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Edmonton, délaissée par les moustiques et envahie par les guêpes

Avec les sécheresses et les canicules qui augmentent en Alberta, la tendance pourrait se poursuivre, selon un expert.

La tête d'une guêpe Polistes dominula.

Les guêpes jaunes sont particulièrement nombreuses cette année à Edmonton.

Photo : Université du Michigan/Elizabeth Tibbetts

Le temps chaud et sec de cet été a fait diminuer le nombre de moustiques dans une bonne partie de l’Alberta, dont Edmonton, mais il fait cependant le bonheur des guêpes jaunes et des fourmis.

Selon l'exterminateur Trevor Pettitt, les dernières semaines n'ont pas été de tout repos.

La compagnie Birch Fumigators pour laquelle il travaille reçoit entre 10 et 15 appels par jour pour détruire des nids de guêpes à Edmonton.

C’est deux, voire trois, fois plus que l’an dernier.

On fait tous des heures supplémentaires et on travaille la fin de semaine pour essayer de répondre à tous les appels.

Une citation de :Trevor Pettitt, exterminateur

Perrons et toits de maison, terrasses commerciales, entrepôts… Depuis la vague de chaleur qui a frappé en juin, il y a des sont partout. Les appels concernant les infestations de fourmis ont aussi augmenté.

Trevor Pettitt, dans une combinaison protectrice, manipule une pompe d'injection.

Pour détruire un nid de guêpes, Trevor Pettitt insère une poudre toxique à l'entrée du nid. Les guêpes qui y entrent la transportent jusqu'à la reine.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

Je ne peux pas me souvenir d’une seule année où on a eu autant d’appels concernant les guêpes jaunes, dit pour sa part le responsable de la lutte aux organismes nuisibles de la Ville d’Edmonton, Mike Jenkins.

La raison? La sécheresse et la chaleur. Mauvaises pour les moustiques, elles sont excellentes pour une panoplie d’autres insectes, dont les guêpes et les fourmis.

Les températures élevées accélèrent leur métabolisme. Leur développement est plus rapide, leur cycle de vie aussi et leur système digestif fonctionne mieux.

Une citation de :Mike Jenkins, Ville d'Edmonton

Les papillons auraient aussi pu sortir gagnants de ces conditions, si les guêpes, qui se nourrissent de leurs œufs et de leurs chenilles, n’étaient pas si nombreuses.

Prévenir les piqûres

Les guêpes sont des pollinisateurs importants pour les écosystèmes. Le problème survient lorsque leur territoire entre en conflit avec ce que nous considérons comme notre territoire, explique M. Jenkins.

Les guêpes peuvent se montrer agressives surtout autour de leur nid ou lorsqu’elles sont attaquées. Si un humain les dérange, elles sécrètent une hormone qui attire leurs congénères pour défendre la colonie et attaquer l’humain en question.

Un nid de guêpes.

Trevor Pettitt reçoit beaucoup d'appels concernant des nids de guêpes comme celui-ci, qu'il a trouvé accroché à un immeuble résidentiel, mercredi.

Photo : Trevor Pettitt

Pour éviter de se faire piquer, Mike Jenkins recommande de ne pas faire de gestes brusques avec les mains.

Il suggère aussi de mettre à l'écart un peu d’eau sucrée à la disposition des insectes pour les attirer vers un endroit moins incommodant.

Cet été, toutefois, il observe que les guêpes sont si nombreuses à Edmonton qu’elles font parfois beaucoup de nids dans un petit périmètre, ce qui est habituellement rare.

Même des personnes qui ont installé de faux nids dans leur cour au début de l’été, ce qui les éloigne habituellement, se sont retrouvés envahis.

Récemment, Mike Jenkins a été appelé au zoo d’Edmonton pour détruire six ou sept nids. Il en a trouvé plus d’une vingtaine.

Une tendance qui pourrait se confirmer

Cet été semble peut-être exceptionnel, mais Mike Jenkins remarque que le nombre d’appels à la Ville au sujet de guêpes jaunes augmentait déjà d’année en année.

De nouvelles espèces, qui n’avaient jamais été observées à Edmonton, sont également apparues dans la ville.

On a des espèces comme les guêpes à papier, qui n’étaient pas là il y a 20 ans. On en a deux sortes maintenant. On voit arriver des espèces qui ne pouvaient pas survivre dans notre climat auparavant, dit l’expert.

Il ajoute que, comme les canicules et les sécheressesrisquent d’être de plus en plus fréquentes dans les Prairies, en raison des changements climatiques, il faudra peut-être s’y habituer.

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