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Des ruines de la Première Guerre mondiale menacées à Beaumont

Les ruine de la casemate

La casemate a été construire pour la Première Guerre mondiale.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Des ruines de la Première Guerre mondiale pourraient être démolies au profit d’un ensemble résidentiel à Beaumont, dans Chaudière-Appalaches.

Les restes du Fort de Beaumont, des ruines de deux bases de canon et une chambre à munitions, avaient pourtant été cités en tant que bien patrimonial par la Municipalité en 2014.

Celles-ci sont situées au cœur de la phase 2 du quartier résidentiel le Domaine Saint-Laurent, sur le bord d’une falaise à l’ouest de Beaumont.

Le quartier résidentiel offrira une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent.

Le quartier résidentiel offrira une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Cette citation avait comme objectif d’empêcher le promoteur de les démolir pour y construire des habitations. Or la Municipalité a annoncé qu’elle comptait faire marche arrière lors de la séance du conseil municipal de Beaumont du 2 août dernier.

Ils ont décidé de rétrocéder 17 000 pieds où sont les deux bases de canon et de remettre ça au promoteur, dénonce le vice-président du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), Gaston Cadrin.

Trop cher

La Municipalité explique ne pas avoir les moyens de préserver l’ensemble des ruines. Les coûts estimés pour l’aménagement d’un parc avec des clôtures autour des casemates sont trop élevés, selon le maire.

C'est le strict minimum et c'est 324 000 $. C'est beaucoup pour une Municipalité. On n’est pas une grosse ville, défend David Christopher.

La Municipalité souhaite se concentrer sur la préservation de la chambre à munitions, quelques centaines de mètres plus loin. La cave en béton serait intégrée à un parc pour enfant. Des panneaux d’interprétation seraient également ajoutés pour expliquer l’histoire du vestige.

La Municipalité veut intégrer les ruines de l'ancienne chambre à munitions à un parc pour enfants.

La Municipalité veut intégrer les ruines de l'ancienne chambre à munitions à un parc pour enfants.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Protéger l’ensemble

La Fondation de Vimy, un organisme pancanadien dédié à la préservation et à la transmission de l’histoire du Canada pendant la Première Guerre mondiale, pense cependant que cette cave à munition perd tout son sens si les bases à canon ne sont pas préservées.

Je pense qu'il y a une opportunité pour la Ville et le promoteur d'avoir quelque chose qui est très spécial. Ce n'est pas tout le temps que tu peux posséder une maison qui est à côté des ruines, lance la directrice de la fondation, Caitlin Bailey.

Mme Bailey ne demande pas à la Municipalité de restaurer les ruines, mais bien de les préserver. Elle est d’avis que de tels témoins de l’histoire doivent être valorisés.

Tout le tourisme de la Seconde Guerre mondiale en Normandie et en Bretagne, c'est basé sur les ruines. Ce sont des ruines comme ici, des abris qui sont finalement des blocs de béton et ça attirent des milliers de touristes chaque année, ajoute-t-elle.

Terrains à vendre

La Fondation de Vimy et le GIRAM disposent d’un délai de 90 jours à compter de la séance du 2 août pour contrecarrer le processus mis de l’avant par la Municipalité. Plusieurs étapes restent à franchir, notamment des consultations publiques.

D’ici là, les terrains des ruines appartiennent toujours à la Municipalité. Or, sur le site Internet du promoteur, les terrains étaient déjà mis en vente pour y construire des maisons.

Pour le GIRAM, c’est signe qu’une entente a déjà eu lieu entre la Municipalité et le promoteur. Il y a eu des tractations non officielles, dénonce Gaston Cadrin.

La phase 2 du Domaine Saint-Laurent prévoit la construction d'une quarantaine de maisons.

La phase 2 du Domaine Saint-Laurent prévoit la construction d'une quarantaine de résidences.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Les terrains ont été retirés des espaces disponibles mercredi. Le maire répond qu’il s’agit tout simplement d’un malentendu.

C'est une erreur, car ces terrains nous appartiennent. Il n'y a pas d'entente de faite avec le promoteur, assure M. Christopher.

Ministère de la culture interpellé

La Fondation de Vimy interpelle le ministère de la Culture afin de citer les ruines comme bien patrimonial du Québec.

Ce niveau de protection empêcherait la Municipalité de faire marche arrière sur sa propre citation en 2014. La Municipalité se dit ouverte à reconsidérer la protection de l’ensemble des vestiges.

Gaston Cadrin est le vice-président du GIRAM.

Gaston Cadrin, vice-président du GIRAM.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le maire de Beaumont souhaite discuter avec la Fondation de Vimy, le GIRAM, le promoteur et le gouvernement du Québec.

Qu'ils nous présentent quelque chose, mais présentez un peu d’argent aussi. Je suis sûr qu'on peut faire une entente et trouver une solution. Moi, c'est les solutions que je cherche, ce n'est pas les problèmes, conclut David Christopher.

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