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Planter des arbres est nécessaire, mais pas suffisant selon des experts

Une employée de Parc Canada plante un arbre dans le parc national de Fundy.

Six employés de Parc Canada s’impliquent activement dans la plantation d’arbres et la restauration d’anciennes routes au parc national de Fundy.

Photo : Radio-Canada / Rébecca Corrales-Soucy

Rébecca Corrales-Soucy

Des employés de Parcs Canada ont planté cet été 2500 arbres dans le parc national Fundy, au Nouveau-Brunswick, afin de lutter contre les changements climatiques. Cette initiative devrait permettre de réduire les gaz à effet de serre tout en restaurant des forêts. Selon des experts, il s’agit d’une initiative nécessaire, mais insuffisante à elle seule.

Le 3 août dernier, la députée libérale de Moncton-Riverview-Dieppe, Ginette Petitpas Taylor, s'est rendue au parc national Fundy.

Le parc national Fundy avec un demi boisé planté : aperçu d'avant et d'après la plantation.

Voici un aperçu des résultats avant et après la plantation, l'arrière ayant été reboisé il y a deux ans.

Photo : Radio-Canada / Rébecca Corrales-Soucy

Parc Canada plantera 150 000 cette année dans ses parcs nationaux.

Le chef libéral Justin Trudeau s'était engagé en 2019 à ce que 2 milliards d'arbres soient plantés en 10 ans au Canada. Le nombre exact d'arbres plantés depuis est inconnu, mais des estimations évaluent à 800 000 le nombre de conifères et de feuillus mis en terre pendant cette période.

Une première étape nécessaire

Selon le biologiste Nicolas Lecomte, la plantation d'arbres est une étape nécessaire.

Il explique que les arbres plantés deviendront des reproducteurs potentiels, qui pourront fournir des graines. Cela va créer un habitat naturel pour les espèces dépendantes des forêts, comme des espèces d’oiseaux menacées. Les arbres, à leur tour, pourront bénéficier de la présence de ces animaux, qui répandent les graines.

« Ce n’est pas forcément, d’ici à la fin du plan, que ces nouveaux arbres-là vont avoir atteint leur plein potentiel pour absorber les excès de CO2, mais cela fait partie du processus. »

— Une citation de  Nicolas Lecomte, professeur au département de biologie à l’Université de Moncton
Un homme debout devant une forêt à l'automne.

D'après Nicolas Lecomte, l'objectif du gouvernement est plutôt ambitieux (archives).

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe LeBlanc

Selon un porte-parole de Greenpeace, Olivier Kolmel, cette solution n’est toutefois pas suffisante. Planter un arbre, cela va prendre du temps avant qu’il n’y ait un effet, déclare-t-il.

« Ce n’est pas une solution permanente. On le voit avec les feux de forêt. On ne doit pas miser simplement là-dessus. »

— Une citation de  Olivier Kolmel, porte-parole de Greenpeace Canada
Olivier Kolmel, porte-parole de Greenpeace Canada.

Le porte-parole de Greenpece Canada, Olivier Kolmel, affirme que le plus important est réduire les gaz à effet de serre.

Photo : Radio-Canada

Le spécialiste en écologie forestière Martin Béland estime que les forêts sont un bon outil pour capter le dioxyde de carbone, mais que d’autres approches seraient aussi efficaces.

Il explique d'ailleurs que, pour contrecarrer le réchauffement climatique, non seulement les émissions de gaz à effet de serre doivent être nettes, mais elles doivent d’autant plus tendre vers le positif. Ce qui veut dire qu’il faudrait produire plus d’oxygène que de CO2.

Un lot de défis

Le biologiste Nicolas Lecomte explique que la plantation d’arbres a des limites.

Certains d’entre eux ne pourront jamais grandir assez, notamment en raison d’insectes envahisseurs, d’une faible énergie dans le sol ou de la proximité d’autres espèces.

« Ce qui est demandé par le fédéral, c’est d’essayer d’avoir un nombre assez grand, en très peu d’années, d’arbres plantés à travers le Canada. Le défi est assez exceptionnel. »

— Une citation de  Nicolas Lecomte, professeur au département de biologie à l’Université de Moncton

Le défi qui n’est pas détaillé dans le plan du gouvernement, c’est de savoir à quel endroit, quelle surface et comment l’agencement des espèces implantées sera fait, explique Nicolas Lecomte.

Et si la solution passait par l'assiette

D’après le spécialiste en écologie forestière Martin Béland, il faut planter là où il n’y a pas de forêt actuellement. Des terres agricoles seraient par exemple idéales.

Martin Béland, professeur en sylviculture et en écologie forestière.

Selon Martin Béland, le gouvernement pourrait inciter davantage la population à modifier son alimentation.

Photo : Radio-Canada

Cependant, une grande partie de ces espaces sont actuellement voués à nourrir le bétail.

Le professeur estime que le régime alimentaire des consommateurs pèse lourd dans la balance du carbone.

« Si du jour au lendemain, on arrêtait de manger de la viande, des produits laitiers et des œufs, tout de suite, ces terres-là recommenceraient à pomper du carbone à un rythme très élevé. En plantant des arbres, cela irait encore plus vite. »

— Une citation de  Martin Béland, professeur en sylviculture et en écologie forestière

Si ces terres étaient libérées de la production agricole, de nouveaux végétaux pourraient y pousser et absorber le carbone.

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