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La réouverture complète de l'Hôpital de Gatineau pas envisageable pour le moment

Un édifice vu de l'extérieur, avec indiqué "Urgence".

L'urgence de l'Hôpital de Gatineau fonctionne au ralenti depuis la fin juin. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Eloic Hamel

La réouverture complète de l’urgence de Gatineau n’est pas envisageable actuellement en raison d’un besoin criant de main-d’œuvre, selon le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) et le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais.

Depuis le 18 juillet, l’urgence de l’Hôpital de Gatineau est, entre 8 h et 18 h, accessible à toute personne qui nécessite des soins d’urgence. Mais de 18 h à 8 h, l’urgence est fermée sauf pour les femmes enceintes, les jeunes de 0 à 17 ans et les personnes ayant des problèmes de santé mentale nécessitant des soins immédiats.

Au cours des derniers jours, des ambulances ont dû être détournées de l’Hôpital de Gatineau vers celles d’autres centres hospitaliers de l’Outaouais.

Une pénurie dangereuse, selon le syndicat

La présidente par intérim du SPSO, Karine D'Auteuil, soutient qu’il y a un manque d’expertise qui contribue à rendre la situation très précaire dans le système de santé publique de la région.

La femme accorde une entrevue à Radio-Canada, devant l'Hôpital de Gatineau.

La présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, Karine D'Auteuil, presse le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé, « de donner les outils » pour que l'Outaouais sorte de cette « pénurie dangereuse ». (Archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Les unités de soins travaillent en moins, à tous les jours, sur tous les quarts de travail, donc elles ne peuvent pas absorber plus de patients, autant à Hull qu'à Gatineau ou en périphérie, [comme] en CHSLD, explique-t-elle.

C'est une pénurie dangereuse qui sévit en Outaouais.

Une citation de :Karine D'Auteuil, présidente par intérim du SPSO

Elle estime que la réouverture complète de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau n’est pas envisageable pour le moment, justement en raison du manque de personnel.

Il faut travailler sur un plan. [...] Déjà que l'équipe de Hull et de Papineau en subissent les dommages collatéraux, il ne faut pas attendre que Hull et Papineau soient rendus au même point que Gatineau, ajoute-t-elle.

Une douzaine d’infirmières nécessaires

À l’heure actuelle, l’urgence de l’Hôpital de Gatineau aurait besoin de 12 infirmières ou infirmiers, dont 6 avec une expertise en salle d’urgence afin de rouvrir complètement, selon Serge Gauvreau, directeur adjoint à la direction des soins infirmiers au CISSS de l’Outaouais, en entrevue à Radio-Canada.

Une affiche de l'urgence de l'Hôpital de Hull.

Du 25 au 30 juin 2021, les patients étaient redirigés vers l'urgence de l'Hôpital de Hull en raison du bris de service à l'urgence de l'Hôpital de Gatineau. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Félix Desroches

Pour pallier ce manque d’infirmières, le CISSS de l’Outaouais dit effectuer des activités de recrutement, mais tente aussi d’équilibrer ses ressources pour s’assurer de maintenir nos services, explique M. Gauvreau.

C'est un travail qui se fait à tous les jours, où on demande à du personnel de se déplacer d'une unité à l'autre pour rééquilibrer, réorganiser le travail, dit-il, en ajoutant que le CISSS de l'Outaouais procède à une gestion régionale pour équilibrer les besoins de la population et offrir des soins sécuritaires.

C'est pour ça que, oui, vous allez entendre qu'il y a des détournements d'ambulances, mais aussi entendre qu'il y a des usagers qui sont dans une salle d'urgence, qui attendent pour une admission, pour lesquels on va demander de les admettre dans un autre hôpital.

Une citation de :Serge Gauvreau, directeur adjoint à la direction des soins infirmiers au CISSS de l’Outaouais

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, convient qu’il y a une pénurie de personnel dans le milieu de la santé de la région. L'enjeu de main-d'œuvre [...] perdure en Outaouais depuis bien longtemps. Il perdure depuis bien avant notre arrivée, mais actuellement, on le vit partout au Québec, indique M. Lacombe.

La population ne manquera pas de services, assurent le SPSO et le ministre Lacombe

Interrogé par ICI Ottawa-Gatineau, mardi matin, près de l’Hôpital de Gatineau, Michel Corneau affirme que, même s’il est en bonne santé, il pourrait devoir aller à l’hôpital en tant que septuagénaire, chose qui lui fait extrêmement peur compte tenu de la situation actuelle.

Le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, assure que les personnes nécessitant des soins médicaux d’urgence en recevront, même si ce n’est pas à l’Hôpital de Gatineau.

Mathieu Lacombe parle dans un micro.

Le ministre québécois de la Famille et responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe (Archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Si la vie des gens est en danger et qu'ils ont besoin de soins médicaux d'urgence, ils font ce qu'ils ont toujours fait : ils composent le 911. Ils vont recevoir de l'assistance. Ils vont recevoir des soins, explique-t-il. Il ne faut pas non plus donner l'impression qu'on est laissés à nous-mêmes pendant la nuit et qu'il n'y a pas de soins.

Lors de l’heure de fermeture actuelle de l’urgence de Gatineau, à 18 h, les patients qui sont sur une civière, qui sont admis, ou en attente d’une consultation, sont gardés à l’urgence, assure Karine D'Auteuil du SPSO.

Celle-ci ajoute qu’il y a toutefois un sentiment de précarité à savoir : "Est-ce que cela va déborder pendant le jour? Et le soir, on est en sous-effectifs?".

Les primes, une piste de solution?

La présidente par intérim du SPSO souligne que le système de santé de l’Outaouais, ça fait plusieurs années qu’il est en sous-financement. Cela, non plus, ne vient pas aider. Karine D'Auteuil ajoute que la région a le statut particulier. Il faut le réviser et l’utiliser à bon escient.

Elle soutient également que l’offre de primes au personnel infirmier de l’Outaouais, promises par Mathieu Lacombe aux infirmières en Outaouais d’ici les prochaines élections au Québec, pourrait contribuer à améliorer la situation actuelle des infirmières.

J’ose espérer qu’il n’attendra pas un an et demi, parce que les dommages collatéraux ne font que se multiplier présentement. Et dans un an et demi, il sera trop tard pour instaurer une prime.

Une citation de :Karine D'Auteuil, présidente par intérim du SPSO

Questionné à ce sujet mardi avant-midi, en conférence de presse, M. Lacombe affirme que l’ajout de prime constitue une partie de la solution quant à la rétention du personnel qui pourrait être tenté d’aller travailler de l’autre côté de la rivière, à Ottawa.

Ça va nous aider avec l’un des facteurs qui causent la pénurie de main-d'œuvre, explique-t-il. Toutefois, Mathieu Lacombe met un bémol : Il va rester tout le reste du défi qui est le même partout au Québec, c’est-à-dire d’attirer davantage de gens dans le réseau de la santé.

Je ne veux pas minimiser leur importance, mais les primes, il faut prendre conscience de cela, ça ne réglera pas tout. Ça va régler une petite partie du problème, qui est parfois la tentation du personnel de traverser de l'autre côté.

Une citation de :Mathieu Lacombe, ministre responsable de l'Outaouais

Mais je vous soumets que, quand on regarde les chiffres, du nombre qui a effectivement traversé la rivière, du nombre d'infirmières, il n’est pas astronomique non plus, poursuit-il du même souffle.

Avec les informations de Jérémie Bergeron et de Nathalie Tremblay

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