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Conflit à l’usine d'Olymel : les éleveurs de porcs au bord du point de rupture

Le syndicat des travailleurs de l’usine de Vallée-Jonction et la direction d’Olymel vont reprendre les discussions mercredi en présence du conciliateur nommé par Québec.

L'usine d'Olymel de Vallée-Jonction.

La direction d'Olymel souhaite implanter un quart de soir de 40 heures réparties sur 4 jours à son usine de Vallée-Jonction (archives).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Les éleveurs de porcs québécois affirment avoir de plus en plus de mal à composer avec les impacts du conflit de travail à l’usine d'Olymel de Vallée-Jonction. Ils invitent une fois de plus les parties à s’entendre pour reprendre l’abattage et soulager la détresse psychologique que vivent de nombreux producteurs.

Le mur est très proche. Il est à quelques centimètres et, pour nous autres, il faut qu'il y ait un règlement le plus rapidement possible. Alors, j'interpelle Olymel, le syndicat, à s'asseoir et à essayer de trouver une solution ensemble pour éviter qu'une catastrophe arrive, a déclaré lundi le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, lors d’une conférence de presse.

Les travailleurs de l’usine d’Olymel de Vallée-Jonction sont en grève depuis le 28 avril. Les 22 rencontres avec l’équipe de conciliateurs nommés par Québec n’ont pas permis de rapprocher les parties patronales et syndicales.

Des employés manifestent devant une usine.

Les travailleurs de l'usine d'Olymel de Vallée-Jonction sont en grève depuis le 28 avril (archives).

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Plus de 130 000 porcs sont en attente d’être abattus. Si le conflit se prolonge à l’usine d’abattage, les éleveurs n’auront d’autre choix que de les euthanasier. En plus du gaspillage alimentaire potentiel, c’est le gagne-pain des producteurs qui est menacé.

Actuellement, j'ai 10 % de ma production annuelle qui n'a pas été abattue, qui n'a pas été vendue, qui [est] en surplus dans mes élevages. C'est 10 % de mes revenus que je ne pourrai peut-être pas toucher pour une grève qui n'est pas la mienne. S'il vous plaît, recommencez l'abattage dès que possible, a supplié Lori-Anne Berthiaume, copropriétaire d’un élevage porcin.

Boulet interpellé

Le président de l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), Marcel Groleau, a joint sa voix à celle des éleveurs de porcs.

Il a interpellé le ministre du Travail, Jean Boulet, afin qu’il accentue la pression sur Olymel et le syndicat des travailleurs en grève.

Marcel Groleau en gros plan.

Le président de l'UPA, Marcel Groleau, invite le ministre Jean Boulet à accentuer la pression sur Olymel et le syndicat des travailleurs de son usine de Vallée-Jonction (archives).

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Malgré l'échec de la dernière rencontre, je parle au ministre de continuer de s'impliquer et d'interpeller à nouveau les parties dans ce conflit-là [...] Il a été responsable de la résolution du conflit chez Exceldor. Il a joué un rôle extrêmement important, a souligné M. Groleau.

Les négociations entre la direction d’Olymel et le syndicat des employés de l'usine de Vallée-Jonction vont reprendre mercredi en présence du conciliateur nommé par Québec. Les pourparlers continuent d'achopper, notamment sur les salaires et les horaires de travail.

Rejet du quart de soir de 40 heures

Lundi, les syndiqués se sont prononcés à près de 82 % contre l'implantation d'un quart de soir de 40 heures réparties sur 4 jours.

Leur syndicat, qui avait pourtant consenti à ce nouveau quart, va maintenant convoquer le conciliateur avec cette position, même si, de son propre aveu, les chances d'arriver à une entente sont faibles pour l'instant.

Des porcs entassés dans une porcherie.

Plus de 130 000 porcs pourraient être euthanasiés si le conflit de travail se prolonge à l'usine d'Olymel de Vallée-Jonction (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Selon Paul Beauchamp, premier vice-président chez Olymel, avec ce recul , le syndicat éloigne les parties d'un règlement.

C'est un élément extrêmement important. Le syndicat revient sur sa parole. Il avait consenti à un quart de travail de soir de 4 fois 10 heures et là, on se retrouve un peu à recommencer et je pense qu'il est en bon droit de se poser la question : qu'est-ce qui tient maintenant dans cette entente-ci?  

Le ministre garde espoir

Même si les négociations n’avancent pas au rythme souhaité, Jean Boulet conserve l’espoir de voir les parties en arriver à une entente.

Je suis toujours confiant et optimiste. Le processus de conciliation est actif, le dialogue est maintenu. Il y a eu un rapprochement si on considère ça depuis le début du conflit de travail. Les parties ont évolué, s'en vont dans la même direction, puis je leur rappellerai qu'ils n'ont que des intérêts communs, a fait valoir le ministre du Travail en entrevue à Radio-Canada.

Jean Boulet en conférence de presse.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a bon espoir de voir le syndicat et la partie patronale en arriver à une entente (archives).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Jean Boulet a rappelé que les conciliateurs avaient soumis il y a un peu plus de deux semaines une proposition équitable et respectueuse des intérêts des deux parties.

J'invite les deux parties, je les exhorte, même, à contribuer au processus de conciliation de la manière la plus diligente de façon à ce qu'on tourne la page à ce conflit qui dure depuis le 28 avril dernier. Qu'on négocie un protocole de retour au travail et qu'on évite le gaspillage alimentaire potentiel, parce que le bien-être animal, c'est fondamental pour nous tous, a insisté le ministre.

Avec les informations de Marc-Antoine Lavoie et de Hadi Hassin

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