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Entre pandémie, pénurie et chantier, Saint-Roch déterminé à demeurer vivant

Une pelle mécanique et un ouvrier dans une artère éventrée

Les travaux préparatoires du tramway éventrent plusieurs artères du quartier Saint-Roch cet été.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

Le quartier Saint-Roch est le théâtre de nombreux chantiers depuis le début de l’été. Entre le bruit des marteaux-piqueurs et le va-et-vient des tractopelles, le secteur se prépare à accueillir le tramway. Les commerçants, pendant ce temps, tentent tant bien que mal de s’en sortir, coincés derrière les cônes orange, la pandémie de COVID-19 et la pénurie de main-d'œuvre.

« C’est certain que pour les commerçants les plus proches, c'est désastreux », affirme François Lebel, président de la Société de développement commercial (SDC) Saint-Roch.

Derrière lui, deux pelles mécaniques à l'œuvre, coin Saint-Joseph et Dorchester, témoignent de l’ampleur des dérangements en cours.

On ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs. Peut-être que certains auraient aimé que la ville cuisine l'an prochain…

Une citation de :François Lebel, président de la SDC Saint-Roch

La COVID-19 a mis bien des commerçants à genoux. L’arrivée de l’été et l’essoufflement de la pandémie ont donné l’espoir de pouvoir, à nouveau, se mettre debout, mais les travaux, en plus du manque presque général de personnel, ont plombé la relance.

Un homme à la barbe blanche et portant des lunettes parle devant une clôture de chantier et une pelle mécanique orange.

François Lebel, président de la Société de développement commercial Saint-Roch.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écra

Pire que prévu, mais quand même content

Le chantier est vraiment pire que ce que je pensais, je n'imaginais pas l'ampleur de la chose, soupire Catherine Dionne-Foster, directrice générale de la brasserie artisanale La Korrigane, située à un jet de pierres d’une zone de travaux.

En revanche, au milieu du brouhaha mécanisé, une lueur d’optimisme : la clientèle est prête à enjamber les travaux pour venir encourager les commerces locaux.

Les gens ont envie qu'on sorte de cette pandémie-là, ils viennent nous encourager.

Une citation de :Catherine Dionne-Foster, directrice générale de La Korrigane
La brasserie artisanale La Korrigane

La brasserie artisanale La Korrigane dans Saint-Roch mise sur l'authenticité de ses produits.

Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

La pénurie des uns fait aussi le bénéfice des autres. Plusieurs restaurants ayant décidé de fermer en début de semaine, faute d’employés, des clients se rabattent sur des établissements comme La Korrigane, un des seuls à demeurer ouvert sept jours sur sept.

On a quand même vraiment de bons débuts de semaine. Malgré tout, on est content, même si on a hâte que tout ça soit derrière nous! admet la directrice générale de la brasserie.

Une couche par-dessus une couche

De l’autre côté de la rue, la boulangerie La boîte à Pain fait toujours planer un parfum de baguette fraîchement sortie du four sur Saint-Joseph. L’odeur est la même, l’achalandage, par contre, plus tout à fait.

Un homme boit son café sur une terrasse.

Malgré la fraicheur du matin, une personne profite déjà de la terrasse d'un café de la rue Saint-Joseph.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

On a perdu de la clientèle, c’est sûr, indique la gérante Pascale Rhéault. Mais on pensait que ça allait plus nous impacter que ça. Finalement, on a quand même un peu de monde. Ça se passe quand même correctement.

Plusieurs fléaux s’abattent en même temps sur des commerces de proximité comme La boîte à Pain. Les centres-villes sont presque vides de travailleurs, les touristes arrivent au compte-goutte, les restrictions sanitaires limitent le nombre de clients en boutique.

Les travaux, c'est une couche, par-dessus une couche, par-dessus une couche. Ça n’arrête plus de s’ajouter depuis le début de la pandémie.

Une citation de :Pascale Rhéault, gérante de La boîte à Pain

Un mal temporaire pour un bien permanent

La Ville et la SDC Saint-Roch ont tenté d’animer le quartier pour encourager le commerce. La rue Saint-Joseph est piétonne la fin de semaine, des places éphémères l’agrémentent, les terrasses peuvent déborder sur la chaussée. Le meilleur reste encore à venir, selon le président de la SDC locale.

Il s'en vient beaucoup de choses pour la fin de l'été et l'automne pour garder le quartier vivant. Parce que c’est ce que c’est : c’est un quartier vivant, rappelle François Lebel.

Un tronçon de la rue Saint-Joseph dans le quartier Saint-Roch

Un tronçon de la rue Saint-Joseph dans le quartier Saint-Roch

Photo : Radio-Canada

Qui le deviendra encore plus une fois le tramway et la vaste modernisation de la bibliothèque Gabrielle-Roy terminés, selon Jean-Baptiste Morin, le propriétaire du bar jjacques.

Ça nous touche, mais c’est tout pour le mieux. Un tramway et la bibliothèque, c’est incroyable, c’est vraiment cool, s’enthousiasme le jeune entrepreneur. C’est sûr que ça ajoute son lot de difficultés, qui se rajoute au reste.

Si Jean-Baptiste Morin garde le sourire, malgré le reste, c’est surtout en raison de sa clientèle, demeurée fidèle en dépit de la chaussée éventrée et des travaux qui compliquent l’accès à son restaurant.

La clientèle de passage, ç’a drastiquement baissé, admet-il. C’est vraiment dur pour les clients de passage, disons.

Indemnités peu réclamées

Le chantier soulève aussi beaucoup de poussière… et des problèmes inattendus. Le jjacques a récemment dû changer les filtres de son climatiseur. Le propriétaire a toutefois eu droit à une indemnité de 5000 $ offerte par la Ville.

Jean-Baptiste Morin fait partie des quatre personnes qui ont contacté l’Hôtel de Ville pour obtenir cette somme, alors que 139 commerçants affectés par le chantier y sont éligibles.

La SDC Saint-Roch propose d’accompagner les commerces dans leur démarche, admettant que les programmes de ce genre ne sont jamais simples.

On est en pleine saison, les gens manquent de main-d'œuvre, les commerçants doivent travailler dans leur commerce, dit François Lebel, le président de la SDC. Ils n’ont pas envie de faire de la paperasse.

Les travaux doivent encore perturber Saint-Roch jusqu’en novembre… avant de reprendre, l’été prochain.

Avec les informations de Louise Boisvert

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