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COVID-19 : baisse marquée de la proportion de décès au fil des vagues

Un patient tient la barre métallique de son lit d'hôpital.

Un patient tient la barre métallique de son lit d'hôpital.

Photo : AFP via GETTY / HANNAH MCKAY

La proportion de décès par rapport au nombre de cas confirmés de COVID-19 a fortement chuté au Saguenay-Lac-Saint-Jean au fil des trois vagues survenues depuis le printemps 2020. Elle est passée de 6,8 % à 2,9 % puis à 0,2 %. Selon la santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est la dernière proportion qui donne la meilleure indication de la pandémie.

C’est ce que démontre une analyse statistique réalisée par Radio-Canada.

Pour y arriver, les vagues ont été découpées en fonction des moments où les cas ont commencé à remonter.

Ainsi, au cours de la première vague, évaluée grosso modo du mois de mars à la mi-septembre 2020, il y a eu 26 décès comparativement à 380 cas confirmés, pour un ratio de 6,8 %.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est la 2e vague, qui s'est étirée de septembre 2020 jusqu'à la fin du mois de février 2021. Elle a été de loin la plus importante avec 240 décès par rapport à un total de 8329 cas. Le pourcentage de décès a alors chuté à 2,9 %.

Cette baisse importante s’est poursuivie lors de la 3e vague. Il n’y a eu que cinq décès rapportés face à 2218 cas, pour un ratio de 0,2 %.

L'analyse de la santé publique

Appelé à commenter ces données, Jean-François Betala Belinga, médecin en santé publique pour le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a analysé vague par vague ce qui a mené à ces résultats, tout en apportant des bémols.

Un homme parle devant un hôpital.

Le médecin en santé publique au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean Jean-François Betala Betinga

Photo : Radio-Canada

La première vague, entre guillemets, qu’on a eue en mars-avril-mai, c’était plus une question qui s’est concentrée dans un CHSLD et dans un foyer de personnes âgées. C’était majoritairement ces personnes-là qui étaient comptées dans les cas, donc le nombre de décès aussi, c’est compté par rapport à cette population-là. Or, on sait que les personnes en CHSLD, les personnes âgées en général, ont un taux de mortalité plus élevé. On n'avait presque pas eu de cas en communauté, de cas de personnes jeunes pour mettre dans le dénominateur, parce qu’on ne testait pas beaucoup à l’époque, donc c’est pour ça que cette donnée-là est biaisée. Ça reflète plus que c’était calculé chez les personnes âgées, a-t-il souligné.

Rappelons que 21 décès étaient survenus au CHSLD de la Colline, à Chicoutimi-Nord, et cinq à la congrégation des sœurs Antoniennes de Marie.

Un mémorial placé à l'extérieur

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a récemment inauguré un mémorial au CHSLD de la Colline de Chicoutimi-Nord.

Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux

La deuxième vague, c’était un peu plus communautaire. On avait plus de cas dans les écoles, dans la communauté, dans les personnes en âge de travail, 30-40-50 ans, mais il y avait aussi beaucoup de foyers de personnes âgées qui étaient atteints aussi. C’est pour ça que le taux encore là a diminué, car la proportion de jeunes était plus élevée que dans la première vague, a-t-il poursuivi.

Les décès avaient alors été répartis de façon à peu près égale entre les CHSLD, les résidences privées pour aînés (RPA) et dans le reste de la population.

Pour la troisième vague, là on est carrément en communautaire, là c’est vraiment une vague communautaire avec très peu de foyers de personnes âgées qui ont eu des éclosions. C’est pour ça que le taux le plus fiable en fait est celui de la troisième vague, a-t-il soutenu.

Jean-François Betala Belinga a aussi indiqué que les traitements pour la maladie avaient beaucoup évolué, ce qui a contribué à la baisse des décès. Il a reconnu le rôle de la vaccination également dans la baisse, mais il a mentionné que c'est beaucoup le fait que les endroits à risque ont été bien protégés qui a aidé.

Assez semblable au Québec

Pour ce qui est du Québec, la tendance est sensiblement la même. Avec des dates légèrement différentes pour déterminer les vagues, le pourcentage de décès par rapport aux cas confirmés est passé de 9,4 % pour la 1re vague, à 2,1 % pour la seconde et puis 0,9 % pour la 3e. La 1re vague du début mars à la mi-juin 2020 a fait autour de 5750 morts. la seconde, qui s’est étalée jusqu’à la fin février 2021, a ajouté près de 4650 décès et, enfin, la 3e a fait un peu plus de 850 morts.

4e vague

Pour ce qui est de la possible 4e vague, le docteur Betala Belinga la voit avec incertitude, surtout avec le variant Delta, plus contagieux, qui n'a pas encore été détecté ici.

Il a insisté pour dire qu'il ne faut pas seulement se baser sur le nombre de décès éventuel pour imposer un resserrement des règles sanitaires, mais plutôt sur la capacité du système de santé à soigner des personnes malades qui sont plus jeunes et qui demeurent plus longtemps aux soins intensifs.

En fin de journée mercredi, le premier ministre du Québec, François Legault, a d'ailleurs annoncé que des nouvelles mesures sanitaires s'ajouteront prochainement en raison de la récente hausse des cas observée dans la province.

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