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Des voyageurs exemptés de quarantaine reçoivent des appels leur demandant de la faire

Un voyageur, de dos, transportant deux valises.

Les citoyens canadiens et les résidents permanents entièrement vaccinés depuis au moins 14 jours n'ont pas à se placer en quarantaine de retour de l'étranger.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

CBC News

Plusieurs voyageurs de retour de l’étranger ont témoigné avoir reçu des dizaines d’appels téléphoniques et de courriels de la part du gouvernement du Canada leur intimant de respecter une quarantaine, alors que les Canadiens et les résidents permanents entièrement vaccinés n’ont plus à le faire depuis plus d’un mois.

Les voyageurs disent avoir respecté les conditions pour un retour sans isolement : ils étaient immunisés plus de deux semaines avant leur voyage, ont reçu un résultat négatif de dépistage de la COVID-19 et téléchargé leur preuve de vaccination sur ArriveCan, une application mobile développée par le gouvernement canadien.

Seuls les citoyens canadiens, les résidents permanents et les ressortissants étrangers admissibles qui ont reçu leur dernière dose d'un vaccin approuvé par Santé Canada (Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca-Oxford ou Johnson & Johnson) depuis au moins deux semaines sont exemptés de quarantaine.

Janice Sills, qui vit à Woodstock, en Ontario, indique que les appels du gouvernement ont commencé après qu'on lui a refusé l'entrée au poste frontalier entre Détroit et Windsor le 6 juillet.

Elle et son mari Henry, qui est citoyen américain et résident permanent canadien, voulaient voir leur famille aux États-Unis. Les autorités frontalières ont déclaré que son mari pouvait passer puisqu'il était Américain, mais qu'elle devait rester au Canada, car son trajet était considéré comme un voyage non essentiel.

Ils ont été escortés du côté canadien et tenus de faire un test de dépistage de la COVID-19 administré par une entreprise appelée Switch Health, qui est engagée par le gouvernement fédéral pour gérer les tests des personnes qui entrent au Canada.

L’employé qui leur a administré l’écouvillon nasal leur a dit qu'ils n'auraient pas besoin de la trousse d’autodépistage que les gens doivent utiliser lors de leur huitième jour de quarantaine.

Le lendemain, le couple a appris que leurs tests étaient négatifs. Pourtant, Mme Sills assure avoir reçu quotidiennement entre trois et six appels du gouvernement canadien depuis.

« Nous pensions que nous faisions tout correctement. »

— Une citation de  Janice Sills

D’après elle, Switch Health lui a dit qu'il s'agissait d'appels automatisés et qu'elle n'avait pas à y prêter attention.

Mais elle a été stupéfaite de voir un agent de la Police provinciale de l'Ontario frapper à sa porte le lendemain pour vérifier la raison pour laquelle elle n'avait pas répondu aux appels et si elle et son mari s'isolaient. La demande de la police provenait également d'un appel automatisé, selon Mme Sills.

J'ai paniqué parce qu'il y a une énorme amende si vous ne faites pas attention, a-t-elle déclaré à CBC News.

La violation de la Loi sur la quarantaine est une infraction fédérale et peut entraîner jusqu'à six mois de prison, jusqu'à 750 000 $ d'amende ou les deux.

Santé Canada évoque une prochaine mise à jour pour régler le problème

Les voyageurs entièrement vaccinés peuvent recevoir des messages automatisés d'ArriveCAN après leur entrée au Canada. S'ils sont jugés entièrement vaccinés par un représentant du gouvernement du Canada, ils peuvent ignorer ces notifications, a écrit Anne Génier, conseillère en relations avec les médias à Santé Canada et à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) dans un courriel au réseau CBC.

Ils ne sont pas tenus de remplir de déclaration après leur entrée au Canada.

Mme Génier a déclaré que l'Agence des services frontaliers du Canada et l'ASPC s'efforcent de régler le problème.

ArriveCAN sera mis à jour au début de cette semaine pour inclure un correctif selon lequel les voyageurs vaccinés dans une soumission de groupe ne seront pas invités à remplir une déclaration après leur passage à la frontière; les voyageurs non vaccinés continueront leur déclaration pendant la durée de leur période de quarantaine, comme requis, a-t-elle ajouté.

Switch Health a déclaré ne pas être en mesure de commenter les notifications de quarantaine ou d'ArriveCAN.

Du harcèlement, selon un autre voyageur

Herman Stewart, arrivé à Toronto en provenance de la Jamaïque le 2 août, s'inquiète d'une éventuelle visite policière.

Chaque fois que la sonnette sonne, je vais me demander si quelqu'un vient m'arrêter, a-t-il déclaré.

À son arrivée, il a montré aux responsables de l'aéroport sa preuve de vaccination sur l'application ArriveCAN. On lui a dit qu'il n'aurait pas besoin de se mettre en quarantaine ou de se soumettre à un test dépistage le huitième jour.

Le lendemain, il a commencé à recevoir des courriels indiquant qu'il était en quarantaine de 14 jours et qu'il devait soumettre des rapports de symptômes quotidiens.

Il a essayé d'appeler le numéro inclus au bas du message, mais a été envoyé sur une messagerie vocale indiquant que les gens devaient ignorer les courriels leur demandant de se mettre en quarantaine s'ils pouvaient bénéficier d'une exemption.

Pourtant, un autre courriel reçu lundi matin lui demandait de passer un test dépistage de la COVID-19.

M. Stewart dit qu'il se sent stressé par la situation, qu'il considère comme du harcèlement.

Je rentre avec toutes les preuves que je suis vacciné et que je suis négatif, et ils me dérangent toujours, a-t-il déclaré.

Je ne sais pas jusqu’où ça va aller.

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