•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des Sudburois inquiets pour les espaces verts de l'Université Laurentienne

Un groupe de gens dans la nature.

Une cinquantaine de personnes ont marché ensemble dans les sentiers de l'Université Laurentienne jeudi.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

La Coalition Bien-Vivre Sudbury invite les citoyens de la région à venir marcher avec elle dans les boisés de l'Université Laurentienne. Elle craint qu'une partie de ses espaces verts ne soit vendue en raison des problèmes financiers de l'établissement.

Jeudi, une première rencontre a réuni une cinquantaine de Sudburois dans les sentiers entourant la Laurentienne. Une autre marche est prévue le 18 août.

C’est l’occasion pour les gens de Sudbury de voir toute la valeur des espaces verts de l’Université Laurentienne. Et c’est aussi l’occasion pour eux de lever leur voix [pour leur protection], explique Naomi Grant, co-présidente de l’organisme.

Après avoir sabré près de 70 programmes, l’Université Laurentienne cherche encore des manières de s’affranchir de ses problèmes financiers. Cet été, elle conduit une étude de ses terrains et bâtiments afin d’évaluer si elle pouvait vendre ou louer certains d’entre eux.

Le but de l'évaluation est de déterminer quels actifs pourraient être monétisés au profit des parties prenantes, ou qui pourraient créer des gains d'efficacité financière au profit de l'Université Laurentienne et de ses parties prenantes, détaille un porte-parole de l'établissement par courriel.

L'Université possède 200 hectares de terrains boisés. Ceux-ci sont adjacents à l’aire de conservation du lac Laurentien, et font partie d’un grand réseau de sentiers, dont une portion du sentier transcanadien.

Un groupe marche dans la forêt.

Les sentiers des terrains de l'Université Laurentienne sont reliés avec d'autres dans les environs.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Naomi Grant affirme que l’Université Laurentienne a conscience de l’importance de ses espaces verts. Elle estime malgré tout qu’il existe un réel risque qu’une partie d’entre eux soient vendus à des promoteurs immobiliers.

Pour cette raison, la bénévole invite les citoyens de la région à manifester leur amour des boisés qui entourent le campus. C’est bien d’en parler aux amis et à la famille, mais on doit aussi parler aux gens qui vont prendre cette décision, dit-elle.

« Pour nous, c’est trop important. On ne peut pas perdre ces espaces verts, on ne peut pas perdre ces sentiers, on ne peut pas mettre le lac Ramsey et le lac Nipahwin en danger. »

— Une citation de  Naomi Grant, coprésidente de la Coalition Bien-Vivre Sudbury
Portrait de Naomi Grant.

Naomi Grant invite les citoyens à écrire des lettres à leurs élus et conseillers si les boisés leur tiennent à cœur.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

« Ce serait une honte »

La marche de jeudi a été ponctuée d’arrêts aux points d’intérêts historiques ou écologiques des boisés de la Laurentienne. Des experts étaient sur place pour informer la foule des particularités de la région.

Le Dr Peter Beckett, l’un des pionniers du projet de reverdissement de la Ville du Grand Sudbury, faisait partie du lot. Je voulais expliquer à quel point les environs avaient changé depuis le début du projet de reverdissement de Sudbury, dit-il.

Il y a une cinquantaine d'années, le secteur du lac Bennett, qui fait partie des boisés de la Laurentienne, était complètement dénudé, selon le professeur retraité. Aujourd’hui, le secteur foisonne de biodiversité.

« C’est un endroit auquel on a accordé beaucoup d’attention, en se disant qu’il allait toujours demeurer entre les mains des citoyens. Ce serait une honte qu’il soit acheté par des promoteurs. »

— Une citation de  Dr Peter Becket, professeur émérite de l'Université Laurentienne
bleuet.

Les terrains de Sudbury, dont ceux de l'Université Laurentienne, sont propices aux bleuets sauvages.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Le Dr Peter Beckett espère que les boisés entourant le lac Ramsey demeureront protégés au fur et à mesure que la ville grandira. Ça pourrait être notre Central Park, dit-il, sourire en coin.

Des marcheurs, comme Roch Mayer, partagent cet idéal.

Avoir des boisés près du centre-ville, c’est très important, c’est quelque chose qu’on ne retrouve pas partout. Il faut qu’on fasse de notre mieux pour garder ce petit paradis tout près de notre ville, dit-il.

Ancien étudiant de l’Université Laurentienne, le jeune adulte raconte avoir commencé à profiter des espaces verts de l'établissement durant la pandémie. Maintenant, il y marche presque quotidiennement - il a d’ailleurs rejoint la randonnée de la Coalition Bien-Être Sudbury par hasard, alors qu’il se promenait seul.

Les boisés « importants » pour le NPD

Le député de Sudbury Jamie West faisait lui aussi partie des marcheurs, jeudi. Ces espaces sont importants pour la communauté, mais aussi pour moi, affirme-t-il.

Il confie recevoir beaucoup de courriels et d’appels de citoyens inquiets pour l’avenir des boisés de l’Université Laurentienne.

Le député du néo-démocrate dénonce le fait que l’Université Laurentienne se soit placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) pour procéder à sa restructuration, un processus qu’il estime opaque.

« Si l’Université veut vendre certains de ses terrains ou bâtiments, le public ne peut pas savoir lesquels. Ça, c’est difficile. »

— Une citation de  Jamie West, député néo-démocrate de Sudbury
Portrait de Jamie West.

Jamie West assure qu'il défendra les espaces verts de l'Université Laurentienne à Queen's Park s'il le faut.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Jamie West répète que le gouvernement de l’Ontario doit aider l’Université Laurentienne.

Ce dernier a refusé d’intervenir depuis le début de la saga de l’Université Laurentienne, expliquant ne pas vouloir se mêler aux procédures judiciaires en cours.

Dans un communiqué, un porte-parole du ministère des Collèges et Universités rappelle toutefois que le gouvernement de l’Ontario sera là pour soutenir l'Université Laurentienne lorsqu'elle sortira de la LACC.

L'Université Laurentienne s'est engagée dans le processus de LACC de son propre chef, en tant qu'institution autonome, et le gouvernement n'est pas partie prenante, soutient-il.

L’institution universitaire doit émerger de la LACC à la fin du mois d’août, mais pourrait prolonger sa période de protection à l’automne avec l’accord des tribunaux.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !