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En mode préélectoral, les conservateurs courtisent les agriculteurs du Québec

Le chef conservateur a déclaré ne pas souhaiter le déclenchement d'une campagne électorale alors qu'une quatrième vague se dessine, mais a ajouté qu'il serait prêt si le premier ministre Justin Trudeau en décidait autrement.

Erin O'Toole en conférence de presse à l'extérieur.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole, estime que l'autonomie alimentaire est «essentielle» au bien-être des Canadiens.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À l’approche d’un déclenchement probable d’élections fédérales, les conservateurs lorgnent des sièges dans plusieurs régions du Québec. En mode séduction, le chef, Erin O'Toole, y a déjà entamé « une tournée » dans certaines circonscriptions tenues par le Bloc québécois.

Le chef conservateur Erin O'Toole a d’ailleurs fait samedi sa première promesse de campagne au Québec, en Montérégie. Il s’engage à financer la création d'un Centre de recherche et de développement en autosuffisance alimentaire.

C'est le temps d'avoir un gouvernement qui est là pour vous, a lancé M. O'Toole dans un discours visant à courtiser les agriculteurs alors qu'il était de passage dans une ferme à Saint-Hyacinthe, une localité faisant partie de la circonscription bloquiste du député Simon-Pierre Savard-Tremblay.

Les conservateurs ont toujours défendu les intérêts des agriculteurs et ils se sont toujours levés pour la gestion de l'offre, a-t-il martelé, promettant au passage que sa formation verserait toute compensation relative aux accords commerciaux.

Des gains espérés dans les circonscriptions bloquistes

Daniel Béland, directeur de l'Institut d'études canadiennes de McGill, explique en entrevue que les conservateurs comptent aller chercher les circonscriptions bloquistes remportées en 2019 pour faire des gains au Québec. Ils vont viser ces circonscriptions où ils ont fait relativement bien aux dernières élections, sans évidemment l'emporter.

L'annonce de samedi démontre clairement l'engagement de notre parti envers Saint-Hyacinthe et notre région, a de son côté affirmé le candidat conservateur André Lepage, dans un communiqué.

C’est lui qui affrontera le député sortant, Simon-Pierre Savard-Tremblay. Lors du dernier scrutin, le bloquiste avait récolté 41,4 % des suffrages, dépassant largement le candidat libéral, qui avait terminé deuxième avec 21,3 %, et la candidate néo-démocrate, qui avait obtenu 18,4 %. Le candidat conservateur Bernard Barré avait pour sa part récolté 14,4 % des votes.

M. Béland pense que le Parti conservateur est une formation qui courtise traditionnellement les électeurs de la Coalition avenir Québec comme le Bloc en région. Il met de l'avant le fait qu’il va défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Il chasse sur le terrain du Bloc, a-t-il dit.

« L’ennemi juré des conservateurs au Québec, ce n’est pas Justin Trudeau, mais plutôt Yves-François Blanchet, le chef du Bloc québécois. »

— Une citation de  Daniel Béland, directeur de l'Institut d'études canadiennes de McGill

À ce titre, M. O'Toole est venu défendre l'autonomie alimentaire qu’il estime essentielle au bien-être des Canadiens. On doit être mieux préparés pour le futur. Avec son grand territoire, le Canada est en bonne position pour nourrir sa population, a-t-il lancé.

Le chef estime que le contexte actuel représente une occasion de réfléchir à ce thème. Alors que les frontières peuvent se refermer rapidement, être capables de se nourrir nous-mêmes est plus important que jamais, a-t-il résumé.

Les conservateurs se disent prêts en cas d'élections

Pour le directeur de l'Institut d'études canadiennes de McGill, les conservateurs aimeraient éviter des élections pour plusieurs raisons, notamment des sondages défavorables. À l’échelle du pays, Erin O’Tool n'est pas un leader très populaire, moins populaire que Justin Trudeau et beaucoup moins populaire que Jagmeet Singh, affirme-t-il, tout en précisant que les choses peuvent changer durant la campagne.

« Au Québec aussi, l'image des conservateurs est loin d'être reluisante. Mais il y a des comtés francophones, surtout en région, où ils ont des espoirs. »

— Une citation de  Daniel Béland, directeur de l'Institut d'études canadiennes de McGill

Interrogé par les journalistes, M. O'Toole a confirmé ne pas souhaiter le déclenchement d'une campagne électorale alors qu'une quatrième vague se dessine, mais a ajouté qu'il serait prêt si le premier ministre Justin Trudeau en décidait autrement, ce qui sera vraisemblablement le cas au cours des prochains jours.

Les conservateurs n'ont pas complété leur équipe, mais estiment que 90 % des candidats ont été sélectionnés à l'échelle du pays.

M. Béland rappelle que les libéraux espèrent eux aussi faire des gains au Québec.

Ça va être plus difficile pour les conservateurs, ajoute-t-il. Il y a des comtés où ça va être une lutte vraiment à deux, mais il va y avoir des luttes à trois. C'est ce qui est le plus intéressant à surveiller parce que c'est très, très difficile à prévoir, ce qui va se passer.

Erin O'Toole était de passage dans la circonscription de Chicoutimi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en matinée et se rendra dimanche à Orford, en Estrie, pour présenter un candidat en vue des prochaines élections.

Avec les informations de La Presse canadienne

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