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Le passeport sanitaire fait son entrée dans la vie quotidienne des Français

Un homme vérifie le passeport d'une dame.

Le passeport sanitaire prend la forme d'un code QR en France.

Photo : Getty Images / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Agence France-Presse

Bars, restaurants, cinémas, hôpitaux, transports : le passeport sanitaire a fait son entrée lundi dans la vie quotidienne des Français pour tenter d'enrayer la propagation de la COVID-19, malgré la contestation dans la rue.

Devant la nécessité de ne pas admettre dans leurs établissements les clients qui n'en seraient pas munis, des professionnels ont entamé la journée avec une certaine fébrilité.

À la Brasserie du passage Saint-Michel de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le patron, Stéphane Latour, a dû refuser de servir en terrasse une jeune femme, une cliente habituelle, qui n'a pas encore reçu sa deuxième dose de vaccin.

Toutefois, à part quelques-uns, les gens comprennent. S'ils n'ont pas le pass, ils prennent des cafés à emporter, a-t-il confié.

Quelques rues plus loin, Mathilde Cotto, serveuse à la Villa Tourny, s’est montrée plus inquiète : On perd des clients et ce midi, pour l'instant [en début de matinée, NDLR], on n'a aucune réservation alors que normalement nous sommes complets à chaque fois.

Le gouvernement assure cependant que la tolérance sera de mise ces premiers jours de mise en œuvre du passeport, considéré comme une incitation à la vaccination et une préservation de la liberté, selon les mots du ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, avec l'objectif de pouvoir éviter ainsi nouveaux couvre-feux et confinements.

« Le passeport et la progression de la vaccination devraient nous éviter d'autres couvre-feux et confinements. »

— Une citation de  Olivier Véran, ministre de la Santé

En vigueur dans les hôpitaux

Déjà en vigueur dans plusieurs pays européens, et en France dans les lieux de culture depuis le 21 juillet, le passeport sanitaire prend la forme d'un code QR qui doit dorénavant être présenté pour aller au restaurant, au cinéma, au musée, au théâtre et dans les transports sur de longues distances.

Et s'il n'est pas demandé chez le médecin généraliste, il l'est en revanche dans les hôpitaux.

Mais en aucun cas il ne devra être un frein pour accéder à des soins utiles et urgents, a rappelé M. Véran.

C'est par exemple le cas à l'hôpital européen Georges Pompidou à Paris, où une altercation est survenue dans la matinée avec un visiteur.

Ça me dégoûte, j'aurais honte à votre place!, a lancé à travers les barrières de sécurité Bernard François, un septuagénaire qui n'a pas pu accompagner à l'intérieur pour une radiographie sa femme Nicole, malade du cancer, faute de passeport sanitaire.

Olivier Véran fixe la caméra avec son masque de chirurgie.

Le ministre français de la Santé Olivier Véran.

Photo : Getty Images / FRANCK FIFE

Pour être valide, le passeport, déjà en vigueur dans plusieurs pays européens, doit témoigner soit d'un schéma vaccinal complet, soit du rétablissement de la maladie à travers un certificat de test positif d'au moins onze jours et de moins de six mois, soit enfin d'un test négatif datant de moins de 72 heures.

Gare aux fraudeurs

Ceux qui présentent un passeport qui n'est pas le leur encourent de fortes amendes et les passeports abusivement utilisés seront placés sur liste noire et rendus inutilisables, a prévenu dimanche le secrétaire d'État au Numérique Cédric O.

Dans les transports, les contrôles seront massifs, a promis Jean-Baptiste Djebbari, mais pas systématiques au regard du nombre des voyageurs quotidiens dans les trains (400 000).

À la gare de Dijon, l'application du passeport ne suscitait lundi aucune attente supplémentaire. Il est vrai qu'il n'y a pas de contrôle pour l'instant en gare, mais seulement dans les trains, expliquait un employé de la SNCF, la compagnie nationale des chemins de fer.

Les forces de l'ordre vont en priorité cibler les zones urbaines et touristiques.

Un professionnel qui n'appliquerait pas les contrôles requis encourt, si ce manquement est constaté à plus de trois reprises au cours d'une période de 45 jours, jusqu'à 9000 euros d'amende et un an d'emprisonnement.

Contestation

Ces nouvelles dispositions entrent en vigueur alors que la mobilisation contre le passeport et la vaccination obligatoire pour les soignants a de nouveau progressé en France samedi, pour le quatrième week-end consécutif.

Quelque 237 000 personnes, dont 17 000 à Paris, ont défilé dans le calme, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

Une bonne part des manifestants contestent l'imposition du passeport, une obligation vaccinale déguisée selon eux. Ils jugent la contrainte disproportionnée et s'inquiètent notamment qu'un employeur puisse suspendre le contrat de travail d'un employé dépourvu de passeport en règle.

Au gouvernement, on renvoie inlassablement au nombre de vaccinés, qui dépasse de loin le chiffre des manifestants.

Le visage de la France qui se bat, c'est celui des millions de Français qui ont respecté les gestes barrières, ont fait attention à leurs proches, se sont vaccinés. Et dont on parle beaucoup moins, hélas, que du magma d'antivax, antisciences, anti-État […] Je veux bien entendre les peurs, tout faire pour rassurer. Mais à un moment, ça suffit, a dit M. Véran.

55 % de la population pleinement vaccinée

Samedi, 44,6 millions de personnes avaient reçu au moins une injection (soit 66,2 % de la population totale) et 37 millions ont un schéma vaccinal complet (soit 55,1 % de la population totale).

Au sein de l'exécutif, confiant que l'objectif de 50 millions de primo-vaccinés d'ici la fin août soit atteint, on affirme que l'allocution d'Emmanuel Macron le 12 juillet a donné un coup de fouet à la campagne. Depuis, il y a eu plus de 6,8 millions de prises de rendez-vous pour une première injection, insiste son entourage.

Cette semaine, le chef de l'État a diffusé 12 vidéos sur les réseaux sociaux, vues plus de 60 millions de fois, pour répondre aux questions des Français et les appeler à se faire vacciner.

Selon Santé publique France, les soins intensifs accueillaient samedi 1510 patients contre 1099 il y a une semaine. Le nombre des hospitalisations est monté à 8425 contre 8368 vendredi.

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