•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Et si l’appendice était lié à un allongement de la durée de vie?

Illustration du système digestif.

Illustration du système digestif : l'appendice est la petite excroissance au bout du côlon.

Photo : iStock

Radio-Canada

Pour la première fois, la présence de l’appendice a été corrélée avec l’augmentation de la longévité des mammifères par des scientifiques français.

Les théories de Charles Darwin le décrivaient comme un vestige anatomique inutile et dénué de fonction. Or, les travaux réalisés par Eric Ogier-Denis et ses collègues de l’INSERM auprès de 258 espèces de mammifères, dont 39 avec et 219 sans appendice, montrent que cette petite structure est corrélée avec un accroissement de la longévité maximale observée pour une espèce.

Appendice 101

  • Sa taille varie de 6 à 12 cm, et son diamètre, de 4 à 8 mm.
  • Il est présent chez de nombreuses espèces de mammifères, dont l’orang-outan, le koala et le lamantin.
  • Il est situé dans l’abdomen, appendu au côlon.
  • Il est apparu chez les mammifères il y a au moins 80 millions d’années.
  • Il s'est ensuite développé de façon indépendante dans de nombreuses lignées, sans corrélation évidente avec le régime alimentaire, la vie sociale ou l’environnement.
  • Il serait apparu au moins 16 fois au cours de l’histoire évolutive des mammifères.

Un rôle difficile à déterminer

L’appendice est longtemps resté mal compris, mais, depuis quelques années, il fait l'objet de plusieurs études.

Certaines de celles-ci ont montré que sa présence confère un avantage sélectif positif à ceux qui le possèdent.

En 2017, des scientifiques ont aussi montré que l’appendice jouait un rôle important comme organe immunitaire secondaire en stimulant la croissance de certains types de bactéries intestinales bénéfiques.

Une inflammation mortelle

Il faut savoir que son inflammation peut mener à une appendicite qui, si elle n’est pas traitée par une appendicectomie (ablation chirurgicale), peut évoluer en péritonite et conduire au décès.

Illustration d'un appendice.

Un appendice infecté et enflammé.

Photo : iStock

Le saviez-vous?

L'appendicectomie est l'urgence chirurgicale abdominale la plus courante en Occident.

Selon les résultats d'une autre étude, une appendicectomie réalisée en cas d’appendicite avérée avant l’âge de 20 ans a des effets protecteurs contre la survenue d’une forme d’inflammation chronique du côlon et du rectum appelée rectocolite hémorragique.

Un lien avec la longévité

Dans les présents travaux, les chercheurs se sont intéressés à la longévité maximale théorique (la durée de vie théorique des mammifères, établie en fonction de leur poids) et à la longévité maximale réelle des espèces étudiées.

Ils ont ainsi montré que la présence de l’appendice était corrélée avec une augmentation de la longévité maximale observée chez les espèces étudiées. Comparé à un mammifère de même poids ne possédant pas d’appendice, un mammifère qui présente cette structure anatomique a une durée de vie plus longue, note un communiqué publié par l’INSERM.

Il s’agit de la première démonstration de l’existence d’une corrélation entre la présence de l’appendice et un trait de l’histoire de vie des mammifères, affirme Eric Ogier-Denis.

Une forteresse bactérienne

Le lien entre la présence de cette structure et la longévité pourrait s’expliquer, selon les chercheurs, par sa forme qui favoriserait la constitution d’un sanctuaire bactérien sélectif permettant de diminuer la mortalité par diarrhée infectieuse en facilitant la recolonisation rapide des espèces bactériennes essentielles à l’hôte, note le communiqué. La présence de l’appendice serait ainsi associée à une diminution de la mortalité, et donc, à l’accroissement de la longévité chez les mammifères qui en sont dotés.

Son ablation lors d’une appendicite ne signifie toutefois pas nécessairement que la personne vivra moins longtemps.

L’appendicite dans le jeune âge est certainement bénéfique en exacerbant l’éducation du système immunitaire et en lui permettant de lutter plus efficacement en cas d’infection ultérieure, estime Eric Ogier-Denis.

Le traitement de l’appendicite reste l’appendicectomie, et ce travail n’apporte aucun argument suggérant de modifier cette attitude thérapeutique.

Une citation de :Eric Ogier-Denis

Pour bien comprendre le rôle de l’appendice dans la longévité, il faudrait réaliser des appendicectomies sans appendicite, mais cette opération pourrait avoir des conséquences délétères dans le contexte de pathologies inflammatoires et infectieuses intestinales, précise le chercheur.

Quoi qu’il en soit, cette étude publiée dans le Journal of Anatomy (Nouvelle fenêtre) (en anglais) permet de déterminer un peu mieux la fonction de l’appendice. Dans les prochains mois, ses auteurs tenteront de confirmer sur le terrain, avec différentes espèces de mammifères, le lien entre appendice et longévité.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !