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Des éleveurs désespérés doivent abattre leur bétail en raison de la sécheresse

Deux vaches dans un champ touché par la sécheresse.

Le gouvernement de la Saskatchewan considère que 46 % des pâturages sont actuellement en très mauvais état. (archives)

Photo : Avec la gracieuseté de / Dianne Riding

Radio-Canada

Près de la moitié des troupeaux de bovins de la Saskatchewan seront vendus à un abattoir en raison de la sécheresse et du manque de nourriture causé par celle-ci.

Entre 25 % et 50 % des troupeaux de vaches [de nos clients] va tout simplement disparaître avec la sécheresse, a déclaré Donnie Peacock, un encanteur depuis plus de 30 ans situé à Swift Current.

Selon lui, les éleveurs font face à des choix difficiles.

Pour lui, le mois de juillet a été très occupé et le mois d’août le sera encore plus. Il ne se réjouit toutefois pas de cette ruée vers la vente de bétail.

Les gens n'ont plus d'herbe, plus d'eau. Ils n'ont plus de nourriture, se désole M. Peacock. Pour les agriculteurs qui ont la chance de trouver un peu de nourriture, la grande crainte est que l'année prochaine soit aussi sèche, ce qui leur laisserait un manque de nourriture impossible à combler.

Or, cette situation de crise pour les éleveurs de bétail ne s'abat pas seulement sur la Saskatchewan, mais dans une bonne partie du territoire canadien.

Avec les conditions météorologiques que nous avons subies de l’Ouest canadien au nord de l’Ontario, nos réserves d'aliments pour animaux sont épuisées. Il n'y a pas d'autre endroit où aller qu'à l'abattoir.

Une citation de :Brent Brooks, président de Livestock Marketers of Saskatchewan

Vendre son gagne-pain

Le directeur de Heartland Livestock Services, Lee Crowley, affirme que les producteurs et les éleveurs de bétail se retrouvent à devoir abandonner des vaches servant à la reproduction. Or, il souligne que ces vaches sont habituellement un investissement à long terme pour le propriétaire.

Tous les gens avec qui je discute vont réduire de moitié leurs troupeaux de vaches, c'est certain. Ils ne savent pas quoi faire. Devoir vendre leur moyen de subsistance est très émotif pour eux.

Une citation de :Lee Crowley, directeur de Heartland Livestock Services

M. Crowley croit d'ailleurs que le prix des vaches sur le marché sera à la baisse en raison de la surabondance. Une situation qui ne fera qu'aggraver les pertes financières des éleveurs.

Devoir tuer ses veaux pour sauver ses vaches

Scott Campbell, un éleveur de troisième génération, a récemment dû vendre 230 veaux deux mois et demi plus tôt que la normale.

C'est pour lui la seule façon de préserver suffisamment de pâturages pour garder ses vaches et sauver son exploitation près de Dorintosh, en Saskatchewan.

En raison de cette vente hâtive, M. Campbell dit avoir perdu environ 200 $ par animal en raison du poids de chaque bête. C'est qu'au mois d'octobre, au moment où il vend habituellement ses bêtes, les veaux sont plus lourds ce qui génère des revenus supplémentaires.

Les conséquences à long terme de cet été pourraient être néfastes, selon l'encanteur Donnie Peacock.

Il estime que les agriculteurs et les éleveurs plus âgés pourraient vendre tout leur bétail et abandonner le métier. De son côté, la nouvelle génération pourrait choisir de changer de vocation avec cette crise, craint-il.

Selon le bulletin des récoltes publié à la fin juillet par le gouvernement de la Saskatchewan, les conditions chaudes et sèches ont grandement nui à l’état des pâturages. 19 % d'entre eux sont jugés passables, 35 % sont jugés mauvais et 46 % sont jugés très mauvais.

Avec les informations de Bonnie Allen et Heidi Atter

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