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COVID-19 : que pensent les autres provinces de la stratégie sanitaire de l'Alberta?

Deena Hinshaw parle devant les drapeaux canadien et albertain de la salle des médias de l'Assemblée législative.

La Dre Deena Hinshaw a soulevé un tollé en Alberta en annonçant la levée de presque toutes les restrictions sanitaires.

Photo : CBC / Art Raham

Radio-Canada

À la suite de la levée de nombreuses restrictions en Alberta, les autorités sanitaires d'autres provinces disent suivre l'évolution de la situation. Elles souhaitent, pour leur part, rester prudentes.

La médecin hygiéniste en chef de l’Alberta, la Dre Deena Hinshaw, a soulevé un tollé fin juillet lorsqu'elle a annoncé la suppression de la majorité des exigences sanitaires relatives à la quarantaine et aux tests de dépistage de la COVID-19 à la fin d'août.

Cette décision provinciale fait depuis l’objet de vives critiques et de manifestations de protestation.

La Société canadienne de pédiatrie, l'Association médicale de l'Alberta, le Collège des médecins de famille de l’Alberta et la ministre fédérale de la Santé ont tous exprimé leur désaccord envers cette stratégie controversée.

De mes conversations avec mes collègues, qui envisagent leur planification, [il ressort que] tous sont conscients que l’approche actuelle n’est pas durable, a-t-elle assuré lors de l'annonce de la levée des restrictions. La question est de savoir à quel moment nous passons [en mode post-pandémie], a-t-elle ajouté.

« La COVID-19 n’est pas terminée, mais il faut apprendre à vivre avec. »

— Une citation de  Deena Hinshaw, médecin hygiéniste en chef de l’Alberta

Une stratégie dite prématurée

CBC/Radio-Canada a interrogé à ce sujet les autorités sanitaires des autres provinces et territoires.

La plupart n’ont pas répondu directement aux déclarations de la Dre Hinshaw, ni émis de commentaires quant à savoir si les approches actuelles de gestion de la COVID-19 sont durables.

Quelques autorités de santé publique, comme celles du Québec, n'ont pas souhaité répondre.

Robert Strang en conférence de presse.

Pour le Dr Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, la décision de l'Alberta est prématurée.

Photo : Len Wagg / Communications Nouvelle-Écosse

Le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, le Dr Robert Strang, a qualifié de prématurées les démarches de l’Alberta, surtout avec l'arrivée potentielle d'une quatrième vague alimentée par le variant Delta.

Selon lui, la science est très claire sur le fait que la pandémie n’est pas terminée et qu'il est impossible de traiter simplement la COVID-19 comme tous les autres virus respiratoires.

L’expérience albertaine

Plusieurs provinces affirment vouloir voir les conséquences de la suppression des restrictions en Alberta avant d’emboîter le pas.

Pour la médecin hygiéniste en chef de Terre-Neuve-et-Labrador, la Dre Janice Fitzgerald, il est encore trop tôt pour passer à une gestion post-pandémie.

Nous allons probablement pouvoir apprendre de l’expérience de l’Alberta à ce sujet, fait-elle savoir.

Elle ajoute cependant que personne n'a fait les choses de la même manière et qu'il faut respecter les décisions de chaque province et territoire.

Des manifestants écoutent un discours.

Plus d'une centaine de personnes étaient rassemblées le 3 août devant l'Assemblée législative de l'Alberta pour manifester contre la levée des mesures sanitaires.

Photo : Radio-Canada / Janet French

Il y a des leçons à tirer de l’augmentation des cas dans des régions comme l’Alberta pour les autres provinces, estime aussi le Dr Kierran Moore, de l’Ontario.

Il souligne que de simples mesures, comme le port du masque dans les lieux publics, ralentissent la propagation du virus.

C’est pour cette raison que nous n’enlevons pas [ces mesures]. Nous ne voulons pas avoir ensuite à les réintroduire. Nous voulons tous retourner à la normale [...] sans voir la menace du virus grandir.

Un sentiment partagé par le Dr Michael Patterson, le médecin hygiéniste en chef du Nunavut.

Nous prévoyons qu'au Nunavut cette transition ne pourra se faire en toute sécurité que si les changements sont graduels en raison du plus grand risque de propagation et de croissance exponentielle [du virus dans le territoire], souligne-t-il.

Calculer les risques

Le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, assure que la province se dirige, elle aussi, vers un avenir post-pandémique où l'évaluation des risques dépendra de chaque individu.

Mais il est évident que toutes les juridictions n'ont pas la même situation épidémiologique, note-t-il.

Le Dr Howard Njoo, l'administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada, a conseillé fin juillet aux provinces d'envisager des mesures afin d'assurer la sécurité de leurs résidents quant aux changements effectués dans les autres juridictions.

Le Dr Howard Njoo.

Le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique, craint les conséquences des voyages interprovinciaux.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Il craint de voir les répercussions des voyages entre une province sans restrictions sanitaires et une autre. Évidemment, dans ce cas, nous surveillons l'Alberta, a-t-il reconnu.

En Colombie-Britannique, la médecin hygiéniste en chef de la province dit accueillir avec joie les Albertains complètement vaccinés, à condition qu’ils soient prêts à suivre les mesures sanitaires en place.

L’Alberta dénombre actuellement plus de 2700 cas actifs de COVID-19, une augmentation de presque 340 % en un mois.

Avec les informations de Sarah Rieger

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