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Les employeurs québécois pourront embaucher plus de travailleurs étrangers

Des drapeaux canadien et québécois au vent.

Les travailleurs temporaires étrangers sont essentiels dans certains secteurs de l'économie québécoise.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les employeurs québécois pourront dorénavant embaucher jusqu’à 20 % de travailleurs étrangers temporaires et ces derniers auront plus de facilité s'ils souhaitent immigrer au Canada. Des associations saluent la décision, tout en réclamant une révision à la hausse des seuils d'immigration.

C'est ce qu'a annoncé le gouvernement du Québec vendredi après avoir conclu une nouvelle entente avec Ottawa visant à combler les besoins de main-d'œuvre dans la province.

Cette entente permettra notamment aux employeurs de doubler le nombre de travailleurs étrangers par lieu de travail. Le seuil passera ainsi de 10 % à 20 % en ce qui concerne les postes à bas salaire, dans des secteurs économiques donnés. De plus, certaines professions peu spécialisées seront dorénavant admissibles au traitement simplifié.

Les employeurs seront également exemptés des exigences d’affichage et de démonstration des efforts de recrutement préalables au Québec dans le cas de certaines professions peu ou pas spécialisées.

Faciliter la voie vers l'immigration

Une autre mesure annoncée concerne le permis de travail ouvert transitoire, qui sera offert aux travailleurs étrangers temporaires ayant présenté une demande de résidence permanente dans la catégorie des travailleurs qualifiés. Ceux-ci obtiendront un permis d’une durée initiale de 24 mois, renouvelable sous certaines conditions.

Ce sont des améliorations qui s’inscrivent dans nos efforts pour arrimer le système d’immigration du Québec aux besoins du marché du travail.

Une citation de :Nadine Girault, ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration

Ce permis existe déjà dans d’autres provinces, mais rien de tel n’avait encore été mis en place au Québec, malgré les demandes des travailleurs et des organismes leur venant en aide.

Les deux ordres de gouvernement ont convenu de mettre en œuvre une nouvelle voie dans le cadre du Programme de mobilité internationale (PMI) pour les candidats à l’immigration qui répondent aux besoins du marché du travail québécois.

Le Québec est une province unique, avec un contexte d’immigration tout aussi unique, explique le ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino. La nouvelle entente sur le Programme de mobilité internationale Plus contribuera à combler les besoins de main-d’œuvre du Québec, tout en permettant à des nouveaux arrivants de venir s’établir et de prospérer dans la Belle Province.

Quelque 7000 travailleurs étrangers pourront bénéficier annuellement de ce programme qui leur permettra d’accélérer leur arrivée au Québec afin d’y occuper un emploi vacant.

Détails de la nouvelle entente Québec-Ottawa

  • Des assouplissements au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET);
  • L'accès à un permis de travail ouvert pour certains détenteurs d’un Certificat de sélection du Québec (CSQ) en attente d’obtenir leur résidence permanente au Québec;
  • La délivrance d’un permis de travail pour les détenteurs d’un CSQ à l’étranger en attente de leur résidence permanente;
  • Ces assouplissements s’inscrivent dans le cadre d'un projet pilote qui se déroulera jusqu’au 31 décembre 2023.

Procurer plus de souplesse et de moyens aux entreprises

Les employeurs québécois réclamaient depuis longtemps une réforme du Programme de travailleurs étrangers temporaires. Les modifications qui seront apportées donneront plus de souplesse aux entreprises concernées, s'est réjoui le Conseil du patronat du Québec (CPQ) par communiqué.

L'annonce d'aujourd'hui est une bonne nouvelle! Il faut maintenant que les manufacturiers québécois puissent rapidement bénéficier de ces nouvelles mesures, a fait valoir Véronique Proulx, la PDG de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), également par communiqué.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) parle aussi d'une bonne nouvelle puisque ces mesures donneront plus de moyens aux dirigeants de PME pour affronter le défi colossal du manque de personnel qui ampute leur reprise économique, indique-t-elle par communiqué.

Jean Boulet, assis à la table de presse, parle dans un micro.

Le ministre du Travail du Québec, Jean Boulet

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

On a obtenu des assouplissements dans l'application de ce programme et on va pouvoir, du côté du milieu d'affaires, s’assurer d'accueillir plus de travailleurs étrangers temporaires et donc de répondre à des besoins spécifiques.

Une citation de :Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, à l’émission Tout un matin

Le gouvernement du Québec et la Commission des partenaires du marché du travail vont déterminer les secteurs d’activité qui pourront bénéficier de ces assouplissements.

Une révision des seuils d'immigration réclamée

Il faut maintenant corriger le problème des seuils d'immigration, ceux-ci ayant été réduits alors qu'il n'y a jamais eu autant d'emplois disponibles, soutient Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ, cité dans le communiqué.

Les données de Statistique Canada (Nouvelle fenêtre) montrent que plus de 188 000 postes étaient vacants au Québec en mai.

Ces besoins en main-d'œuvre ne se résorberont pas tout seuls, martèle M. Blackburn.

Pour Manufacturiers et Exportateurs du Québec, la venue de travailleurs étrangers temporaires n'est pas une solution à long terme. Le groupe réclame aussi une hausse des seuils d'immigration, tout comme la FCEI.

Devant ces demandes, le ministre du Travail Jean Boulet avait plutôt invité en juin les entreprises à se prendre en main, notamment en investissant dans l'automatisation et en allant chercher les travailleurs toujours disponibles.

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