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Israël revendique les premières frappes aériennes depuis des années au Liban

De la fumée et des flammes dans un champ à la suite de bombardements israéliens au Liban le 4 août 2021.

Des frappes aériennes ont eu lieu près des villages d'Ibl Al-Aqi et de Kfar Hamam, dans le sud du Liban.

Photo : AFP / MAHMOUD ZAYYAT

Agence France-Presse

L'aviation israélienne a revendiqué jeudi ses premières opérations militaires depuis des années au Liban, affirmant avoir visé des sites de lancement de roquettes après des tirs depuis le Sud-Liban vers le nord d'Israël.

Des jets de combat de l'armée ont ciblé des sites de lancement et des infrastructures terroristes au Liban, d'où des roquettes ont été tirées, a indiqué l'armée dans un communiqué, sans nommer le Hezbollah, mouvement armé libanais très influent dans le sud du Liban.

L'aviation israélienne bombarde régulièrement des positions présumées du mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza et mène aussi des frappes en Syrie, où elle cible des positions d'éléments pro-iraniens.

Mais ses dernières frappes aériennes connues au Liban remontaient à 2014, a confirmé à l'AFP l'armée israélienne, et s'inscrivent dans la foulée d'échanges de tirs à la frontière.

Selon la chaîne libanaise Al-Manar, pro-Hezbollah, deux opérations militaires ont eu lieu vers 0 h 40, heure locale, dans le secteur de Mahmoudiya, à une dizaine de kilomètres de la frontière entre les deux pays.

Le quotidien libanais Al-Akhbar, également pro-Hezbollah, a accusé Israël d'avoir franchi une ligne rouge avec ces frappes qui constituent un développement dangereux. Elles ont touché une zone inhabitée, selon Al-Akhbar.

Il s'agit du premier recours d'Israël à ses forces aériennes pour cibler des villages libanais depuis 2006, a déclaré jeudi le président libanais Michel Aoun dans un communiqué. Cela suggère une intention d'intensifier les attaques contre le Liban, a-t-il estimé.

Les dernières frappes aériennes israéliennes contre le territoire libanais avaient eu lieu près de la frontière avec la Syrie en 2014, mais elles n'avaient pas ciblé les bastions du Hezbollah, dans le sud du Liban, depuis le conflit de 2006 entre l'État hébreu et le mouvement chiite.

Un mur longeant une route et des collines en arrière-plan.

Le mur frontalier entre le Liban et Israël, près du village libanais de Kfar Kila

Photo : AFP / MAHMOUD ZAYYAT

Jeudi, l'armée israélienne n'a pas précisé si elle avait ou non ciblé des positions du Hezbollah pro-iranien ou d'autres groupes.

Mercredi, trois roquettes ont été lancées depuis le sud du Liban vers le nord d'Israël : deux d'entre elles sont tombées en sol israélien et la troisième n'a pas traversé la frontière.

Aucun blessé n'a été signalé, mais quatre personnes en état de choc ont été prises en charge par la Magen David Adom, l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Peu après ces tirs, l'armée israélienne a lancé trois séries de frappes d'artillerie en direction du Liban.

Appel au calme de la Finul

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a demandé qu'un message ferme soit adressé à la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban déployée dans le sud du pays, d'après le ministère.

Présente au Liban depuis 1978, la Finul surveille depuis 2006 la frontière israélienne en coordination avec l'armée libanaise et veille à l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée après la guerre ayant opposé Israël au Hezbollah.

Le commandant de la mission onusienne, le général Stefano Del Col, a appelé les parties à cesser le feu et faire preuve d'une retenue maximale pour éviter une escalade, particulièrement en ce jour d'anniversaire solennel, a indiqué la Finul mercredi, jour du premier anniversaire de l'explosion au port de Beyrouth.

Le 4 août 2020, l'explosion de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium avait fait 214 morts, plus de 6500 blessés et dévasté plusieurs quartiers de la capitale du Liban, pays englué dans la pire crise socio-économique de son histoire.

Les échanges de tirs à la frontière libano-israélienne coïncident avec une recrudescence des tensions entre l'État hébreu et l'Iran — allié du Hezbollah et ennemi d'Israël — dans la foulée d'une attaque meurtrière contre le pétrolier Mercer Street, géré par la société d'un milliardaire israélien, en mer d'Oman.

Israël, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, a aussitôt accusé l'Iran d'être à l'origine de cette attaque, qui n'a pas été revendiquée et qui a fait deux morts.

Le premier ministre israélien, Naftali Bennett, a affirmé avoir des preuves de l'implication iranienne et promis une réplique. Nous savons comment envoyer un message à l'Iran à notre manière, a-t-il prévenu en début de semaine.

Téhéran, dont le nouveau président, l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi, a été intronisé cette semaine, nie les accusations.

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