement préétabli pour le Campus Saint-Jean.

On sait que la province a été très affectée par la gestion de la pandémie et que ça a mis à mal ses finances. Dans les circonstances, on est prêts à être volontaires, à démontrer notre détermination pour aider nos institutions postsecondaires de langue minoritaire, affirme Mélanie Joly en entrevue.

À ce stade, il n'y a plus aucune excuse pour le gouvernement de l’Alberta de ne pas prendre l'argent du gouvernement fédéral qui est sur la table.

Une citation de :Mélanie Joly, ministre du Développement économique et des Langues officielles du Canada

Une bonne solution intérimaire

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) réclamait justement une solution financière qui permette de contourner l’inaction du gouvernement provincial. Sa présidente provinciale, Sheila Risbud, se réjouit de l'annonce et remercie la ministre Joly, mais demeure prudente.

C'est vraiment de l'argent intérimaire avant de trouver une solution à plus long terme, explique Sheila Risbud.

Si on parle de façon intérimaire, ça représente peut-être 15 millions de dollars pour les trois prochaines années. C'est vraiment juste pour stabiliser la situation du Campus Saint-Jean, mais ça ne règle pas le problème du sous-financement à long terme.

L’ACFA poursuit d’ailleurs le gouvernement albertain et l’Université de l’Alberta, alléguant qu'ils ont sous-financé chroniquement le Campus Saint-Jean. L'établissement a d'ailleurs dû couper 77 de ses 410 cours l’an dernier, faute d’argent et malgré une popularité grandissante.

Ce n’est pas normal que l'ACFA doive se battre en cour pour faire respecter ses droits linguistiques. C’est une situation que je déplore, mais je suis en mode solution, ajoute Mélanie Joly, qui rappelle avoir déposé un projet de loi sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles en juin.

Je pense que si [le gouvernement albertain] est de bonne foi, il va accepter notre offre, ajoute-t-elle.

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