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Un retour risqué en Afghanistan dans l'espoir de se réfugier au Canada

Le ministre de l'Immigration, Marco Mendicino, reçoit un groupe de réfugiés afghans.

Un premier groupe de réfugiés afghan est arrivé mercredi au Canada. Le ministre de l'Immigration, Marco Mendicino, les a accueillis.

Photo : (Rachael Allen/Canadian Armed Forces)

Radio-Canada

Des interprètes afghans et d'autres personnes ayant travaillé pour l’Armée canadienne doivent vivre en Afghanistan pour être admissibles au programme spécial d’immigration du Canada mis en place pour les aider. Mais certains ont déjà fui vers les pays voisins.

Les interprètes qui se sont établis ailleurs doivent donc revenir en Afghanistan pour être admissibles à ce programme visant à leur permettre de s'installer en tant que réfugiés pris en charge par le gouvernement canadien.

D'anciens interprètes et leurs défenseurs canadiens estiment que cette condition exclut un certain nombre d'entre eux.

Le voyage de retour peut en effet se révéler risqué, au moment où les talibans reprennent du terrain et contrôlent plusieurs districts. Les talibans auraient proféré des menaces à l'encontre des Afghans qui ont travaillé pour le Canada et ses alliés.

Le premier vol transportant des travailleurs afghans est arrivé au Canada mercredi. D'autres arriveront dans les prochains jours et semaines.

Un processus accéléré

J'ai vraiment peur, a déclaré à CBC un ancien interprète qui a travaillé pour l'Armée canadienne pendant 11 mois en 2010 et 2011.

Il est rentré en Afghanistan la semaine dernière, après s'être enfui illégalement en Turquie en janvier. Son identité et son lieu de résidence ne sont pas dévoilés pour des raisons de sécurité.

L'ancien interprète a raconté qu'il avait essayé de postuler au programme spécial de réinstallation depuis la Turquie avant de découvrir qu'il n'était pas admissible parce qu'il n'était pas en Afghanistan. Il a déposé une nouvelle demande, mais ne sait pas encore si elle sera acceptée.

Les candidats ont été informés au départ qu'ils n'auraient que trois jours pour soumettre leurs documents. Le premier ministre a déclaré que ce processus serait réalisé très rapidement, qu'il se terminerait très rapidement, a-t-il relaté.

C'est pourquoi ils m'ont forcé indirectement : si vous voulez aller au Canada, vous devez être en Afghanistan.

Selon lui, le fait de retourner en Afghanistan l'exposait à de grands risques.

Chaque cellule de mon corps me disait : si les talibans t'attrapent, tu seras tué. Il n'y a aucun doute.

Une citation de :Un interprète qui a rendu un témoignage à CBC

Ils préfèrent risquer la mort

Les personnes admissibles au programme d'immigration comprennent les interprètes, les cuisiniers, les chauffeurs, les nettoyeurs et d'autres travailleurs, ainsi que les membres de leur famille élargie.

Certains Afghans qui ont aidé des journalistes canadiens à couvrir la guerre peuvent également être acceptés. De nombreux médias, dont CBC/Radio-Canada, embauchent des résidents du pays pour les aider à se déplacer sur le terrain dans les zones de guerre.

D'autres interprètes envisagent de retourner en Afghanistan afin de se qualifier pour le programme, selon des défenseurs canadiens en contact avec des candidats.

Ils préfèrent risquer la mort, résume Wendy Long, fondatrice du groupe de défense Afghan-Canadian Interpreters.

Ils préfèrent recommencer et retourner en Afghanistan pour espérer [être admis au programme]. Ils vivent de prières.

Une citation de :Wendy Long, fondatrice du groupe Afghan-Canadian Interpreters

Mme Long aide les interprètes afghans à préparer leurs dossiers. Selon elle, les conditions d'admissibilité sont inutilement strictes.

Il y a beaucoup de confusion entourant le processus, estime-t-elle.

Interrogé à ce sujet, le ministre canadien de l'Immigration, Marco Mendicino, n'a pris aucun engagement en vue d'élargir le programme aux Afghans vivant dans des pays tiers.

M. Mendicino a plutôt cité d'autres programmes offerts aux Afghans qui se sentent menacés, y compris un nouveau programme pour les défenseurs des droits de la personne.

Nous avons déjà mis en place des programmes spéciaux qui ont permis aux minorités ciblées, dont les sikhs et les hindous afghans, de venir au Canada, a-t-il souligné.

Avec les informations de Nick Boisvert et Ashley Burke de CBC News

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