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Un soutien indéfectible donné aux familles d’enfants disparus

Une photo de l'adolescente portée disparue collée sur la porte d'une station-service.

Les recherches pour retrouver Madison Roy-Boudreau se concentrent ces jours-ci dans la région de Middle River, au sud de Bathurst.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Maya Chebl

Tous les jours, des annonces d’enfants disparus sont publiées en ligne. En moyenne, 63 % de ces annonces sont supprimées dans les 24 heures suivant leur diffusion, alors que cette proportion atteint 92 % au bout d’une semaine. Toutefois, pour une famille dont l’enfant manque toujours à l’appel, le fardeau est lourd à porter.

C’est pourquoi des organismes autofinancés et sans but lucratif au Canada se sont donné pour mission de venir en aide à ces personnes. Ils les accompagnent, les soutiennent dans ces moments de grande détresse et veillent à garder la recherche en vie dans l’espoir de retrouver l’enfant au plus vite.

Au Nouveau-Brunswick, Madison Roy-Boudreau n'a pas été vue depuis le 11 mai. Les services policiers de Bathurst, appuyés par une équipe de récupération sous-marine de la Gendarmerie royale canadienne, ont repris les recherches dans la région de Middle River lundi. Les recherches se poursuivaient mardi.

Les recherches se concentrent dans cette rivière à Middle River, au sud de Bathurst.

Les recherches se concentrent dans cette rivière à Middle River, au sud de Bathurst, lundi.

Photo : Radio-Canada

Malgré l’absence de subventions provinciales ou fédérales, le Réseau Enfants-Retour et le Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE) offrent tous les deux des services aux enfants et aux familles depuis 1985. Le premier est basé au Québec alors que le second est un organisme national.

Au Nouveau-Brunswick, il n’existe aucune association équivalente.

Le Réseau Enfants-Retour offre d'ailleurs ses services à la famille de Madison Roy-Boudreau.

Une aide taillée sur mesure…

La nature de l’aide est diversifiée et il existe autant de plans d’intervention qu’il y a de cas de disparition d’enfants, relate René Morin, porte-parole francophone du CCPE. Les services – qui sont proposés gratuitement aux familles – peuvent aller de la réalisation de programmes de prévention, à la collaboration avec les corps policiers pour retrouver la trace d’un enfant ou d’un adolescent disparu.

L’accompagnement implique aussi de s’assurer que la famille n’est pas isolée, qu’il y a de l’aide dans leur entourage. Ça les aide à garder espoir et à rester fonctionnels, explique Pina Arcamone, directrice générale du Réseau Enfants-Retour.

Un portrait photo de Pina Arcamone.

Réseau Enfants-Retour est un organisme basé au Québec mais peut venir en aide aux familles francophones qui résident ailleurs au Canada.

Photo : JOHN ZIMMERMAN

… qui traverse l’épreuve du temps

Caroline Lachance est la mère de David Fortin. Son fils a été vu pour la dernière fois le 10 février 2009 à Alma, dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean, alors qu’il était âgé de 14 ans. Il est sorti de la résidence familiale pour se rendre à l’école mais, le soir venu, n’est jamais rentré à la maison.

Caroline Lachance tient un cadre avec la photo de son fils à l'âge adolescent.

Caroline Lachance a toujours espoir de retrouver son fils, David Fortin, porté disparu depuis le 10 février 2009.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Caroline Lachance

Douze ans après la disparition de son fils, Caroline Lachance conserve encore un contact étroit avec l’organisme québécois. Quand David a été porté disparu, on a fait appel au Réseau Enfants-Retour pour aider dans les recherches en tout premier lieu, et avoir un accompagnement également tous les jours, plusieurs fois, même, par jour, renseigne Caroline Lachance. Et avec les années, le Réseau est toujours présent.

En outre, elle a obtenu de l’aide du CCPE par l’intermédiaire du Réseau Enfants-Retour qui collabore avec ses intervenants. Ces deux organisations travaillent également main dans la main avec les services policiers, notamment pour éviter que les efforts ne soient dédoublés.

Une photo de René Morin.

Le Centre canadien de la protection de l'enfance est un organisme de bienfaisance qui soutient les familles et les enfants depuis 1985.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de René Morin

Vous savez, les familles qui déplorent la perte d’un enfant après un certain temps se sentent un peu abandonnées par le système.

Une citation de :René Morin, porte-parole francophone du CCPE

Avec le temps, les efforts voués à la recherche de l'enfant viseront surtout à raviver la mémoire de l'enfant, en ayant par exemple recours à des campagnes d'affichage ou de communication. On va souvent, avec les familles qui le veulent bien, développer un plan de communication pour faire en sorte que la disparition de leur enfant reste un sujet d’actualité, indique René Morin.

À la recherche d’un financement durable

L’année dernière, le Réseau Enfants-Retour s’est entretenu avec le ministère de la Sécurité publique au Québec pour obtenir un financement durable. Une solution qui leur permettrait de se concentrer sur leur vocation première : offrir plus de services aux familles et aux jeunes.

Pina Arcamone espère obtenir un retour positif cet automne.

De son côté, le gouvernement fédéral offre un programme, l’Allocation canadienne aux parents de jeunes victimes de crimes, qui reste toutefois largement méconnu. C’est aussi ce que soutient René Morin, selon les informations qui lui ont été transmises. Ce programme est largement sous-utilisé par les familles à qui il s’adresse.

Un message aux familles et aux enfants

Caroline Lachance avait un message d'espoir à transmettre à la famille de Madison Roy-Boudreau et aux familles qui vivent une situation similaire à la sienne. Il ne faut pas se décourager. Il faut essayer de trouver des solutions pour entrer en contact avec son enfant, par les réseaux sociaux, les journalistes, croit-elle.

Mais elle voulait également s'adresser à tous les enfants disparus. À la maison, il y a une famille qui les attend. Ce n'est pas de savoir ce qui s'est passé qui est important, c'est de retourner à la maison, parce que c'est à la maison qu'on est le plus aimé.

La police de Bathurst demande à toute personne qui aurait des renseignements au sujet de la disparition de Madison Roy-Boudreau de communiquer avec elle au 506 548-0420 (option #2). Les gens peuvent aussi communiquer avec le service anonyme Échec au crime au 1 800 222-8477.

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