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Légionellose et tours de refroidissement : « Il faut vraiment un registre provincial »

On voit un homme de dos travailler sur une plateforme où est installée une tour de refroidissement.

Des intervenants du monde municipal demandent la mise sur pied d'un registre provincial des tours de refroidissement (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Pascal Raiche-Nogue

La décision du gouvernement du Nouveau-Brunswick de confier aux villes et aux villages la création de registres des tours de refroidissement sème la confusion dans le monde municipal. Des voix s’élèvent une fois de plus pour demander à Fredericton de créer un registre provincial.

En 2019, dans la foulée d’une éclosion de légionellose à Moncton – qui avait touché 16 personnes et dont la source était une tour de refroidissement – la mairesse Dawn Arnold avait demandé la mise sur pied d’un registre provincial de ces dispositifs.

Sa demande est une fois de plus d'actualité, alors que sa communauté est touchée par une nouvelle éclosion de cette maladie respiratoire causée par une bactérie. Six cas ont été recensés jusqu'à maintenant. La source la plus probable est une tour de refroidissement, selon la santé publique.

Au lieu de créer un registre pour l’ensemble du territoire, Fredericton a plutôt demandé aux municipalités de tenir leur propre registre.

Un modèle a été développé et partagé aux communautés de la province, rapporte le porte-parole du ministère de la Santé, Bruce Macfarlane, par courriel.

Les registres municipaux seront partagés avec (la) Santé publique en cas d'éclosion ou annuellement pour faciliter la distribution aux propriétaires de bâtiments de matériel éducatif sur l'entretien des tours de refroidissement, affirme-t-il.

Un système incomplet

Le porte-parole de la Ville de Moncton, Austin Henderson, confirme que le gouvernement provincial a bel et bien demandé un coup de main à la municipalité plus tôt cette année afin de récolter des données sur les tours.

Il précise cependant que le gouvernement a seulement demandé à la Ville de recenser les nouvelles constructions qui possèdent une tour de refroidissement.

Le 22 février 2021, le gouvernement provincial nous a envoyé une note de service nous demandant notre appui pour recenser les nouvelles constructions qui possèdent une tour de refroidissement par l’entremise du processus de demande de permis de construction. Nous avons dès lors commencé à faire le suivi, affirme-t-il par courriel.

Austin Henderson rapporte que deux permis de construction comprenant une tour ont été délivrés depuis février, dont un pour l’hôtel de ville.

Il affirme que la Ville de Moncton va continuer à recenser les nouvelles constructions et qu’elle partagera ses données avec le gouvernement en cas d’éclosion de légionellose. Mais il invite Fredericton à aller plus loin et à mettre sur pied un registre provincial.

Nous sommes d’avis que pour assurer une certaine uniformité, les tours de refroidissement existantes devraient faire l’objet d’un suivi par le biais d’un registre normalisé et réglementé par la province, puisque les problèmes qui découlent actuellement de ces tours sont des questions de santé publique et de qualité de l’air, dit-il.

Il semble que certaines municipalités de la province n’ont pas été contactées directement par le gouvernement à ce sujet au cours des derniers mois.

C'est du moins le cas de la Ville de Bathurst, selon son porte-parole Luc Foulem.

La Ville de Bathurst n’a pas reçu, en date d’aujourd’hui, de requête du gouvernement provincial concernant la tenue de registre de tours de refroidissement ou établissements équipés de tours de refroidissement, dit-il par courriel.

Il note qu’il est possible que des associations du monde municipal aient été contactées et que l’information ne s’est pas encore rendue jusqu’à la Ville de Bathurst.

Cela dit, il est prématuré de commenter notre position ou approche concernant ce sujet avant d’avoir formellement reçu de telles requêtes et d’avoir pris connaissance des détails, ajoute Luc Foulem.

L’histoire est semblable du côté de la Ville de Dieppe. Sa porte-parole, Julie Albert, nous a répondu qu’il semble que la Municipalité n’a pas encore reçu de demandes de la province. Elle a ajouté qu’il est trop tôt pour faire des commentaires à ce sujet.

Ce n'est pas aux municipalités d’intervenir

Le directeur général de l’Association francophone des municipalités, Pascal Reboul, est du même avis que le porte-parole de la Ville de Moncton.

Il faut vraiment aller plus loin et pas juste réagir à une éclosion, mais travailler à prévenir aussi ces éclosions. Donc ça passe par un registre provincial et puis des mesures qui vont aller avec par rapport à l’entretien, par rapport aux vérifications, dit-il en entrevue.

Selon lui, le gouvernement provincial est encore en train de pelleter un peu dans la cour des municipalités, sans forcément les consulter. D’autant plus que la santé publique et la gestion des éclosions sont de juridiction provinciale.

Ce n’est pas aux municipalités d’intervenir. Elles peuvent être des partenaires, évidemment. Mais il y a besoin d’avoir du leadership un peu plus haut – au niveau provincial dans ce cas-là – pour mener des actions qui vont prévenir ces problèmes et organiser un peu le tout, affirme Pascal Reboul.

Pas d'explication du gouvernement provincial

Radio-Canada Acadie a demandé une entrevue avec le ministre des Gouvernements locaux, Daniel Allain, mardi matin. Sa porte-parole nous a renvoyés au ministère de la Santé.

Nous avons également demandé une entrevue avec la ministre de la Santé, Dorothy Shephard.

Son porte-parole, Bruce Macfarlane, nous a répondu qu'un brouillon du rapport de la santé publique sur l'éclosion de 2019 a été remis mardi à la ministre. Ce rapport, qui comprend des recommandations, n'a pas encore été publié.

Il rapporte que la ministre Shephard va prendre connaissance du document et qu'elle pourra commenter le dossier sous peu.

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