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Les ravages de la tordeuse des bourgeons de l'épinette à Péribonka

La forêt.

Des coupes ont été autorisées récemment par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour récolter du bois attaqué par la tordeuse des bourgeons de l'épinette à Péribonka.

Photo : Radio-Canada / Pascal Girard

Radio-Canada

Des coupes ont été autorisées récemment par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) pour récolter du bois attaqué par la tordeuse des bourgeons de l'épinette, ce que mettent en doute les groupes environnementaux. Pour montrer l'ampleur de l'infestation, le ministère a accepté de survoler le secteur avec Radio-Canada. Pascal Girard était à bord.

Le débat entourant le projet d'aire protégée sur la rivière Péribonka fait rage depuis plusieurs mois dans la région, mais a également des échos assez importants partout au Québec.

Mardi, le Comité de sauvegarde de la rivière Péribonka et d'autres groupes environnementaux demandaient au premier ministre François Legault d'annuler les coupes forestières planifiées par le MFFP en bordure de la rivière située au nord du lac Saint-Jean. Ils considèrent que la tordeuse des bourgeons de l'épinette sert de prétexte pour tout bonnement offrir du bois à l'industrie forestière.

Bien que très visible du haut des airs, l'impact du petit insecte est encore plus évident une fois au sol. C'est d'abord le sapin qui est sa cible préférée.

Une tordeuse des bourgeons de l'épinette sous sa forme larvaire.

La tordeuse des bourgeons de l'épinette cause des dommages aux arbres lorsqu’elle est sous sa forme larvaire (chenille).

Photo : Christian Bélisle, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Il est déjà plein de trous, donc il perd sa valeur. On ne veut pas de planche de bois avec des trous de longicorne dedans ou d'autres insectes secondaires qui vont aller s'installer, explique Michèle Simard, technicienne en protection des forêts au MFFP.

C'est là que se trouve le nœud du problème, selon plusieurs, à savoir que la forêt est gérée en fonction de ce qui peut être récolté par l'industrie. Dans une aire protégée, la nature suivrait simplement son cours. 

S'il y avait un moratoire d'un an et que c'était retardé, bien les risques, c'est qu'il y ait trop de mortalité et qu'à un moment donné tous les arbres soient morts et qu'on ne puisse plus les récupérer. Si ça devient à long terme une aire protégée, par exemple, bien là ça n'a plus d'importance, car la gestion de la forêt change. Le but n'est plus d'aménager la forêt, mais de la laisser vivre ou mourir, affirme Dominique Déry, chef par intérim de l'unité de gestion Saguenay-Sud-et-Shipshaw au ministère.

Les deux personnes en forêt.

Dominique Déry et Michèle Simard du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs constatent sur le terrain la présence de la tordeuse des bourgeons de l'épinette.

Photo : Radio-Canada / Pascal Girard

D'après le ministère, les coupes planifiées cette année auraient peu d'incidence visuelle sur les utilisateurs de la rivière.

Il y a une grosse partie qui ne se verra pas. Il y a des blocs de coupe qu'on a atténués, on a fait des coupes partielles, pour s'éloigner, pour être sûr qu'on le voit moins.

Une citation de :Dominique Déry, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

La dernière fois que des coupes forestières se sont déroulées sur les abords de la rivière remonte à 2012.

Je dirais qu'après deux ou trois ans, c'est vert. Après une dizaine d'années, on a une forêt qui a environ trois quatre mètres de haut. On la voit encore dans le paysage, mais elle n'est pas choquante d'une certaine manière, parce que c'est d'autres arbres. Au bout de 15 à 20 ans, la forêt est presque la même hauteur, ajoute-t-il.

Dominique Déry est catégorique. Les forêts autour de la rivière Péribonka ont été récoltées à quelques reprises et il ne subsiste plus de forêts vierges. Toutefois, il assure que, même si des coupes se font cette année, rien n'empêcherait d'en faire tôt ou tard une aire protégée.

Le débat politique devrait se poursuivre au cours des prochains jours, mais c'est à la mi-août que les travaux préparatoires en vue des coupes forestières se feront dans le secteur.

D'après le reportage de Pascal Girard

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