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Joe Biden met le cap sur la voiture électrique

Le président Joe Biden dans une Jeep hybride rechargeable.

Le président Joe Biden a fait un tour à la Maison-Blanche jeudi à bord d'une Jeep hybride rechargeable.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Agence France-Presse

Le président américain Joe Biden a dévoilé jeudi de grandes ambitions pour verdir l'industrie automobile américaine, à la traîne face à de redoutables concurrents chinois et européens.

L'initiative est saluée comme un signal important par les organisations environnementales, même si certaines s'inquiètent de savoir comment elle sera mise en œuvre.

Le président démocrate, qui aime à se présenter comme un gars qui aime les bagnoles, avait fait aligner à l'arrière de la Maison-Blanche quelques modèles de voitures électriques. Et il a pris le volant de l'une d'elles, une Jeep hybride rechargeable, pour faire un petit circuit.

Joe Biden venait peu avant de signer, sous le soleil, un décret fixant comme objectif qu'en 2030 la moitié des voitures vendues aux États-Unis soient sans émissions, c'est-à-dire électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène.

La marche est haute. Selon l'Agence internationale de l'énergie, en 2020, les véhicules électriques ne représentaient aux États-Unis que 2 % des ventes de voitures neuves – contre 10 % en Europe.

La question, c'est de savoir si nous allons prendre la tête de la course ou être relégués à l'arrière, a dit Joe Biden dans un discours, au moment où la Chine fait la course en tête.

Le patron de Tesla n’était pas invité

Face à lui, les grands noms de l'automobile américaine. La patronne de GM, le patron de Ford et le chef de Stellantis – propriétaire de la marque historique Chrysler – en Amérique du Nord, ont affirmé dans un communiqué leur ambition commune d'atteindre en 2030 40 à 50 % de véhicules de ce type vendus chaque année aux États-Unis.

Mais aucune trace d'Elon Musk, patron du constructeur américain Tesla, peut-être la marque de voitures électriques la plus connue du monde.

Visage d'un homme portant un manteau sport.

Elon Musk sur le site d'une usine Tesla en banlieue de Berlin en Allemagne.

Photo : Reuters / MICHELE TANTUSSI

Le fantasque homme d'affaires s'en est trouvé froissé : Ouais, ça semble bizarre que Tesla n'ait pas été invitée, a-t-il ironisé sur Twitter.

Les constructeurs représentés jeudi sont les trois principaux acteurs de l'UAW, le puissant syndicat automobile américain, a simplement expliqué Jen Psaki, la porte-parole de la Maison-Blanche. Elon Musk est, lui, très opposé à toute syndicalisation.

De fait, le président démocrate avait aussi mis des représentants de l'UAW aux premières loges jeudi. Nous ne laisserons personne au bord de la route dans ce virage vers la voiture électrique, a-t-il promis, ajoutant : Quand on me parle de climat, j'entends emplois, emplois.

Les constructeurs traditionnels comme les automobilistes américains ont tardé à se convertir, par rapport aux Chinois ou aux Européens.

Même en retard, GM, Ford et Stellantis ont toutefois déjà mis l'accent ces derniers mois sur l'électrique, promettant des versions vertes de modèles populaires comme la camionnette F-150 de Ford.

Il reste à convaincre les Américains

La prochaine étape est désormais de construire un réseau solide de bornes de recharge, dont le financement dépend en grande partie du plan d'infrastructures en discussion au Parlement, estime Jessica Caldwell, du cabinet Edmunds.

Et le plus grand obstacle est sans doute de convaincre les Américains de passer à l'électrique, ajoute-t-elle. Pour l'organisation Sierra Club, l'initiative du président reste un signal important. Mais il faudrait fixer un objectif à 60 % de véhicules électriques vendus en 2030.

Joe Biden promet aussi de muscler à nouveau la réglementation sur la consommation de carburant, largement allégée sous Donald Trump.

La réglementation actuelle sur les émissions demande aux constructeurs d'améliorer de 1,5 % par an la performance énergétique de leurs modèles, c'est-à-dire la distance parcourue avec une unité de carburant, entre les années 2021 et 2026 – contre 5 % exigés par l'administration Obama.

L'administration Biden n'a quant à elle pas dévoilé dans l'immédiat de nouvel objectif chiffré.

De l'avis de l'ONG environnementale NRDC, qui salue l'initiative, il est crucial de voir les promesses se transformer rapidement en normes concrètes et contraignantes.

Même méfiance de la part du groupe d'experts Union of Concerned Scientists, qui craint que l'annonce ne soit discrètement minée par des échappatoires, des crédits et des allocations.

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