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La pharmaceutique Moderna ouvrira des installations au Canada

Deux hommes se serrent les coudes.

Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne (à gauche), en compagnie du PDG de Moderna, Stéphane Bancel, lors de la conférence de presse. Moderna a développé l'un des principaux vaccins employés contre la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

L’entreprise pharmaceutique américaine Moderna s'installera au Canada pour fabriquer des vaccins à ARN messager (ARNm), comme celui contre la COVID-19. Et Montréal fait partie des villes candidates pour accueillir un centre de recherche et une usine.

Une entente de principe a été conclue entre l'entreprise et le gouvernement fédéral. Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, en a fait l'annonce mardi matin, lors d'une conférence de presse tenue au Palais des congrès de Montréal.

Le projet consiste à bâtir un centre d’excellence pour les vaccins à ARNm, comprenant une usine de production et un centre de recherche et développement. Il s’agira de la première usine de Moderna en activité à l'extérieur des États-Unis.

La société a développé l'un des vaccins à ARN messager contre la COVID-19, notamment reconnu par Santé Canada et le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) – l'autre étant celui mis au point par Pfizer-BioNTech.

Le ministre a dit considérer cette nouvelle comme une avancée majeure pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens.

Le Canada va devenir un centre d’excellence pour la technologie de l’ARN et les médicaments de la prochaine génération. […] Cette nouvelle technologie ouvre des portes, je pense, incroyables pour trouver des solutions et même des remèdes à différentes maladies.

Une citation de :François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie

Ouverture en 2024

Selon l’entente, la construction des installations sera terminée en 2024; les travaux devront donc commencer rapidement. Il s’agit d’un investissement de plusieurs centaines de millions de dollars de la part de l’entreprise. La compagnie rendra publique sa décision quant à l’emplacement de ses installations plus tard.

La ville de Montréal est pressentie pour accueillir ces installations. Au cabinet du ministre Champagne, on indique que le Québec – et à plus forte raison Montréal – part avec une longueur d'avance, car il se démarque déjà dans le domaine. Bon nombre de pharmaceutiques possèdent des bureaux dans la métropole.

Le PDG de Moderna, Stéphane Bancel, refuse pour le moment de nommer des villes ou des provinces qui pourraient accueillir les futures installations.

Notre objectif, c’est de trouver le meilleur endroit pour construire un site pérenne pour la durée. Il faut comprendre que ce sont des décisions qui ne sont pas pour six mois ou un ou deux ans, mais c’est une décision pour 20, 30, 40 ans. C’est vraiment important qu’on le fasse dans un endroit où on a le bon niveau de talents, qui vont devenir des employés de Moderna, a-t-il dit.

Invité à réagir aux débats qui entourent la vaccination, lors de l'émission Le 15-18, M. Bancel a souligné qu'une 3e dose du vaccin Moderna augmentait de 42 fois le niveau d'anticorps neutralisants et qu'une 4e dose serait prête cet hiver pour faire face au variant Delta.

Rappelons que l'Organisation mondiale de la santé demande aux pays industrialisés de ne pas donner de 3e dose, afin que les pays moins développés puissent augmenter leur niveau de vaccination.

C'est une chose que l'OMS et les gouvernements doivent décider entre eux.

Une citation de :Stéphane Bancel, PDG de Moderna

Il a en outre indiqué que les données des tests pour les vaccins des enfants âgés de 6 à 11 ans sont attendues pour cet automne, et que celles concernant les enfants de 6 mois à 5 ans le seront en début d'année.

Deux hommes en complet marchent l'un derrière l'autre.

Le ministre Champagne a expliqué que Moderna cherchait un « écosystème » pour s'installer à long terme au Canada.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

L'approvisionnement canadien privilégié

Plus tôt aujourd'hui, M. Champagne a souligné que la pharmaceutique s’est engagée à ce que la phase de remplissage soit faite au pays, afin de maximiser les activités ici.

En plus de cela, Moderna s’est engagée avec le gouvernement du Canada à privilégier la chaîne d’approvisionnement au Canada. […] Un vaccin contient plusieurs éléments qui viennent souvent de plusieurs fournisseurs dans plusieurs pays. On a demandé à Moderna de voir avec nos équipes comment faire un achat maximal chez nous pour assurer une plus grande résilience, a-t-il détaillé.

De son côté, le gouvernement fédéral s’est engagé à acheter une certaine quantité de vaccins fabriqués par la pharmaceutique à son usine de production. L'entreprise travaille en ce moment à développer une vingtaine de vaccins, dont un contre le virus Zika et un contre le VIH/sida, en plus d'autres produits de type ARNm pour traiter les cancers, la grippe, les maladies cardiaques et les maladies auto-immunes.

La capacité de production s'élèvera à 30 millions de doses par année au départ, avec des quarts de travail en semaine seulement (lundi-vendredi). Il sera possible d’accroître le volume au besoin avec l’ajout de quarts le soir et la fin de semaine.

Au chapitre de l’emploi, le PDG a dévoilé que l’usine démarrera avec de 200 à 300 nouveaux employés. La société prévoit en amorcer le recrutement bientôt, car la période de formation est plutôt longue.

Stéphane Bancel estime que l'entente conclue avec le gouvernement canadien servira de modèle au monde entier.

Pour nous, la révolution n’est que le début. Cette nouvelle technologie a déjà changé des millions de vies. Je crois qu’au cours des prochaines 10 à 20 ans, cette technologie changera des milliers de millions de vies, a affirmé le PDG de Moderna.

Pour sa part, la directrice générale de Moderna au Canada, Patricia Gauthier, a parlé d’un véritable partenariat avec le fédéral, assurant que ce n’est que le début de Moderna au Canada. Ce projet va aussi offrir la capacité de répondre à des pandémies futures ici même au Canada, a-t-elle ajouté.

Trois personnes regardent une infirmière interagir avec un patient.

La capacité de production de l'usine devrait s'élever à 30 millions de doses par année au départ.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Rebâtir le secteur de la biofabrication

Le Canada est quatre fois plus dépendant de l’étranger aujourd’hui qu’il y a 40 ans pour ses produits pharmaceutiques comme pour les vaccins.

Pour y remédier, le gouvernement Trudeau a présenté sa Stratégie en matière de biofabrication et de sciences de la vie le 28 juillet dernier, afin de rebâtir l’industrie nationale.

Dans son budget déposé en avril, le fédéral annonçait ainsi son intention d’investir plus de 2 milliards de dollars sur cinq ans pour rétablir l’industrie de la biofabrication et renforcer sa capacité à faire face à d’autres pandémies.

François-Philippe Champagne a aussi procédé, le 22 juin dernier, à l’inauguration du tout premier laboratoire canadien qui fabriquera des vaccins contre la COVID-19, à savoir le Conseil national de recherches du Canada situé à Montréal. La pharmaceutique Novavax y produira son vaccin anti-COVID-19 en 2022.

Ottawa a également investi des centaines de millions de dollars dans d’autres projets de production de vaccins au Canada, comme celui de Medicago à Québec, de Precision NanoSystems à Vancouver et de VIDO-InterVac en Saskatchewan. Mais la plupart d’entre eux ne seront pas opérationnels avant encore deux ans.

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