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Vaccination obligatoire des fonctionnaires : « On est rendu là », croit un éthicien

Des postes de travail dans des cubicules.

Un syndicat pense que le gouvernement devrait cibler seuls quelques métiers spécifiques à qui imposer la vaccination.

Photo : Getty Images / a40757

Radio-Canada

Bien que la vaccination obligatoire de certains fonctionnaires fédéraux ne fasse pour le moment l'objet que d'une étude exploratoire, les interrogations sur la portée et l’application de cette mesure se multiplient.

C’est peut-être malheureux à dire, mais on est rendu là, estime l’éthicien René Villemure. Dans le cas de l’appareil fédéral, il ne fait pas de doute que les impératifs de santé pèsent plus dans la balance que les droits et les libertés individuelles, selon lui.

Qui plus est, il faut considérer dans l’équation les responsabilités du gouvernement envers la population, croit-il.

Veut, veut pas, le gouvernement a l’obligation d’assurer la continuité de l’État. Et pour ce faire, il ne peut pas prendre le risque que ses fonctionnaires soient tous absents pour cause de maladie, fait valoir M. Villemure.

Le grand virage vers le télétravail devrait toutefois être pris en compte dans la balance, selon le vice-président national de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Stéphane Aubry.

On ne comprend pas pourquoi que d’avoir un vaccin pour eux, ce soit obligatoire, note-t-il en faisant référence aux travailleurs et travailleuses qui ont peu de contacts. Pour plusieurs métiers, c’est logique que la vaccination devienne obligatoire. On pense aux infirmières qui travaillent en milieux carcéraux, nuance-t-il toutefois.

Stéphane Aubry parle à la journaliste.

Stéphane Aubry, vice-président national de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada

Photo : Radio-Canada

L’IPFPC encourage d’ailleurs ses quelque 60 000 membres à se faire vacciner si ce n’est pas déjà fait.

Pour sa part, l’Alliance de la fonction publique du Canada – qui représente 200 000 employés fédéraux – n’a pas voulu se prononcer sur l’annonce du premier ministre, faute de précisions sur la mesure.

On s’attend aussi à ce que le gouvernement consulte véritablement les syndicats avant de prendre des décisions qui pourraient avoir d’importantes répercussions sur nos membres, a-t-elle cependant indiqué sur Twitter.

Discrimination possible?

Ce qui préoccupe principalement M. Aubry, ce sont les ramifications potentielles de la vaccination obligatoire en milieu de travail, entre autres sur les personnes qui ne peuvent pas recevoir le vaccin.

« On a peur que ces contraintes-là fassent que les travailleurs soient étiquetés, que ça développe une forme de discrimination. »

— Une citation de  Stéphane Aubry, vice-président national de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada

Le leader syndical aimerait que le gouvernement opte pour une approche plus sélective où seuls les fonctionnaires de quelques corps de métier soient soumis à l’obligation d’être vaccinés. Si la personne qui est dans cette position-là avec ces tâches-là n’est pas vaccinée, [nous aimerions] qu’il y ait des options qui lui soient offertes.

M. Aubry espère pouvoir travailler avec le gouvernement fédéral pour qu’une éventuelle consigne s’applique dans le respect des fonctionnaires. C’est d’ailleurs un point important que soulève aussi René Villemure.

On doit s’assurer [que les travailleurs] ne s’infectent pas entre eux, parce qu’il y a une responsabilité de l’employeur dans tout ça, insiste-t-il.

C’est au-delà des simples relations de travail. Un employeur a des responsabilités envers ses employés et envers la clientèle qui est touchée. Et quand l’employeur, c’est l’État, c’est une autre paire de manches.

Avec les informations de Julie-Anne Lapointe

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