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Déconfinement en Ontario : Ottawa et l’est ontarien prônent la prudence

Une personne traverse la rue.

La réouverture sans restriction sanitaire en Ontario était initialement envisagée pour le 6 août (archives).

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada

La réouverture sans restriction sanitaire en Ontario était initialement envisagée vendredi. Mais même si la situation pandémique et la campagne de vaccination sont encourageantes à Ottawa et dans l’est ontarien, les médecins hygiénistes des deux régions ne veulent pas précipiter les choses.

À Ottawa, 83 % des 12 ans et plus ont déjà reçu une dose et 72 % sont totalement vaccinés. Des chiffres encourageants qui se rapprochent de l’objectif fixé par la province pour déconfiner davantage.

Le médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr Kieran Moore, a fixé la levée des restrictions encore en vigueur au titre de la troisième phase du plan de réouverture de la province à 80 % des 12 ans et plus ayant reçu au moins une dose de vaccin et à 75 % ayant reçu deux doses.

Autant dire qu’Ottawa se rapproche rapidement de cet objectif, que la province espérait atteindre le 6 août.

On attend la décision de la province, dit la Dre Vera Etches, médecin chef en santé publique de Santé publique Ottawa (SPO). À Ottawa, nous sommes vraiment proches.

« On a dit que ça prendrait au moins trois semaines d’être dans l’étape 3, on est dans la troisième semaine actuellement, mais on n’est pas prêts. »

— Une citation de  Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario

L’est ontarien se trouve également dans une position favorable. Selon les plus récents chiffres partagés par le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO), 80 % des 12 ans et plus ont déjà reçu une dose de vaccin, et la région est proche de 70 % de personnes totalement vaccinées.

C’est une très bonne nouvelle, s’est réjoui le Dr Paul Roumeliotis. On a ciblé 75 % comme niveau acceptable de deux doses pour pouvoir sortir de l’étape 3 pour aller dans une zone beaucoup moins restrictive. On n’est pas là encore, ni dans notre région ni au niveau de la province, mais je pense que d’ici une semaine, on va être là.

Même si les deux régions présentent un taux de vaccination assez élevé, le Dr Roumeliotis plaide pour un déconfinement provincial.

Je pense qu’on devrait procéder de façon uniforme. Si on dépasse l’étape 3 et que d’autres régions ne le font pas, je ne pense pas que ce sera l’idéal, car on va avoir des gens qui vont venir ici et on veut l’éviter.

Maintenir certaines mesures en place

Celui qui est aussi le président de l’Association des agences locales de santé publique de l’Ontario loue la stratégie ontarienne de gestion du déconfinement qui se traduit aujourd’hui par une situation pandémique satisfaisante.

On a été un peu plus lents avec les changements de confinement et je pense que ça prouve qu’on a pris la bonne décision d’aller plus lentement, pense le Dr Roumeliotis.

Le Dr Roumeliotis accorde une entrevue par visioconférence.

Le Dr Paul Roumeliotis, médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (archives)

Photo : Radio-Canada

Mais même une fois la cible provinciale atteinte et les mesures levées, la Dre Vera Etches continue de prôner la prudence.

Je suis à l’aise pour continuer avec les différentes étapes, mais je voudrais aussi voir certaines mesures rester en place, comme par exemple le port du masque à l’intérieur et dans les foules, dit-elle.

Pas encore de quatrième vague en Ontario

Le nombre de nouvelles infections hebdomadaires demeure bas à Ottawa et dans l’est ontarien, remarquent les deux médecins. Mais le plus important, souligne la Dre Etches, est surtout le taux d’hospitalisation.

À Ottawa, deux personnes étaient hospitalisées en raison de la COVID-19 jeudi et, dans l’est ontarien, voilà plusieurs jours qu’aucune hospitalisation liée au coronavirus n’est rapportée par le BSEO.

Tout relâchement comporte toutefois des risques, notamment celui de voir les chiffres augmenter soudainement, ce qui prend du temps à s’inverser, remarque la médecin chef de SPO.

Le variant Delta est dans tous les esprits. Jeudi, Ottawa enregistrait sept nouveaux cas qui y étaient liés.

La Dre Vera Etches, médecin chef de Santé publique Ottawa, fait le point sur le premier cas confirmé de COVID-19 à Ottawa le 11 mars 2020.

La Dre Vera Etches, médecin chef en santé publique de Santé publique Ottawa (archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Quand on regarde dans les autres pays, une augmentation est possible quand le variant Delta est présent. Dans la province, c’est le variant dans la majorité des [nouveaux] cas, analyse la Dre Etches. Alors ça va arriver ici, ce serait surprenant sinon. Mais on peut être préparés avec la vaccination et en continuant avec certaines protections. J’ai l’espoir que la population va continuer à gérer la situation.

Pas question pour autant de parler de quatrième vague dans la province, insiste le Dr Roumeliotis.

Oui, ça me préoccupe, mais d’un autre côté, quand je regarde les chiffres, je ne peux pas dire qu’on commence une quatrième vague ici.

Se préparer à tous les scénarios

Toujours est-il qu’il convient de se préparer à tous les scénarios, disent en chœur la Dre Etches et le Dr Roumeliotis. Ce dernier se dit favorable à la mise en place d’un passeport vaccinal si la situation venait à se compliquer. Ça fait du bon sens dans la période d’une vague, mais on n’est pas là en Ontario, ajoute-t-il toutefois.

« Si on voit des changements dans le niveau de COVID-19, on peut discuter de mesures pour plus de protection. »

— Une citation de  Dre Vera Etches, médecin chef en santé publique de Santé publique Ottawa

La meilleure façon de contrer une éventuelle nouvelle vague reste la vaccination, martèlent les deux docteurs.

Le plus important, c’est d’être vacciné avec les deux doses, insiste la Dre Etches. Ma priorité, c’est que tout le monde qui veut avoir un vaccin ait cette possibilité. [...] C’est pour ça que l’équipe de SPO va dans les quartiers où les gens sont moins vaccinés, travaille avec les communautés. [...] En ce moment, le niveau de COVID-19 ici est vraiment bas, mais c’est plus pour l’avenir. [...] C’est important d’être préparé à tous les différents scénarios.

Raison pour laquelle le Dr Roumeliotis veut aller au-delà des cibles fixées par la province.

On va continuer nos efforts, une fois qu’on aura atteint [la cible de la province]. Je veux atteindre 85-90 %, parce qu’on sera alors plus confortable avec la prochaine phase qui va avoir beaucoup moins de restrictions. [...] La raison pour laquelle on voit des chiffres [de COVID] aussi bas, y compris dans le sud de l’Ontario [...] c’est dû au fait qu’on a atteint 80 % de première dose et presque 70 % de deuxième dose. Je vois les chiffres, c’est très clair pour moi.

Le Dr Roumeliotis défend même la vaccination obligatoire dans certaines professions, dont celles du milieu de la santé ou du milieu scolaire.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

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