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Protection de la jeunesse : des employés exclus de la prime de 1000 $

Des syndicats dénoncent l'exclusion de certains titres d'emplois et taxent le ministre de mal connaître le réseau qu'il dirige.

Des peluches de la Sureté du Québec

La prime du gouvernement peut atteindre 1000 $ si un employé de la protection de la jeunesse travaille quatre semaines consécutives à temps plein.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le gouvernement Legault entérinait la semaine dernière un arrêté ministériel offrant une prime allant jusqu'à 1000 $ par mois à des employés du réseau de la protection de la jeunesse. Mais tous n'y auront pas droit, le ministre Lionel Carmant ayant fait le choix de prioriser les postes « plus critiques » et d'exclure la réadaptation.

Nos techniciennes en éducation spécialisée, techniciennes en intervention en délinquance, qui œuvrent auprès des enfants, ont été écartées, se désole Nicole Cliche, présidente du Syndicat des professionnèles, techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux (SPTSSS) de la Capitale-Nationale.

Ces employées travaillent dans les centres jeunesse, en foyers de groupe et dans le milieu résidentiel.

La présidente syndicale, qui se réjouit pour ceux qui auront droit à la prime, ne mâche cependant pas ses mots au sujet des laissés pour compte. Elle déplore que les techniciens et les professionnels soient mis de côté depuis le début de la pandémie de COVID-19.

À son avis, la décision du gouvernement de les exclure de la prime de rétention démontre une méconnaissance de ce qui se vit sur le terrain. Selon elle, Québec est sourd aux représentations des directeurs de la protection de la jeunesse. Ça, c'est inacceptable.

Lionel Carmant en gros plan.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La pandémie

Le gouvernement, pour mettre en place les primes, a utilisé l'urgence sanitaire. L'une des justifications est que la charge de travail actuelle des travailleuses sociales, notamment, serait liée à la COVID-19.

Mme Cliche invite Lionel Carmant, ministre de la Santé et des Services sociaux, à se rendre dans les ressources de réadaptation pour constater que la pénurie de main-d'œuvre et la pandémie ne frappent pas que le traitement des signalements, bien qu'elle reconnaisse que ceux-ci sont en forte augmentation ces derniers mois.

Nicole Cliche insiste que tous les intervenants en protection de la jeunesse font partie d'une même chaîne et que tous vivent les impacts du contexte actuel.

Son collègue au syndicat et lui-même éducateur, Luc Plamondon, atteste que la pandémie a eu des effets réels sur les jeunes encadrés par la DPJ dans les différents centres d'hébergement. On a dû revoir la façon d'accueillir les jeunes, témoigne-t-il, mentionnant une réorganisation complète des services.

Ces jeunes-là avaient besoin de support. On les accueille avec un masque et une distance.

Une citation de :Luc Plamondon, éducateur et membre de l'exécutif au SPTSSS

Selon lui, les enfants et les adolescents qui fréquentent les services à l'interne ont vécu des moments difficiles. Il rappelle que les écoles, les camps de jour, les visites familiales et de nombreuses activités ont été mis en plan. Tout ça a été arrêté ou retravaillé, dit-il.

Quant à la pénurie, le syndicat assure que la situation n'est pas mieux en réadaptation. L'incapacité à pourvoir les postes vacants et l'exode du personnel expérimenté continuent de peser lourd au quotidien.

Un enfant se balance sur une balançoire dans un parc.

Plus de 4100 cas sont en attente présentement à la DPJ, alors qu’on en comptait environ 3400 à pareille date en 2019.

Photo : getty images/istockphoto / David Carpio

Tâches plus critiques

Invité à expliquer pourquoi certains titres d'emploi n'ont pas été inclus dans l'arrêté ministériel, le ministre Lionel Carmant affirme qu'il fallait d'abord s'occuper des employés dont les tâches sont plus critiques.

Il y a des gens qui font un travail plus critique pour la protection de nos jeunes. On veut bonifier ceux qui ont un rôle plus critique dans le processus, a-t-il dit, mentionnant la première ligne, soit la réception, le traitement et l'évaluation des signalements.

Il poursuit sa réflexion en expliquant que les travailleurs posent des actes délégués officiellement par la directrice de la Protection de la jeunesse. Pour les autres, on bonifie leurs salaires, mais ils n'auront pas droit à la prime. On veut bonifier encore plus ceux qui font des actes délégués. Moi je trouve que ça fait beaucoup de sens.

Le ministre mentionne qu'il en va de même pour les conventions collectives des travailleurs de la DPJ. C'est pour ça que, même dans l'offre qui a été faite à la table des négociations, il y a deux niveaux différents d'offres.

Un pansement sur une plaie

Mais la prime de 1000 $ ne va pas calmer tous les maux, prévient de son côté l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

C'est un pansement sur plaie béante, lance Sébastien Pitre, membre de l'exécutif syndical. Est-ce qu'elle a été mise en place pour un mois, deux mois, trois mois?, demande-t-il.

Tant du côté des signalements que la réadaptation, l'APTS estime que la situation actuelle mérite un plan plus costaud et que cela devra se traduire autant dans la prochaine convention collective que le plan d'investissements gouvernemental.

La surcharge actuelle inquiète d'ailleurs grandement M. Pitre. Avec la hausse des signalements et l'incapacité de tout traiter rapidement, on augmente grandement le risque d'échapper des cas.

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