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De plus en plus de marchés publics partout au Québec

Un maraîcher derrière son étal est en train de mettre des tomates dans un sac en papier. En face de lui, une cliente, portefeuille à la main, le regarde faire.

La pandémie a renforcé l'attrait pour l'achat local directement auprès des producteurs.

Photo : Radio-Canada / Raymond Routhier

Les marchés publics suscitent un engouement sans précédent au Québec. L’association provinciale qui les encadre n’a jamais eu autant de membres. Elle en dénombrait 133 en 2020 (ce qui était déjà plus qu'en 2019), elle en compte 160 aujourd’hui.

C’est un nombre record, se réjouit Jean-Nick Trudel, le directeur général de l’Association des marchés publics du Québec (AMPQ). Le chiffre est communiqué au moment où l’organisme propose sa traditionnelle Semaine québécoise des marchés publics, jusqu’au 15 août.

Toutes les régions du Québec sont couvertes, surtout la Montérégie, l'Estrie, Montréal et ses environs. Ici et là, des marchés publics ont vu le jour récemment. Celui de Cap-Rouge, inauguré fin juillet, est un des derniers exemples.

Comment expliquer un tel essor? Simple réponse de l’offre à la demande. De plus en plus de consommateurs font leurs courses de cette façon. Et si la tendance se vérifiait depuis quelques années, elle s’est accélérée avec la pandémie.

Gros plan sur des carottes posées en tas sur un étal de marché public. En arrière-plan, on aperçoit une cliente qui regarde les légumes à vendre.

La Semaine québécoise des marchés publics se déroule jusqu'au 15 août, partout dans la province.

Photo : Radio-Canada / Raymond Routhier

Les gestionnaires de marchés nous disent que l’année dernière, il y avait beaucoup de nouveaux visages et que cette année ils les revoient, affirme le responsable de l’AMPQ.

Isabelle Brodeur, la directrice générale du marché public de Sainte-Foy, dans la Capitale-Nationale, confirme et précise : On a vu un accroissement des nouveaux venus. Le renouveau de l’achat local a plus touché la jeune génération.

Jean-Nick Trudel pense que la crise sanitaire a replacé les préoccupations d’une partie de la population autour des saines habitudes de vie, comme bien manger. Les cultivateurs sont les premiers à s’en rendre compte.

Il y a en ce moment un goût encore plus fort pour le manger local. Les clients veulent savoir comment on fait pousser nos légumes, ce qu’on utilise pour les faire pousser. C’est ça qui fait que les clients sont au rendez-vous. Ils ont des réponses à leurs questions, assure James Allen, le président de l’Union des producteurs agricoles pour la région Chaudière-Appalaches.

Pour discuter, pour les produits et pour l'ambiance

Gaston Nadeau, de Saint-Séverin en Beauce, approuve. Il vient presque à chaque semaine remplir son panier au marché public de Sainte-Foy. Le plaisir de discuter avec les producteurs est l’une des principales raisons qui le motivent à revenir en plus de l’assurance d’acheter local, avoir des produits très frais et l’ambiance.

Cet emballement autour des marchés publics pourrait être momentané. Jean-Nick Trudel veut au contraire croire au début d’une tendance lourde qui va de pair avec le discours politique actuel.

En novembre, André Lamontagne, le ministre de l’Agriculture, annonçait un plan de 157 millions de dollars visant à améliorer et accroître les chaînes de production de denrées 100 % québécoises.

Dans un deuxième temps, il présentait sa stratégie pour doubler le volume de cultures en serre d'ici 2025. But de la manœuvre : augmenter l’autosuffisance alimentaire de la province.

Portrait de Jean-Nick Trudel.

Jean-Nick Trudel, directeur général de l'Association des marchés publics du Québec

Photo : Radio-Canada

Le directeur général de l’AMPQ est persuadé que les marchés publics ont de bonnes années devant eux. Selon lui, leur modèle économique peut encore se développer au Québec en s’inspirant de ce qui se fait ailleurs dans le pays. Il cite en exemple le programme des coupons nutritionnels, notamment mis en place en Colombie-Britannique.

Toutes les semaines, des organismes communautaires remettent des certificats à dépenser dans les marchés publics aux personnes les plus vulnérables. C’est quelque chose qui a un puissant moteur de développement social et de saines habitudes de vie pour ces personnes-là, considère Jean-Nick Trudel, également intéressé par les pratiques commerciales en vigueur en Nouvelle-Écosse.

Là-bas, les produits de microdistilleries et de microbrasseries peuvent être vendus sur un marché public. C’est quelque chose qui n’est pas encore possible au Québec. Et pour moi, c’est se priver de belles opportunités pour développer encore plus loin les achats locaux.

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