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Le nouveau président de l'Iran ouvert à la diplomatie sans « pression ni sanctions »

Un homme portant turban et barbe, le nouveau président iranient élu Ebrahim Raïssi.

Le nouveau président iranien élu Ebrahim Raïssi au Parlement, où il doit prêter serment.

Photo : afp via getty images / ATTA KENARE

Agence France-Presse

Le nouveau président iranien Ebrahim Raïssi a prêté serment jeudi devant le Parlement, affirmant être ouvert à « tout plan diplomatique » pour une levée des sanctions minant l'économie du pays, tout en prévenant que l'Iran ne cédera pas devant la « pression et les sanctions ».

Vainqueur de la présidentielle de juin marquée par une abstention record, le religieux et ultraconservateur succède au modéré Hassan Rohani, qui avait conclu en 2015 un accord sur le nucléaire iranien avec les grandes puissances, après des années de tensions.

Ancien chef de l'Autorité judiciaire, M. Raïssi a pris ses fonctions mardi, après l'approbation du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Jeudi, lors de sa cérémonie d'investiture par le Parlement diffusée en direct par la télévision d'État, le président a mis l'accent sur l'une des priorités de son mandat : la levée des sanctions imposées à Téhéran en 2018 par l'ex-président américain Donald Trump, qui avait sorti unilatéralement les États-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien.

Les sanctions contre la nation iranienne doivent être levées. Nous soutiendrons tout plan diplomatique qui atteindra cet objectif. [...] Ni pression ni sanctions ne parviendront à décourager l'Iran de défendre ses droits.

Une citation de :Ebrahim Raïssi, président iranien

Mardi, il avait prévenu que son gouvernement chercherait à lever les sanctions oppressives, mais ne lierait pas le niveau de vie de la nation à la volonté des étrangers.

Peu après l'investiture de M. Raïssi, les États-Unis ont appelé à une reprise rapide des négociations lancées à Vienne en avril pour réintégrer les États-Unis de Joe Biden dans l'accord sur le nucléaire et faire revenir l'Iran à ses engagements en échange d'une levée des sanctions américaines. Nous exhortons l'Iran à revenir à la table des négociations rapidement, a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price, ajoutant qu'il s'agissait-là d'une priorité urgente de Washington. Nous espérons que l'Iran saisira maintenant l'occasion de trouver des solutions diplomatiques.

La prise de fonction d'Ebrahim Raïssi intervient au moment où les négociations à Vienne pour une relance de l'accord de 2015 sur le nucléaire semblaient bloquées ces dernières semaines, mais aussi dans un contexte de tensions après une récente attaque meurtrière contre un pétrolier au large d'Oman.

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël accusent l'Iran de l'avoir menée et lui ont adressé des avertissements. Téhéran en nie la responsabilité.

Les présidents de l'Irak et de l'Afghanistan présents

Environ 80 hauts responsables étrangers étaient présents lors de la prestation de serment, notamment les présidents de l'Irak et de l'Afghanistan, les chefs du Parlement de la Russie, de la Syrie et de l'Afrique du Sud, d'après la télévision d'État.

Des représentants de l'Union européenne, dont Enrique Mora qui chapeaute pour Bruxelles les discussions sur le nucléaire iranien à Vienne, ont également fait le déplacement.

Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas palestinien, était également présent.

Téhéran se tiendra aux côtés des opprimés, a promis M. Raïssi, qu'ils se trouvent au coeur de l'Europe, en Amérique ou en Afrique, au Yémen, Syrie ou Palestine. Nous sommes les véritables défenseurs des droits de l'homme, a-t-il affirmé.

L'une des priorités de son gouvernement sera d'améliorer les relations de l'Iran avec ses voisins, a-t-il dit. Je tends la main de l'amitié et de la fraternité à tous les pays de la région, en particulier à nos voisins.

L'Iran n'utilisera ses capacités d'action dans la région que contre les menaces de pouvoirs tyranniques, a-t-il ajouté, sans préciser son propos.

Des lacunes et des problèmes à l'intérieur du pays

Face au Parlement, le président a prêté serment en affirmant se consacrer au service du peuple, à l'honneur du pays, à la propagation de la religion et de la moralité, et au soutien de la vérité et de la justice.

Mardi, il avait reconnu des lacunes et des problèmes à l'intérieur du pays pesant sur l'économie, également fragilisée par l'inimitié des ennemis.

La pandémie de COVID-19 aggrave la crise économique suscitée par les sanctions américaines : l'Iran est le pays le plus touché par le virus au Proche et Moyen-Orient.

Jeudi, le pays de 83 millions d'habitants a enregistré 434 décès liés au coronavirus et plus de 38 000 nouveaux cas, après avoir franchi la veille le seuil symbolique de 4 millions de contaminations.

Au cours de son mandat, M. Raïssi fera face à de multiples épreuves en raison du nombre élevé de problèmes notamment une inflation sans précédent, les prix vertigineux du logement, la récession et la corruption, a égrené mercredi l'éditorialiste du journal ultraconservateur Kayhan.

De son côté, le journal réformateur Sharq a émis l'espoir que les jeux politiques laissent la place à de saines rivalités intellectuelles et que des voix diverses soient audibles au sein du nouveau gouvernement.

Le chef de l'État va présenter la semaine prochaine ses candidats aux postes ministériels, selon la télévision.

Ce nouveau gouvernement sera sous le signe d'un consensus national, a promis M. Raïssi.

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