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Réchauffement climatique : « C’est maintenant ou jamais », avertit le GIEC

« Il n’y a pas de temps à perdre ni d’excuses à trouver », prévient le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Avant-plan d'un pompier et un énorme brasier forestier en arrière-plan, à Sydney, en Australie.

Si on ne renverse pas la tendance, la hausse des températures entraînera davantage d'événements climatiques extrêmes comme des incendies de forêt, prévient le GIEC dans son plus récent rapport.

Photo : Getty Images / Brett Hemmings

Charles-Émile L'Italien-Marcotte

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) presse les décideurs publics de prendre des mesures immédiates pour limiter les conséquences du changement climatique. Le cas échéant, les conséquences de ce réchauffement pourraient s’étaler sur des siècles, voire des millénaires, précise-t-il dans son plus récent rapport publié lundi.

Selon les scénarios du GIEC, les conséquences d’un réchauffement climatique de 2 degrés – qui sera vraisemblablement atteint avant la fin du siècle – entraîneront des événements climatiques extrêmes, comme des précipitations plus importantes à certains endroits, des inondations, une sécheresse des sols accrue dans d’autres, des incendies de forêt et des cyclones tropicaux.

Dans les scénarios optimistes, c’est-à-dire ceux où les émissions de GES sont faibles ou très faibles, la hausse des températures ne devrait pas excéder 1,5 degré d'ici 2030, ce qui devance tout de même de 10 ans les prévisions antérieures.

12 cartes en couleur qui représentent l'ampleur du changement climatique en Amérique du Nord.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cartes qui présentent les changements de température et de précipitations l'Amérique du Nord, selon l'importance du changement climatique.

Photo : GIEC

Or, si rien n’est fait, le réchauffement climatique pourrait dépasser les 4 degrés d'ici la fin du siècle et provoquer des conséquences irréversibles qui toucheront en particulier [les] communautés et [les] nations les plus pauvres et les plus vulnérables alors qu'elles sont les moins responsables de l'urgence climatique actuelle, selon le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres.

Les grands émetteurs sur la sellette

Pour limiter le réchauffement climatique d’origine humaine, il faudrait aussi limiter de façon draconienne les émissions de gaz à effet de serre (GES) et atteindre la carboneutralité, avance l'organisme.

Et même en y parvenant, les effets cumulatifs des émissions passées et futures sur le climat se feront sentir pendant 20 ou 30 ans, le temps que la température terrestre se stabilise, mais les effets sur la qualité de l’air, eux, seraient perceptibles dès les prochaines années, et seraient cumulatifs.

Antonio Guterres se tient debout derrière un micro.

M. Guterres appelle ainsi toutes les nations, en particulier le G20 et les autres grands émetteurs [de GES], à viser des émissions nettes nulles et renforcer leurs engagements en vue de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) à Glasgow, en novembre prochain.

Pour les experts du GIEC, l’évolution du climat dépendra en grande partie des actions gouvernementales qui seront prises à court et à moyen terme.

Quelques exemples des conséquences du réchauffement climatique

Dans les régions nordiques du Canada, la hausse projetée des températures est vraiment importante, par rapport à la moyenne mondiale, et plus particulièrement en hiver. Selon le GIEC, l’augmentation des précipitations de neige serait beaucoup plus importante en janvier et février.

Mais dans le sud du Canada, le GIEC observe actuellement une augmentation des feux de forêt, et il prévoit que le phénomène sera plus fréquent dans les prochaines années, notamment si la température se réchauffe au-delà de 2 degrés Celsius. Les précipitations extrêmes seraient possiblement plus fréquentes, prévoit le GIEC, et les inondations, l’été, et les chutes abondantes de neige, l’hiver, seraient probables.

Un code rouge pour l'humanité

Si les simulations effectuées par le GIEC montrent que les conséquences du changement climatique seront graves et qu'elles auront des effets partout sur la planète, il est encore possible d'éviter le point de non-retour, fait-il valoir.

Si nous unissons nos forces maintenant, nous pouvons éviter une catastrophe climatique. Mais, comme le montre clairement le rapport d’aujourd’hui, il n’y a pas de temps à perdre ni d’excuses à trouver, lance Antonio Guterres.

Les solutions sont claires. Des économies vertes et inclusives, la prospérité, un air plus pur et une meilleure santé sont possibles pour tous si nous répondons à cette crise avec solidarité et courage.

Une citation de :Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU

Le monde s'est déjà réchauffé de presque 1,1 degré depuis 150 ans. Le rapport de plus de 3000 pages et rédigé par 234 scientifiques indique que le réchauffement a déjà accéléré l'élévation du niveau des mers et le rétrécissement des calottes glaciaires et aggravé les vagues de chaleur, les inondations, les tempêtes et les sécheresses.

Par exemple, le type de vague de chaleur qui se produisait à chaque 50 ans a maintenant lieu une fois par décennie. Si le monde se réchauffait d'un autre degré, cela adviendrait chaque sept ans.

Ce sixième rapport d’évaluation du GIEC se veut ainsi un avertissement sérieux à l’inaction, un code rouge pour l’humanité à l’attention des grands émetteurs de GES.

Il ne s’agit plus simplement de soulever la problématique du changement climatique d’origine humaine, mais bien de présenter et de documenter les conséquences de la hausse des températures mondiales afin de réduire les effets du réchauffement climatique.

C’est encore possible, selon le GIEC, mais il faut agir. Il faut agir maintenant et, insiste Antonio Guterres, chaque fraction de degré compte.

Avec les informations de Agence France-Presse

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