•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le feu menace une centrale thermique en Turquie et fait rage en Grèce

Un avion bombardier laisse tomber de l'eau sur un feu de forêt en Grèce le 5 août 2021.

Plus de 110 feux ont ravagé des forêts de Grèce ces dernières 24 heures.

Photo : afp via getty images / LOUISA GOULIAMAKI

Agence France-Presse

Des centaines de villageois ont été évacués jeudi des abords d'une centrale thermique menacée par le feu en Turquie, pendant que la bataille se poursuivait en Grèce pour maîtriser deux incendies majeurs qui font rage près d'Olympie et sur l'île d'Eubée, attisés par une canicule exceptionnelle.

Les deux pays rivaux se sont retrouvés unis cette semaine dans leur combat commun contre des incendies sans précédent, que les experts relient sans équivoque au réchauffement de la planète tant les températures ont été caniculaires, oscillant entre 40 et 45 degrés Celsius.

Huit personnes sont mortes et des dizaines ont été hospitalisées dans le sud de la Turquie. Aucune victime n'est à déplorer à ce stade en Grèce.

Les pompiers grecs continuaient de lutter jeudi contre un incendie préoccupant près du village de l'ancienne Olympie pour protéger le site archéologique où se sont déroulés les premiers Jeux olympiques de l'Antiquité, dans l'ouest de la péninsule du Péloponnèse.

Le village de l'ancienne Olympie, habituellement bondé de touristes à cette époque de l'année, ainsi que sept autres localités proches avaient été évacués la veille.

Nous faisons un effort titanesque sur plusieurs fronts, a déclaré mercredi soir le ministre adjoint grec de la Protection civile, Nikos Hardalias.

Un deuxième sinistre violent et incontrôlé continuait de faire rage depuis mardi sur l'immense île d'Eubée, à quelque 200 km à l'est d'Athènes, où plusieurs villages et un monastère étaient encerclés par les flammes après avoir été vidés de leurs occupants.

Mais c'est une centrale thermique remplie de milliers de tonnes de charbon, sur la côte égéenne turque, qui suscitait la plus grande inquiétude jeudi, menacée par un incendie attisé par le vent.

Au son des alarmes d'évacuation, des centaines de villageois, empilant les maigres affaires qu'ils avaient pu sauver, ont été évacués à bord de bateaux des gardes-côtes turcs mobilisés dans le port d'Oren. D'autres ont été évacués par la route.

Des Turcs attendent en file pour être évacués le 5 août 2021.

Des centaines de villageois ont été évacués.

Photo : Getty Images / Chris McGrath

L'autorité régionale a assuré que tous les produits chimiques explosifs avaient été retirés du site stratégique.

Mais il y a un risque que le feu se répande aux milliers de tonnes de charbon qui se trouvent à l'intérieur, s'est inquiété auprès des journalistes un responsable régional, Osman Gurun.

Quelques villageois ont refusé de quitter la région. Où voulez-vous qu'on aille à notre âge? a demandé un habitant de 79 ans, Hulusi Kinic, sur le port d'Oren.

On vit ici. C'est chez nous. En dernier ressort, on aurait pu se jeter à l'eau [en cas d'explosion], mais Dieu merci, cela ne s'est pas passé, a-t-il ajouté.

On vous supplie et on vous avertit depuis des jours. L'incendie a encerclé la centrale, avait tweeté dans la journée le maire de Milas, demandant qu'un avion bombardier d'eau soit envoyé ici de manière urgente. Dans la nuit, des images mises en ligne par le maire, Muhammet Tokat, montraient un feu violent aux portes de la centrale.

Une inspection initiale a toutefois montré que le feu de la nuit n'avait pas causé de dégâts sérieux aux unités principales de la centrale, selon le bureau du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Une phase de dérégulation climatique absolue

Plus de 110 feux ont ravagé des forêts de Grèce ces dernières 24 heures, et 180 incendies ont sévi dans des zones boisées de Turquie depuis fin juillet.

Selon l'Observatoire de la Terre de l'UE Copernicus, ce mois de juillet arrive au deuxième rang parmi les plus chauds en Europe.

Nous sommes dans une phase de dérégulation climatique absolue, a déploré cette semaine le vice-ministre grec de la Protection civile, Nikos Hardalias. À ce stade, on ne parle plus de changement climatique, mais de menace climatique.

Le ministre turc de l'Agriculture, Bekir Pakdemirli, a déclaré que les températures dans la ville égéenne de Marmaris avaient atteint un record historique de 45,5 degrés cette semaine. Nous menons une guerre, a-t-il dit.

Des deux côtés de la mer Égée, les autorités font face à la pression des locaux, qui jugent insuffisants les moyens de lutte contre les incendies.

Nous prions les autorités de renforcer les forces aériennes et terrestres pour ne pas risquer des vies humaines, a déclaré Giorgos Tsapourniotis, maire de Limni, sur l'île d'Eubée.

Le maire de l'ancienne Olympie, Giorgos Georgopoulos, a réclamé lui aussi plus de soutien aérien, sur Open TV.

L'opposition turque a reproché au président Erdogan d'avoir échoué à maintenir sa flotte de bombardiers d'eau et d'avoir mis du temps à accepter l'aide internationale.

M. Erdogan a pour sa part accusé l'opposition de tenter de tirer un bénéfice politique de la situation. Les feux de forêt sont une menace internationale tout comme la pandémie de COVID-19, s'est-il défendu.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !